130 000 fillettes agressées tous les ans à l’échelle nationale

A La Réunion, un mineur est violé tous les deux jours

photo imaz press reunion

Chaque année, en France, environ 130 000 fillettes et 35 000 petits garçons subiraient des violences sexuelles. Cela équivaut à une fillette sur cinq et un garçon sur treize. Si les chiffres exacts ne sont pas connus à La Réunion, on sait cependant qu’un viol sur mineur a lieu tous les deux jours sur notre île - de ce que l’on sait. Par ailleurs, notre île est de manière générale plus violente envers les femmes que la métropole, avec 0,9 femmes sur 1000 victimes de violences sexuelles dans le cadre familal à La Réunion contre 0,6 dans l’hexagone. En dehors du cadre familial, c’est 2,8 victimes dans l’île contre 2 en métropole. (Photo d’illustration rb/www.ipreunion.com)

Un sondage réalisé par Ipsos pour l’association Mémoire traumatique et victimologie met en tout cas en lumière le nombre effarant d'agressions sexuelles commises sur des mineurs chaque année. Avec un échantillonnage de 502 victimes de violences sexuelles lorsqu'elles étaient mineures, dont 111 ont subi un ou plusieurs viols, l'entreprise a tenté d'en comprendre les mécanismes.

Il en ressort, qu'en moyenne, la première agression sexuelle a lieu aux alentours des 10 ans. La moitié des agressions se déroule dans le foyer familial (57%), de la part d'une personne proche de la famille (49%).

Une agression sur deux ayant lieu dans le cadre familial, le plus souvent l’agresseur fait en fait partie de la famille. Pour les personnes victimes de viols, il appartient même dans 3 cas sur 10 au cercle le plus proche de la victime. A l'inverse, les personnes ayant été agressées "seulement" une fois au cours de leur vie de mineur ont très majoritairement été victimes d'inconnus.

Ces paramètres jouent aussi sur la durée des sévices : lors d'une agression unique, 91% des victimes ne connaissaient pas l'agresseur. Lors d'agressions répétées sur plus d'un an, 53% ont été victime d'un membre de la famille proche, 30% d'un membre de la famille élargie, et 11% par une connaissance.

Plus de filles que de garçons touchées au sein de la famille Par ailleurs, les agressions dans un cadre familial touchent plus majoritairement les filles que les garçons, qui sont eux plus couramment agressés dans le cadre d'activités extra-scolaires ou à l'école. En effet, sur les personnes interrogées, 54% des femmes révélaient avoir subi des attouchements ou avoir été violées au domicile familial, contre 35% des hommes, tandis que 30% des hommes avaient été agressés dans un cadre scolaire contre 12% des femmes. Le facteur de l'âge influe aussi sur les lieux de l'agression : avant 10 ans, les agressions se passent dans un cadre familial. A l'inverse, passé 10, voire 13 ans, les agressions tendent à avoir lieu dans un cadre social ou scolaire. Enfin, la parole a beaucoup de mal à se libérer chez les victimes. En moyenne, elles ont attendues plus de 12 ans avant de parler de leur agression voire 14 ans pour les victimes de viols. Plus l'agression a été subie tôt, plus la victime met du temps à en parler : les personnes ayant subies des violences sexuelles avant leur 10 ans sont les plus nombreuses à avoir attendu plus de 25 ans avant d'en parler. La famille, même si elle reste principale initiatrice de ces violences, est aussi la première confidente des victimes : 56% des victimes ont en parlé à leurs parents. Cependant, seulement 12% d'entre elles ont adressé un signalement aux autorités, tandis que 17% ont remis en doute la véracité des propos et 13% ont conseillé de garder le secret.

Dramatiquement, plus des deux tiers des victimes ayant parlé de leur agression n'ont observé aucune conséquence à cette prise de parole, et la moitié a connu des états dépressifs, des troubles anxieux et phobiques.

D'ailleurs, à peine plus du quart des victimes a déposé plainte contre l'agresseur. Des plaintes qui ont entrainé dans 6 cas sur 10 l'ouverture d'une instruction judiciaire, dont seulement la moitié se sont soldés par une condamnation. Si ces chiffres sont basés sur des témoins métropolitains, la situation peut parfaitement être transposée à La Réunion, plus violente que la métropole. A noter que les chiffres de la délinquance pour 2019 seront présentés ce mercredi 8 octobre. L'occasion de faire le point sur la situation en matière de violence dans l'île.

as / www.ipreunion.com / redac@ipreunion.com

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