Monde par Washington (AFP) , vendredi 20 novembre 2020 à 12:55

Peine de mort : l’administration Trump poursuit les exécutions malgré la défaite

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Un condamné a été exécuté jeudi aux Etats-Unis, l’administration Trump rompant avec une tradition qui veut que les présidents sortants non réélus sursoient aux exécutions.

Orlando Hall a été exécuté d'une injection de pentobarbital dans une prison de l'Etat de l'Indiana, a annoncé le département de la Justice.

Cet Afro-Américain de 49 ans a été condamné en 1995 à la peine de mort pour avoir participé à l'enlèvement, au viol et au meurtre d'une adolescente de 16 ans, Lisa Rene, qu'il avait battue et enterrée vivante, avec des complices, dans le cadre d'un règlement de comptes.

Il a été exécuté après le rejet d'un ultime recours par la Cour suprême. C'était la première décision de la nouvelle juge à la Cour suprême, Amy Coney Barnett, qui s'est prononcée comme les cinq autres juges conservateurs de cette instance de neuf magistrats.

Il s'agit de la huitième exécution fédérale depuis la reprise cet été d'une pratique mise en sommeil pendant 17 ans et à laquelle est opposé le président élu démocrate Joe Biden, qui doit prêter serment le 20 janvier.

Alors que les Etats américains ont quasiment tous renoncé à appliquer la peine capitale depuis le début de la pandémie, le gouvernement de Donald Trump a au contraire procédé à un nombre inégalé d'exécutions: huit depuis juillet, contre trois au cours des 45 dernières années.

Deux autres exécutions sont prévues dans les semaines à venir, malgré une tradition observée depuis 131 ans qui veut que les présidents non réélus sursoient aux exécutions en attendant que leur successeur prête serment.

Donald Trump refuse toujours de reconnaître sa défaite face à Joe Biden aux élections du 3 novembre.

"Aujourd'hui, Orlando Cordia Hall a été exécuté au pénitencier américain de Terre Haute conformément à la peine capitale recommandée à l'unanimité par un jury fédéral", a fait savoir le Département de la justice sur son site internet.

Même si leur client n'a pas nié le rôle qu'il a joué dans la mort de Lise Rene, ses avocats Marcia Widder et Robert Owen ont dénoncé des "préjugés racistes" lors de son procès devant un jury entièrement blanc.

Selon eux, son dossier "reflète les disparités raciales troublantes en matière de peine capitale aux Etats-Unis", où 45% des condamnés à mort sont Afro-Américains, alors qu'ils ne représentent que 13% de la population globale.

Le département de la Justice a prévu deux autres exécutions dans l'intervalle entre l'élection présidentielle et la prestation de serment en janvier.

L'exécution de Lisa Montgomery, qui serait la première femme exécutée par le gouvernement fédéral en 70 ans, prévue initialement le 8 décembre a été reportée au 31 décembre car ses avocats ont contracté le Covid-19.

Les Etats-Unis prévoient aussi d'exécuter Brandon Bernard le 10 décembre.

mots clés de l'article : politique , exécution , USA

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