Trump en vedette et producteur de la fête nationale du 4 juillet

© afp.com - SAUL LOEB

"L’une des plus grandes célébrations de l’histoire de notre pays" : Donald Trump a promis aux Américains un spectacle d’une ampleur inégalée pour la fête nationale jeudi à Washington, malgré les critiques l’accusant de s’approprier cet événement d’ordinaire apolitique.

En plus des parades et des feux d'artifices habituels, le président américain a ajouté une dimension militaire à ce 4 juillet avec des blindés placés en évidence et prononcera un "hommage à l'Amérique" depuis les marches du Lincoln Memorial, monument à la gloire du 16e président américain.

"Les gens viennent de partout (...) pour ce qui se présente comme l'une des plus grandes célébrations de notre pays", a tweeté jeudi matin Donald Trump.

Devant la Maison Blanche, Dee Ranson, 55 ans, défendait le choix de son président de prendre la parole: "Je trouve ça super. Cela montre du courage et un enthousiasme patriotique. Il n'a pas peur", s'est félicité cette habitante de Floride, venue pour l'événement avec son fils, qui arborait la casquette rouge des supporteurs de Donald Trump.

Mais en chamboulant l'ordonnancement des festivités, le milliardaire républicain s'est attiré les foudres des démocrates, qui l'ont mis en garde contre la tentation d'un "meeting de campagne partisan et télévisé". D'autant que Donald Trump a récemment annoncé sa candidature à un nouveau mandat lors de la présidentielle de 2020.

"Je parlerai au nom de notre grand pays", a assuré le président, apparemment confiant dans sa capacité à rassembler les Américains.

L'événement suscitera une couverture différenciée selon les médias: Fox News, la chaîne préférée des conservateurs, a prévu de diffuser le discours du président en direct, une option en revanche écartée par MSNBC, selon un porte-parole cité par Politico.

- Blindés et avions militaires -

Autre nouveauté: la présence renforcée de l'armée. Jeudi des passants se prenaient en photo devant des chars en plein coeur de Washington -- une scène totalement inhabituelle dans la capitale américaine.

Plusieurs avions de guerre F-35, les plus modernes au monde, ainsi que la patrouille d'acrobaties aériennes Blue Angels, seront également de la partie. Air Force One, le Boeing 747 des présidents américains, "fera peut-être même un passage sonore et à basse altitude au-dessus de la foule", s'est réjoui Donald Trump.

C'est après avoir été impressionné par le défilé du 14 juillet 2017 à Paris que le milliardaire républicain a voulu ajouter une dimension militaire aux célébrations dans son pays.

"C'est une démonstration de pouvoir et de force qui n'est pas nécessaire", regrettait pourtant April Smith, une résidente de Caroline du Nord, des étoiles aux couleurs du drapeau américain peintes sur les joues.

Ce "n'est pas la manière américaine" de rendre hommage à l'armée, a également estimé sur CNN la maire démocrate de Washington, Muriel Bowser.

Le budget de l'événement est aussi pointé du doigt. Un "gâchis d'argent", s'est ainsi exclamé le candidat à la Maison Blanche Julian Castro. Mais selon Donald Trump, le coût sera mineur: "Ce sont nos avions, nous avons les pilotes, l'aéroport est juste à côté, on a juste besoin de carburant. Les chars et tout le reste sont à nous."

L'organisation de gauche Code Pink a manifesté son opposition en déployant --au sol-- le "Baby Trump", personnage gonflable représentant un bébé colérique à l'effigie du président américain.

- Feux d'artifice -

Le 4 juillet marque le Jour de l'indépendance, Independence Day, lorsqu'en 1776 treize colonies britanniques fondèrent les Etats-Unis d'Amérique.

Des milliers de personnes se rassemblent chaque année dans une ambiance bon enfant sur les immenses pelouses du National Mall, grande esplanade de Washington, bordée de musées et monuments officiels.

A l'une de ses extrémités se trouve le Lincoln Memorial, d'où Donald Trump s'adressera aux Américains à 18H30 (22H30 GMT). C'est depuis ces mêmes marches que Martin Luther King prononça en 1963 son discours historique "I have a dream" en faveur de l'égalité pour les Noirs.

Une tribune et plusieurs écrans géants ont été installés au pied de l'édifice.

Echaudé par le cuisant souvenir de la cérémonie de son investiture à la Maison Blanche en 2017, où la foule sur le National Mall était moins imposante que celle rassemblée par Barack Obama en 2009, Donald Trump a pris des mesures préventives.

Ses services ont distribué des tickets d'accès privilégié au site: 5.000 pour les soldats, a rapporté le Pentagone; des centaines d'autres billets ont été distribués par les réseaux de soutien du président.

Reste à savoir si ces fidèles braveront les intempéries annoncées, allant jusqu'à des violents orages selon les prévisions.

mots clés de l'article : politique , défense , USA

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