Qui va prendre la tête de la course démocrate ? Réponse dans le New Hampshire

© afp.com - TIMOTHY A. CLARY

Le sénateur socialiste Bernie Sanders et le centriste Pete Buttigieg, en posture de favoris, se disputaient mardi les suffrages des démocrates du New Hampshire, nouvelle étape dans une compétition très indécise dont le vainqueur défiera Donald Trump à la présidentielle de novembre.

Après avoir survolé les sondages nationaux ces derniers mois, Joe Biden semblait se résoudre à une déception dans cet Etat frontalier du Canada, deux semaines après un premier revers dans l'Iowa: l'ex-président de Barack Obama a de façon surprise annulé sa soirée de campagne dans le New Hampshire pour mettre le cap sur l'Etat de Caroline du Sud, où il compte se relancer.

"Je n'abandonne pas le New Hampshire", a déclaré le septuagénaire modéré, en justifiant son absence au soir du scrutin par la succession de deux meetings de campagne, en Caroline du Sud et dans le Nevada, les deux prochains Etats à voter dans le déroulement des primaires.

Derrière MM. Sanders et Buttigieg, dans un mouchoir de poche avec M. Biden, les autres grands candidats à l'investiture démocrate espèrent créer la surprise, trouver un nouveau souffle... ou éviter l'effondrement de leur campagne.

Dans la moyenne des sondages du New Hampshire, Joe Biden n'arrive que quatrième ex-aequo avec la sénatrice progressiste Elizabeth Warren, juste derrière l'autre sénatrice Amy Klobuchar, qui partage avec lui des idées centristes.

Dans la majorité de l'Etat, les bureaux ont ouvert à partir de 06H00 (11H00 GMT) et permettront aux électeurs de voter jusqu'à 20H00 (01H00 GMT mercredi).

Au gymnase de l'école primaire Northwest à Manchester, la principale ville de l'Etat, où des statues de la liberté étaient imprimées sur les isoloirs, quelque 200 personnes avaient déjà glissé leur bulletin dans l'urne tôt mardi matin, a constaté l'AFP.

- "Tous faibles" -

Les candidats ont fait campagne jusque tard lundi pour arracher les faveurs des électeurs de ce petit Etat du nord-est du pays. Et Pete Buttigieg, à 38 ans le plus jeune d'entre eux, se prêtait encore au jeu des selfies mardi matin devant plusieurs bureaux de vote.

"Le choix que vous faites aujourd'hui déterminera l'avenir de notre nation", a-t-il déclaré sur Twitter mardi, appelant a "bâtir une coalition pour battre Trump en novembre."

C'est lui qui l'avait emporté d'un cheveu devant Bernie Sanders le 3 février lors d'assemblées d'électeurs dans l'Iowa, premier Etat à voter pour ces primaires. Cette fois-ci, le scrutin se tient à bulletin secret.

Mike Schowalter, avocat de 39 ans a voté pour Bernie Sanders. "Je sais que c'est un peu bizarre, mais je pense que beaucoup de choses dans notre pays sont cassées", a-t-il confié à l'AFP depuis un centre aéré à Concord.

John Williams, de ce bureau de vote s'attendait à une "plutôt bonne participation" électorale, malgré la neige.

Longtemps courtoise, la bataille est désormais acharnée dans le peloton de tête, où les piques fusent.

Et elle se joue sous l'oeil ironique de Donald Trump, qui aime à moquer la guerre entre ses rivaux potentiels.

"Ils sont tous faibles", a-t-il décoché lundi soir en direction des candidats démocrates.

Les dix rivaux en lice pour le défier en novembre, ainsi que leurs électeurs, s'accordent sur un point: il faut battre Donald Trump.

Mais leurs visions divergent.

A la gauche du parti, prônant une "révolution" politique afin de parvenir à une société plus égalitaire, le sénateur indépendant Bernie Sanders, 78 ans, domine confortablement les sondages dans cet Etat, voisin de son fief du Vermont.

Il est suivi par Pete Buttigieg, l'ex-maire de la ville de South Bend (100.000 habitants). Ancien militaire, premier candidat ouvertement homosexuel aussi bien placé dans la course à la Maison Blanche, il plaide pour une politique "réaliste" et de main tendue aux électeurs indépendants et républicains, tout en critiquant le financement du programme de M. Sanders.

Derrière eux, la pression est forte sur Joe Biden depuis sa maigre quatrième place dans l'Iowa. Fort d'une longue expérience politique, il se présente en meilleur atout pour battre Donald Trump.

En martelant qu'il n'abandonnera pas la course "quoiqu'il arrive" mardi, l'équipe de Biden semble se préparer à un nouveau revers.

- Bloomberg omniprésent -

Elle table, pour le relancer vers les sommets, sur une bonne performance en Caroline du Sud, qui votera le 29 février. Là-bas, la population noire est très importante et reste acquise à l'ancien vice-président de Barack Obama.

Luttant pour sa survie, Joe Biden attaque son rival au centre Pete Buttigieg, en épinglant son manque d'expérience en politique nationale.

Il n'épargne pas non plus Bernie Sanders, affirmant qu'il serait "difficile" de se rallier derrière un candidat "socialiste".

Omniprésent alors même qu'il fait l'impasse sur les quatre premiers votes des primaires démocrates en février, le milliardaire Michael Bloomberg a grimpé jusqu'à la troisième place dans un sondage au niveau national publié lundi. Disposant de moyens financiers quasi-illimités, il inonde de publicités la quinzaine d'Etats qui voteront lorsqu'il entrera en lice le 3 mars pour le "Super Tuesday".

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