Réunion par Imaz Press, jeudi 14 mai 2020 à 13:14
Ils veulent retourner chez eux

Bloqués à La Réunion, des Mahorais manifestent devant la préfecture

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Alors que tous les vols à l’exception des cargos sont suspendus dans le cadre de la lutte contre la propagation du coronavirus, une cinquantaine de Mahorais bloqués à La Réunion ont manifesté ce jeudi matin 14 mai 2020 devant la préfecture. Ils demandent l’autorisation de regagner leur île. (Photo d’illustration rb/www.ipreunion.com)

Fin mars, les liaisons aériennes ont drastiquement diminué entre La Réunion et le reste du monde. Une mesure prise dans le cadre du plan de lutte contre la propagation du coronavirus. Mayotte n'échappe pas à cette restrition. Il n'a plus de vols à destination de cette île mis à part les frets dédiés à l’approvisionnement du département. Malgré cela, la situation sanitaire s’aggrave de jour en jour. Ce mercredi l'île aux parfums recensait 1.143 cas de Covid-19 et 14 décès en tout.

Reste que ces restrictions de circulation entre les deux îles ne sont pas sans répercussion. ce jour, de 41 adultes et une dizaine d’enfants mahorais sont bloqués à La Réunion et demandent d’être rapatriés au plus vite.

Installés aux quatre coins de l’île et répartis chez des amis, de la famille ou dans des centres d’hébergement, des mères de famille, des pères, des frères, ou encore des oncles… tous sont venus se faire entendre face à la presse ce jeudi matin. Un rassemblement pacifiste, dernier espoir pour demander leur retour auprès de leurs proches. Les participants disent être présents pour exprimer leur ras-le-bol, et leur mécontentement face à un gouvernement qui "fait la sourde oreille"

"Avant j’habitais à La Réunion, j’ai déménagé définitivement à Mayotte avec mes enfants. Fin mars je suis revenue pour rendre mes clés d’appartement et aujourd’hui je ne peux plus repartir. Mes enfants sont à Mayotte, nous avons tenté à plusieurs reprises un rapatriement mais nous n’avons pas de réponse. Pour nous c’est un véritable parcours du combattant" déplore Antufia, Mahoraise bloquée depuis le 21 mars.

-Un cri de désespoir-

"Je n’ai pas de résidence fixe, je suis hébergée dans tous les sens. Une semaine à Saint-Denis, une autre à Saint-Paul, parfois à Saint-André, je ne sais plus quoi faire, je n’ai plus les moyens pour subvenir à mes besoins" confie Antufia.

Amni Mroumbaba, père de famille, qui se trouve bloqué à La Réunion depuis le début de la crise lance un appel à l’aide. Il est devenu le porte-parole du groupe de Mahorais se trouvant dans son cas. " Il y’a des femmes qui sont venues accoucher, d’autres pour des soins, certaines sont venues ramener des clés d’appartement, on est arrivé ici pour des motifs divers. Nous sommes venus pour des séjours de courte durée, et cela s’est transformé en galère de plusieurs semaines. " explique-t-il.

Amina, membre du collectif, s'inquiète d'autant plus d'être loin de l'île aux parfums alors que la situation y est préoccupante. "Aujourd’hui la situation ne va pas en s’arrangeant à Mayotte, elle empire de jour en jour ! Comment ces gens-là vont rester ici sans une aide financière et dans l’angoisse de leurs enfants en bas âge qui les attendent là-bas, ce n’est plus vivable" s'exclame-t-elle.

Un problème financier se pose pour la majorité de ces familles, d’où le besoin d’agir vite " Je suis dans une situation financière critique : à Mayotte mon entreprise ne s’est pas arrêtée pendant le confinement, et aujourd'hui je me retrouve en chômage partiel. Je ne sais pas comment est calculé le chômage partiel mais je touche moins d’argent, alors que je dois aider ma femme qui se retrouve toute seule, et en même temps faire les courses ici pour ma mère chez qui j'habite " résume Amni.

-Des procédures sans fin-

Depuis maintenant deux mois, le collectif Rapatriement Réunion/Mayotte, accompagné du collectif Ré-Ma Réunion multiplient les démarches dans l’espoir "d’interpeller les autorités et de faire bouger les lignes". " Nous avons écrit aux deux préfectures, Mayotte et La Réunion, à plusieurs reprises à titre individuel d’une part et ensuite en regroupant l’intégralité de nos informations : certificats médicaux, adresse du domicile, motif d’arrivée à La Réunion, et situation de chacun. Nous avons de même écrit aux élus, et saisies les parlementaires, nombreuses sont les procédures de rapatriement qui ont été mises en place pour qu’au final ils se renvoient tous la balle, et nous font tourner en rond" indique Amina.

Amni Mroumbaba, ne comprend pas pourquoi, alors que des avions décollent chaque semaine de La Réunion, il est impossible de les ramener dans l'île aux parfiums. "La Réunion est placée en zone verte. Pourquoi n’est-il pas possible d’affréter un vol pour nous rapatrier ? Nous pouvons justifier nos déplacements par des motifs impérieux. Nous avons des droits, le droit de liberté, le droit de vie privée, le droit de circuler, les autorités bafouent ces droits, chaque jour ont subi cette situation, sans aucune considération ni aucune une aide extérieure. Nous sommes totalement ignorés " se désespère-t-il.

Reste à savoir si le collectif de rapatriement Réunion/Mayotte va être entendu par les autorités compte-tenu de la situation sanitaire qui règne là-bas. "Nous sommes conscients de l’évolution de la situation épidémique sur notre territoire, mais là-bas on a nos familles, et nos amis qui nous attendent. Nous espérons rentrer rapidement car cela devient un besoin vital " termine Antufia.

es/www.ipreunion.com/redac@ipreunion.com

mots clés de l'article : manifestation , rapatriement , mahorais , coronavirus , actualité de la réunion , Actus Reunion , Coronavirus , Covid-19

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