Primaire démocrate : même combatif, Biden échoue à dissiper les doutes

© afp.com - Robyn BECK

Le favori de la primaire démocrate Joe Biden a été crédité d’une solide performance lors d’un débat télévisé face à ses rivaux, mais des questions persistent vendredi sur sa capacité à croiser le fer avec Donald Trump en 2020.

Face à ses deux rivaux bien plus à gauche dans le trio de tête, les sénateurs progressistes Bernie Sanders et Elizabeth Warren, l'ancien vice-président de Barack Obama a tenu à se présenter en candidat réaliste, soucieux de répondre aux préoccupations de la classe moyenne et des ouvriers.

"J'ai parlé de (...) comment je livrerai des avancées tangibles sur les questions les plus urgentes auxquelles font face les familles de travailleurs", a tweeté Joe Biden vendredi.

Parti à l'offensive, s'arrogeant le micro plus fermement que lors des précédents débats, cet ex-sénateur pendant plus de 35 ans a toutefois erré dans plusieurs réponses, et a dû défendre plusieurs points de son long bilan.

Mais malgré les appels au rassemblement pour battre Donald Trump, ses rivaux n'ont pas épargné Joe Biden, 76 ans, dont l'état de forme interroge après un été marqué par plusieurs faux pas.

En sous-entendant que le septuagénaire devenait sénile, le petit candidat Julian Castro a provoqué les huées d'une partie du public et été accusé de frapper sous la ceinture.

Sa voix n'est pas restée isolée. Chantre du rassemblement, le sénateur Cory Booker a pourtant asséné un autre coup au vétéran de la politique juste après le débat: "Beaucoup s'inquiètent de la capacité de Joe Biden à marquer l'essai sans trébucher", a-t-il déclaré sur CNN.

Fermement campé en tête des sondages pour la primaire (26,8% selon RealClearPolitics), Joe Biden reste notamment très populaire chez les Noirs et dans les bassins ouvriers qui avaient fait basculer l'élection présidentielle en faveur de Donald Trump en 2016.

Pour beaucoup d'électeurs démocrates qui ont pour priorité d'empêcher le milliardaire de décrocher un second mandat, le modéré Biden apparaît comme le candidat sûr.

"Je me demande si les fragilités de Biden, que l'on voit régulièrement, risquent au final d'entamer l'avantage dont il bénéficie actuellement en tant que candidat perçu par la plupart comme la meilleure option contre Trump", note toutefois Kyle Kondik, politologue à l'université de Virginie.

"Mais si cela devait l'affecter, il faudra peut-être des mois avant que cela ne lui nuise dans les sondages", explique-t-il à l'AFP.

Il reste encore près de cinq mois de campagne avant les premiers scrutins de la primaire, dans l'Iowa le 3 février. Le parti démocrate ne désignera officiellement son candidat pour défier Donald Trump qu'à l'été 2020.

- Warren tient le cap -

Se trouvant pour la première fois sur le même plateau de débat que Joe Biden, l'étoile montante de la primaire démocrate Elizabeth Warren n'a pas attaqué ses rivaux.

Bête noire de Wall Street, la progressiste a tenu le cap de sa campagne centrée sur des propositions détaillées, appuyées sur de fortes anecdotes personnelles.

Fermement campée dans le trio de tête depuis cet été, "elle se comporte en favorite et (..) de ce fait a moins intérêt à entrer dans la mêlée", analyse Kyle Kondik.

L'ancienne professeure de Harvard, 70 ans, dispute depuis des semaines la deuxième place au sénateur indépendant Bernie Sanders, 78 ans (tous deux sont autour de 17%).

Ces deux "amis" ont encore une fois présenté un front uni jeudi soir, qui pourrait toutefois se craqueler à l'approche des scrutins puisqu'ils se disputent un même bassin d'électeurs.

Seuls dix candidats avaient été sélectionnés pour ce troisième débat démocrate, sur les 20 encore en lice.

Sur la santé, le racisme, le commerce, la politique extérieure ou les armes, les petits candidats ont pu se faire entendre, comme l'ex-élu Beto O'Rourke qui plaide pour l'interdiction des fusils d'assaut avec passion depuis les fusillades meurtrières au Texas cet été, son Etat d'origine. Ou le jeune maire centriste Pete Buttigieg, qui a livré un récit poignant sur sa décision de révéler son homosexualité.

Le prochain débat se tiendra à la mi-octobre.

Face à l'âpre bataille interne des démocrates, Donald Trump met en garde contre les dangers, selon lui, de leurs politiques "radicales" et se gausse des rumeurs sur les capacités de Joe Biden.

mots clés de l'article : élections , politique , médias , USA

suivez-nous