Monde par Alger (AFP) , jeudi 18 février 2021 à 14:23

Ouverture à Alger du procès Gourdel, le Français décapité en 2014

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Le procès des accusés de l’assassinat du Français Hervé Gourdel, un guide de haute montagne enlevé et décapité par des jihadistes en Algérie en 2014, s’est ouvert jeudi matin à Alger, six ans après les faits.

Après un report au début du mois, le procès se déroule devant le tribunal de première instance de Dar El Beïda, dans la banlieue d'Alger, en présence de la famille de la victime, notamment de sa compagne. Il devrait durer une journée.

Arrivé en ambulance, le principal accusé, Abdelmalek Hamzaoui, un ravisseur présumé, suit l'audience sur un fauteuil roulant. Il est accompagné d'une équipe médicale et surveillé par des membres des forces spéciales de la gendarmerie.

Initialement prévue le 4 février, l'audience avait été reportée de deux semaines, à la demande de la défense, en raison de l'état de santé de M. Hamzaoui.

Venue de France, la compagne de M. Gourdel, Françoise Grandclaude, s'était alors dite "très déçue" mais entendant respecter la décision de la justice algérienne.

Au total, 14 personnes sont poursuivies dans cette affaire: huit jihadistes présumés jugés pour son rapt et sa décapitation et six autres pour non-dénonciation de crime, selon un document du tribunal consulté par l'AFP.

Abdelmalek Hamzaoui est le seul parmi les ravisseurs présumés à comparaître jeudi. Les sept autres seront jugés par contumace.

Capturé après le drame, le membre présumé de Jund al-Khilafa ("Les Soldats du Califat") -- le groupe affilié à l'organisation Etat islamique (EI) ayant revendiqué l'assassinat -- risque la peine de mort.

Parmi les six accusés jugés pour non-dénonciation de crime figurent les cinq accompagnateurs algériens de Hervé Gourdel devant le tribunal algérois jeudi: Karim Oukara, Hamza Boukamoum, Oussama Dehendi, Amine Ayache et Kamel Saâdi, enlevés avec lui mais relâchés au bout de 14 heures.

Il leur est reproché d'avoir tardé à informer les autorités du rapt du Français. La non-dénonciation de crimes est passible d'une peine allant jusqu'à cinq ans de prison.

- Choc en France et en Algérie -

Le sixième, un certain Farjallah Amara, est accusé lui aussi de ne pas avoir averti à temps ces mêmes autorités car les ravisseurs lui avaient volé sa voiture pour transporter le Français, selon le document du tribunal.

Originaire de Nice, Hervé Gourdel, 55 ans, était un pédagogue et formateur de guides de montagne, passionné d'aventure. Il s'était rendu en Algérie à l'invitation de ses hôtes et accompagnateurs, pour explorer un nouveau site d'escalade, mais il a été kidnappé le 21 septembre.

La vidéo de sa décapitation diffusée trois jours plus tard avait provoqué un énorme choc en France et en Algérie.

Les autorités algériennes, restées silencieuses sur ce procès, avaient assuré dès 2016 avoir presque totalement éliminé les combattants de Jund al-Khilafa.

"Nous plaçons en la justice algérienne, qui est souveraine, beaucoup d'espoir pour que justice soit rendue après plusieurs années d'instruction", a déclaré à l'AFP Mme Grandclaude début février.

Après son enlèvement le 21 septembre, Jund al-Khilafa avait menacé de l'exécuter si la France ne renonçait pas à ses frappes contre l'EI en Irak. La vidéo de sa décapitation diffusée quelques jours plus tard a provoqué un énorme choc en France et en Algérie. L'armée algérienne, qui a mobilisé environ 3.000 soldats, a retrouvé sa dépouille le 15 janvier 2015 à une vingtaine de km du lieu de son enlèvement.

mots clés de l'article : justice , France , Algérie , Procès , diplomatie , jihadistes

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