l’approche de la haute saison

Boeing 787-7 immobilisé : Air austral dévoile son plan de gestion de crise

Marie-Joseph Malet photo rb imazpress

Après l’annonce de l’immobilisation de l’un de ses deux Boeing 787-8 et à quelques jours du début de la haute saison, l’opérateur péi dévoile, ce mercredi 5 juin 2019, son plan de gestion de crise. La liaison la plus impactée par ce problème, Dzaoudi-Paris était déjà sous le feu des projecteurs il y a quelques jours et pas pour les bonnes raisons. Un autre argument qui a poussé la compagnie 974 a communiqué. Pourquoi ce Boeing 787-8 est-il cloué au sol ? Quelle est la stratégie d’Air austral pour palier au problème ? Les voyageurs seront-ils concernés par l’immobilisation de l’avion ? Combien ça coûte ? Imaz Press a eu les réponses à (presque) toutes ces questions. (photo rb/www.ipreunion.com)

Une conférence de presse, pour mettre les choses au clair. Le PDG d’Air Austral, Marie-Joseph Malé, a pris le temps de tout expliquer par le menu. Il faut dire qu’un appareil en panne sur une flotte qui en compte une dizaine, cela a forcément des conséquences. Quelques jours avant le début de la haute saison et dans une période où la compagnie péi n’a pas bonne presse, mieux vaut être transparent…

Pourquoi ce 787-8 est-il cloué au sol ?

Un problème technique, détecté lors d’un examen de routine le lundi 3 juin 2019. Il s’agit des ailettes du moteur Rolls Royce, elles montrent des signes d’usure précoce. Mais le PDG de la compagnie insiste, cette déficience est généralisée, Air austral n’est pas la seule compagnie concernée.

Et les consignes de l’EASA (European Union Aviation Safety Agency), l’autorité compétente en matière de navigabilité sur la question sont très claires. Si un défaut de conception, de production ou de maintenance est relevé, l’aéronef reste au sol tant que le problème n’est pas réglé.

Donc le Boeing 787-8 d’Air austral est immobilisé pour une période de 2 à 3 mois, le temps que les pièces, actuellement en production soient remplacées. Une belle galère pour la compagnie péi, d’autant que cet avion est très spécifique, c’est l’un des seuls compétent à atterir sur la piste, très courte, de Dzaoudzi à Mayotte, c’est aussi l’un des seuls avions à pouvoir tenir la cadence de vols.

D’autant plus frustrant pour la compagnie que l’appareil n’a que 6 à 8 mois de roulement. Mais Marie-Joseph l’affirme avec déterrmination "nous ne regrettons pas d’avoir investi dans deux Boeing 787-8 même, s’il faut l’avouer, la détérioration aussi précoce de ces ailettes était inattendue"

Air austral va-t-elle réussir à assurer ses vols ?

Pour le moment, l’immobilisation de l’avion n’a eu que peu de conséquence. Quelques retards mais la compagnie a affrété un appareil de la compagnie espagnole Wamos pour renforcer sa flotte le temps. Mais ce n’est là qu’une solution temporaire, jusqu’au 10 juin.

Il faudra donc trouver une autre alternative le temps que le Boeing 787-8 puisse reprendre du service. Des tractations sont en cours, l’opérateur pourrait se tourner vers d’autres avions qui auraient, malheureusement moins le profil pour la liaison Dzaoudzi-Paris. La difficulté, trouver un appareil qui pourrait assurer la liaison Dzaoudzi-Paris sans escale, à la même fréquence que le Boeing 787-8 en prenant en compte cette piste d’atterrissage courte qui nécessite d’avoir un pilote qui a les habilitations pour poser l’appareil. Un casse-tête mais Marie-Joseph Malé affirme avoir plusieurs pistes sérieuses et qu’une décision sera prise dans les prochains jours.

Quel impact pour les passagers de la compagnie ?

Depuis le début du "problème", il y a deux jours, entre 600 et 700 passagers ont volé entre Mayotte et Paris, et selon la compagnie, aucun souci majeur n'a été enregistré. "De petits retards n'excédant pas une heure" affirme le PDG.

Côté Air Austral, on affirme qu’il n’y aura pas de conséquence pour les voyageurs. Enfin si, une. Une escale à Nairobi sera ajouté sur la liaison Dzaoudzi-Paris. Alors que le vol est direct depuis 2016. Au lieu de 9h50, le trajet durera 10h50. Ce serait la seule conséquence selon l’opérateur.

Les autres liaisons ne seraient pas touchées par l’immobilisation du Boeing 787-8. Le Réunion-Paris étant assuré par les trois triple 7 de la compagnie. La liaison Bangkok-Paris par le Wamos et aucun souci pour le Maurice-Réunion. Répété à plusieurs reprises par le PDG d’Air austral "il n’y aura pas d’impact au départ de La Réunion."

Combien ça coûte ?

Nous vous l'expliquions plus haut, ce problème technique au niveau des ailettes des moteurs Rolls Royce est généralisé. Le constructeur est donc en train de produire de nouvelles pièces. Côté finances, Air austral précise qu'un accord a été signé avec Roll Royce, un accord qui selon Marie-joseph Malé "satisfait les deux parties". Quant aux détails, on ne les a pas "c'est confidentiel" explique le PDG.

Autre élément, un avion cloué au sol, ça coûte de l'argent, un loyer. Le montant de ce loyer, Marie-Joseph Malé n'a pas voulu le donner à la presse. Il n'aime pas beaucoup parler d'argent, on dirait...

Il n'y aurait donc, a priori et selon Air austral, aucune inquiétude particulière à avoir de la part des passagers de la compagnie. Un moyen de rassurer la population et de se rassurer sans doute. La haute saison commence le 15 juin, la compagnie locale sait qu’elle est scrutée, reste à savoir si elle tiendra ses engagements.

fh/www.ipreunion.com/redac@ipreunion.com

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