Mayotte, une bombe à retardement

photo imazpress

Mayotte a entamé sa troisième semaine de "grève générale" contre l’insécurité. Ce mardi 7 mars 2018, la ministre des Outre-Mer a annoncé l’ouverture d’une "conférence pour l’avenir" de ce département français assailli par les violences. La colère des habitants ne faiblit pas. L’insécurité n’est pas leur seule inquiétude : le département, assailli par l’immigration clandestine, présente des retards conséquents en matière de santé, de logement et d’éducation. Cela fait donc près d’un mois que l’île est paralysée. Et la question de se poser : et si la même situation avait eu lieu à Paris ?

L’origine de la colère des habitants de Mayotte ? L’insécurité. Un collectif, constitué de leaders syndicaux, a déclenché le mouvement à la suite de violences autour d’établissements scolaires. Le 19 janvier, des dizaines de jeunes armés de barres de fer ont notamment assailli un lycée professionnel en blessant des élèves.


Qui pourrait imaginer les enfants de la métropole être contrôlés pour des raisons de sécurité avant d’accéder à leurs classes ?
C’est ce qui se passe à Mayotte dans l’indifférence totalehttps://t.co/fdckOchcRG
— Verlaine (@VerlaineDJENI) 4 mars 2018


 

L’insécurité, mais pas que : les manifestants expriment le sentiment d’être abandonnés par l’État. Un sentiment d’autant plus criant lorsque l’on voit, par exemple, qu’une députée de la République En Marche, ignore totalement du mouvement en cours sur l’île aux parfums. Et encore davantage lorsque l’on s’aperçoit qu’elle lâche "Mayotte est une ville extrêmement particulière".


Ça fait plus de 15 JOURS que Mayotte se soulève pour protester contre l’insécurité. Mais cette députée La République En Marche :
1) N’est pas au courant
2) Pense que Mayotte est une ville#Quotidien ⬇ pic.twitter.com/foywo4RsPQ
— Quotidien (@Qofficiel) 7 mars 2018


 

Plus concrètement, les Mahorais réclament davantage de fonds. Le comité de coordination des maires a chiffré un "plan de convergence" sur dix ans à hauteur d’1,8 milliard d’euros. Dans cette enveloppe souhaitée : 500 millions pour l’habitat, 480 millions pour l’eau potable et l’assainissement, 238 millions pour les routes et transports, 480 millions pour les constructions scolaires.


Mayotte : la grogne des femmes https://t.co/kARTECeDJA pic.twitter.com/PQRAVXXTdZ
— franceinfo plus (@franceinfoplus) 3 mars 2018


 

Comme en Guyane en mars 2017, les manifestants mettent en place des barrages qui paralysent l’économie du département. Ce mercredi 7 mars, ce sont plus de 8000 personnes qui se sont mobilisées. Dans le Nord et dans le centre de l’île, les axes clé de circulation sont coupés par des barrages et bloqués par des opérations escargot. Avec l’opération "Île morte", c’est une grande majorité des entreprises qui a fermé pour plusieurs journée. Ce lundi 5 mars, les maires et élus se sont d’ailleurs concertés pour ensuite fermer les portes de l’ensemble des mairies de manière illimitée.


#Mayotte Ce jeudi 8 mars, des barrages érigés sur tous les carrefours stratégiques de l’île. Le mouvement prendra une nouvelle tournure ! #GreveGenerale pic.twitter.com/zsgCYsvk08
— Mayotte la 1ère (@mayottela1ere) 8 mars 2018


 

Devenu département français le 1er janvier 2014, Mayotte affiche un taux de chômage (26 %) bien au dessus de la moyenne nationale (9,2 %). Par ailleurs, l’île est frappée par un large mouvement de migration en provenance des Comores. Immigration clandestine, retards importants en matière de santé, de logement et d’éducation : le tout est un cocktail détonnant qui menace d’exploser à tout moment. En réponse aux Mahorais, la ministre de l’Outre-Mer Annick Girardin a indiqué ce mardi l’ouverture d’une "conférence pour l’avenir de Mayotte".
 


Les barrages routiers pour protester contre l’insécurité ont repris à Mayotte, prélude à un renforcement du mouvement envisagé pour lundi, jour de rentrée scolaire #AFP pic.twitter.com/IcpYLXzkhe
— Agence France-Presse (@afpfr) 10 mars 2018


 

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