Ces fruits péi les plus traités avec des pesticides

photo imaz press reunion

Dans un rapport publié ce mardi 20 février 2018, l’ONG Générations Futures s’alarme sur la présence de pesticides dans près des trois quarts des fruits et de la moitié de légumes non bio en France. La Réunion n’est pas épargnée avec des fruits péi pas toujours propres. Les autorités de santé se défendent : pour elles, trace de pesticides ne signifie pas risque.

En ces temps de Salon de l’agriculture, le rapport publié par l’ONG Générations Futures qui milite contre les pesticides ne fera pas l’unanimité. Élaboré sur la base de données officielles produites par la direction générale de la répression des fraudes (DGCCRF), le rapport a été réalisé sur l’étude de 19 fruits et 33 légumes non bio consommés en France sur la période 2012-2016.

"Pour les fruits, nous avons pu constater, en moyenne, la présence de résidus de pesticides quantifiés dans 72,6% des échantillons analysés", indique l’association. Si aucun chiffre n’apparaît concernant les légumes péi, les fruits de La Réunion sont eux aussi pollués par les différents produits chimiques du marché.

D’abord l’ananas Victoria, représentant (certainement) le plus évident des cultures péi, et pour lequel La Réunion est le premier département producteur avec 46% des 30.000 tonnes françaises. Treizième fruit le plus consommé en France, près de 6 fruits sur 10 analysés (59,2%) contiennent des produits chimiques. À noter que seulement 0,6% des échantillons dépassent les limites maximales en pesticides, ce qui le classe deuxième des 19 fruits dépassant le moins les limites autorisées.



Autre fruit produit majoritairement à La Réunion, la mangue. 60% de la production totale est produite à La Réunion soit 3.000 tonnes. Comme pour l’ananas Victoria, près de 6 fruits sur 10 sont chargés en produits chimiques (58%). Chiffre inquiétant, 4,8% des échantillons dépassent les limites maximales en résidus : ce qui classe la mangue comme le 2ème pire fruit sur 19 dépassant les limites maximales autorisées.

- 100% des clémentines et mandarines traitées en 2016 -

Autre production locale, celle des clémentines et des mandarines. La Réunion produit 15% des 35.000 tonnes françaises, loin derrière la Corse qui en produit 78%. Mais selon le rapport, quasiment 9 fruits sur 10 contiennent des pesticides sur la période d’analyse avec un chiffre qui atteint tout simplement les 100% sur l’année 2016. Les clémentines et mandarines se classent ainsi à la deuxième place des fruits les plus traités. Et pour 3,7% d’entre elles, dépassent les limites maximales autorisées.

Dans la catégorie des agrumes, les oranges. La Réunion arrive en tête de la production du pays avec 43% des 5.000 tonnes sortant chaque année. Là aussi, les pesticides sont très présents puisque 8 fruits sur 10 sont touchés (80,6%). Sur la période, 4,4% des échantillons dépassent les limites maximales : en 2016, plus aucun fruit n’était concerné puisque le chiffre est tombé à 0%.

Pour les citrons, La Réunion se classe à la troisième position des plus gros producteurs (13%), après la Guadeloupe (21%) et la Guyane (41%). Ce sont 4.000 tonnes qui sont produites chaque année. Selon le rapport, 77% des fruits étudiés sont chargés en produits chimiques avec 2,9% d’entre eux qui dépassent les limites autorisées.

- Banane signe d’espoir, les avocats premiers de la classe -

Restent deux fruits péi figurant parmi les 19 étudiés. La banane, pour laquelle la production locale ne représente que 3% de la culture française -en troisième position derrière la Guadeloupe (21%) et la Martinique (56%)- est le deuxième fruit le plus consommé en France. La production est estimée à 263.000 tonnes et ce sont un peu moins de 6 fruits sur 10 qui sont traités avec des pesticides (57,6%).

Alors, quel est donc le signe d’espoir ? En 2016, le nombre de fruits traités a vertigineusement chuté. Quand 58,5% de bananes étaient touchées en 2015, ce sont 6,8% des fruits qui contenaient des pesticides en 2016. Un chiffre confirmé par le nombre de produits dépassant les limites maximales autorisées en 2016, puisqu’aucun fruit (0%) n’était concerné.

Dernier fruit (ou légume pour certain) péi étudié : l’avocat. La culture réunionnaise représente la plus grosse part de la production française avec 39% des 1.000 tonnes sorties. Et bonne nouvelle, il s’agit du fruit le moins traité parmi les 19 étudiés puisqu’un peu plus de 2 avocats sur 10 analysés (23,1%) contient des pesticides. Il est aussi classé troisième fruit dépassant le moins les limites maximales autorisées de produits chimiques avec 0,8% des produits concernés sur la période.



- Les autorités de santé répondent -

Dans un communiqué publié le 23 février, Roger Genet, directeur général de l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire) se veut plus rassurant quant à la publication de ses données. Selon lui, "la présence de traces de contaminants ne signifie pas nécessairement un risque pour la santé. Il est connu du consommateur que des résidus de produits chimiques peuvent se retrouver dans un certain nombre d’aliments tels les fruits et légumes. C’est d’ailleurs pourquoi nous recommandons d’éplucher ou de laver ces produits avant de les consommer !" explique-t-il.

Concernant les LMR, limites maximales de résidus, Roger Genet indique qu’il "existe des seuils" : "au-delà de ces seuils, la commercialisation des produits n’est pas autorisée, qu’il s’agisse de denrées destinées à l’alimentation humaine ou à l’alimentation animale" affirme-t-il. Il précise que ces limites maximales de résidus sont définies "par un cadre réglementaire strict" afin de protéger le consommateur "au regard des connaissances actuelles" et sont établies avec "une importante marge de sécurité".

Concrètement, comme pour le cas d’une date de péremption d’un yaourt, la présence de traces de pesticides dans les denrées alimentaires "à des teneurs inférieures ou égales à la LMR, ou même un dépassement ponctuel", ne présenterait pas un risque pour votre santé d’après le directeur de l’Anses. Même son de cloche sur le site du ministère de l’Agriculture, qui assure que "les LMR sont établies de façon à rester bien en deçà des seuils toxicologiques, c’est-à-dire de manière à ce que les quantités de résidus qu’un individu est susceptible de retrouver quotidiennement dans son alimentation ne soient en aucun cas toxiques, à court et à long terme".

L’intégralité du rapport de Générations Futures est à retrouver ici. Voici un graphique de l’ONG classant les fruits et légumes selon leurs charges en pesticides :



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