L’île aux parfums vient d’interdire la commercialisation des tigres et des bouledogues

Ciguatera : une menace venue de La Réunion selon la préfecture de Mayotte...

photo le Prince

L’interdiction de la commercialisation de certaines espèces de requins, dont les tigres et les bouledogues, est désormais effective à Mayotte, suite à la publication d’un arrêté préfectoral. Mais si ce dernier met fin à 16 ans d’incongruité réglementaire, il en soulève une autre puisqu’il est notamment motivé par la "proximité" de La Réunion...

Décidément, la question de la ciguatera n’en finit plus de faire tourner la tête des autorités. Ce jeudi 30 avril 2014, la préfecture de Mayotte a confirmé l’entrée en vigueur de l’arrêté signé le 23 avril dernier par le préfet Seymour Morsi pour interdire la commercialisation des certains requins, dont les tigres et les bouledogues. La ministre des Outre-mer George Pau-Langevin avait d’ailleurs pris les devants en l’annonçant le vendredi 24 avril lors de son passage à La Réunion.

Mais cet arrêté mahorais mérite qu’on s’y attarde, puisqu’il motive cette interdiction en raison, entre autres, de "la proximité de la région Réunion dans la zone océan Indien où sévit le phénomène ciguatera de façon endémique".

Or, pour rappel, la décision de la préfecture de La Réunion d’interdire la commercialisation de ces requins – promulguée en 1999 et maintenue depuis – est motivée, elle, par l’avis de l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation) mettant en avant les cas d’intoxications récurrents et mortels ayant eu lieu à Madagascar et par la capacité de certains requins à voyager entre les deux îles.

Pour résumer, La Réunion interdit la commercialisation des tigres et des bouledogues en raison de la proximité de Madagascar, tandis que Mayotte l’interdit en raison de la proximité de La Réunion... où le seul et unique cas avéré d’une intoxication – non mortelle – par des ciguatoxines suite à la consommation de requin date de 1993.

C’est que, comme le soulignait Imaz Press ce mardi 28 avril, l’arrêté mahorais semble avoir été décidé et rédigé dans la précipitation, juste avant la visite de la ministre George Pau-Langevin et sous la pression d’une opinion publique s’interrogeant de plus en plus sur les différences de réglementation entre Mayotte et La Réunion.

La préfecture de Mayotte ne considère en effet sans doute pas que le danger vient de La Réunion, où la ciguatera sévirait de façon "endémique". Mais elle s’est emmêlé les crayons en recopiant l’arrêté préfectoral réunionnais qui mentionne lui "la situation de la région Réunion dans la zone océan Indien où sévit le phénomène ciguatera de façon endémique"...

Quoi qu’il en soit, il reste plus aisé d’expliquer ce "raté" dans le copier-coller que les 16 années d’attente pour aligner les règles sur la commercialisation des squales entre les deux départements français de l’océan Indien.

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