Syrie : craignant un "bain de sang" à Idleb, une ONG plaide pour une trêve immédiate

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Le Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC) a mis en garde mercredi contre la "pire catastrophe" humanitaire du conflit en Syrie si aucun cessez-le-feu n’est conclu dans la région d’Idleb, théâtre d’une offensive du régime et de son allié russe.

Les forces loyalistes soutenues par Moscou ont lancé en décembre une opération militaire d'envergure contre les jihadistes et les rebelles, provoquant le déplacement d'environ 700.000 personnes, selon l'ONU.

"Il s'agit du plus grand déplacement de la pire guerre de notre génération", a déploré mercredi auprès de l'AFP le chef du NRC, Jan Egeland.

La province d'Idleb et ses environs abritent quelque trois millions d'habitants, dont la moitié ont été déplacés d'autres régions reconquises par le régime syrien.

M. Egeland a plaidé pour un cessez-le-feu immédiat afin d'éviter le pire dans cette région qualifiée de "plus grand camp de réfugiés du monde".

"Désormais, notre crainte est qu'une offensive totale ne conduise à (...) un bain de sang", a-t-il ajouté. Il s'agirait selon l'ONG de "la pire catastrophe de cette guerre brutale".

"Nous avons surtout besoin d'un cessez-le-feu et de pourparlers", a insisté le chef du NRC.

Les centaines de milliers de civils ayant fui les violences ces dernières semaines se sont notamment dirigés vers le nord de la province d'Idleb, proche de la Turquie qui a fermé sa frontière il y a plusieurs années pour empêcher un afflux de réfugiés sur son territoire.

"La Turquie doit être soutenue pour offrir un passage sûr aux femmes, hommes et enfants (...) à travers sa frontière et vers les zones qu'elle contrôle dans le nord de la Syrie", a plaidé M. Eagland.

L'ONU et plusieurs ONG ont maintes fois appelé à l'arrêt des violences dans le nord-ouest, où des déplacés dorment dans leurs voitures ou dans des champs, faute de moyens et de place dans les camps surpeuplés.

"Les familles ont désespérément besoin de nourriture, de couvertures et de matelas", a affirmé le chef du NRC.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a déploré mardi l'état des hôpitaux et des personnels de santé dans la région, où 72 hôpitaux, cliniques et dispensaires ont dû suspendre leurs activités depuis décembre.

"Plus de 100.000 consultations médicales sont suspendues, près de 11.000 patients traumatisés ne sont pas soignés et 1.690 interventions chirurgicales majeures ne seront pas effectuées ce mois", selon l'OMS.

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