Il fait l’objet d’une plainte pour fraude électorale

CCIR : Ibrahim Patel a passé la nuit en garde à vue

Mireille Legait pour Imaz Press

La garde à vue du président de la Chambre de Commerce et d’Industrie de la Réunion (CCIR) Ibrahim Patel, débutée lundi 29 octobre vers 7h du matin, se poursuit ainsi que celle de quelques élus dont Guy-Louis Fontaine, conseiller régional, et personnels administratifs de la CCIR interpellés en même temps que le président. Y a-t-il eu fraude électorale en 2016 ou pas ? C’est cette question que tentent d’éclaircir les enquêteurs sous la direction du procureur Eric Tuffery. Ibrahim Patel et les autres mis en cause sont entendus sur des faits supposés de fraude électorale donc, mais aussi de corruption passive, de vol et de recel de vol.

Lorsque Eliane Houlette, Présidente du Parquet National Financier, évoquait, lors de son passage à La Réunion en septembre 2018, des affaires qui allaient sortir à l’automne, faisait-elle allusion à l’enquête sur les élections consulaires en 2016 ?

Ce lundi matin 29 octobre 2018, à 7h du matin, c’est au domicile de fonction d’Ibrahim Patel, à Saint-Denis, que sont allés sonner les policiers.  Interpellé, ainsi que huit élus et administratifs, Ibrahim Patel, après avoir été entendu, a été conduit par la police, en tee-shirt et pantalon de jooging,  à la Chambre de Commerce et d’Industrie, rue de Paris, aux alentours de 9h.

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Neuf personnes en garde à vue

Tandis qu’un fourgon de police barrait l’entrée de la CCIR, les enquêteurs, venus à bord d'une dizaine de voitures, et le procureur Eric Tuffery procédaient à une perquisition. Deux heures plus tard, les enquêteurs repartaient avec des cartons de dossiers sous le bras.

Ibrahim Patel, d'autres élus, dont Guy-Louis Fontaine, et des personnels administratifs ont été de nouveau entendus sous le régime de la garde à vue. Neuf personnes questionnées par les enquêteurs suite à la plainte déposée en 2016 par Bruno Cohen, candidat malheureux à la présidence de la CCIR qui accuse l'actuel président de la CCIR de fraude électorale.

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60% d'entreprises en plus en six ans

Que s'est-il donc passé en 2016 ? Lors des élections consulaires, Bruno Cohen (société SFER) est battu par Ibrahim Patel. Mais le candidat éliminé ne l'entend pas de cette oreille. Il est convaincu, ainsi que deux autres élus, Rico Vimbaye et Paul Caro, que les dés ont été pipés. Et il dépose une plainte pour fraude électorale auprès du Procureur de La République contre une trentaine d'élus. Il engage aussi une requête en annulation de l'élection devant le tribunal administratif. Il est débouté

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Selon le plaignant il était mathématiquement impossible qu'en 2016 existent 41 000 entreprises alors qu'en 2010, La Réunion n'en comptait que 25 000. Une hausse de 60% du nombre d'entreprises que Bruno Cohen juge improbable au vu de la situation sociale dans le département qui compte plus de 30% de chômeurs.

Un taux de participation hors normes

Et comme à La Réunion on vote encore par bulletin papier sous enveloppe plutôt que par vote électronique, la fraude est un jeu d'enfant pour qui serait décidé à y recourir, ce qui n'est pas prouvé pour l'instant encore. Néanmoins, l'ancien candidat battu s'étonne qu'alors que le taux de participation aux élections consulaires est en moyenne de 7% en France, La Réunion ait enregistré un taux de participation de l'ordre de 60%.

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A noter que Rico Vimabaye, l'un des soutiens de Bruno Cohen dans les accusations de fraude visant Ibrahim Patel, a lui même connu quelques déboires judicaires pour le même motif en 2001 et en 2008.

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Les documents saisis et les auditions des gardés à vue devraient faire avancer l'enquête autour des soupçons de fraude électorale. Pour l'instant, on ne sait pas si le procureur ouvrira ou pas une instruction pour fraude aux élections. La levée des gardes à vue, qui pourrait intervenir dans la journée du mardi 30 octobre, apportera peut-être des éléments de réponse.

ml/www.ipreunion.com

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