Monde par Munich (Allemagne) (AFP) , lundi 11 janvier 2021 à 20:09

Le maestro britannique Simon Rattle va quitter Londres pour Munich

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Ses interprétations régaleront bientôt le public allemand, aux dépens des Britanniques : le maestro Simon Rattle dirigera en 2023 l’un des principaux orchestres de Munich, quittant l’ensemble symphonique de Londres et la scène musicale anglaise qui craint pour son avenir après le Brexit.

Le plus célèbre des chefs d'orchestre britanniques, opposant au Brexit, a signé un contrat de cinq ans avec l'Orchestre symphonique de la radiodiffusion bavaroise (BRSO), a annoncé lundi la formation allemande.

Simon Rattle était depuis 2017 le dirigeant charismatique de l'Orchestre symphonique de Londres (LSO) au pupitre duquel il restera jusqu'en 2023.

Le musicien, qui fêtera ses 66 ans la semaine prochaine, succèdera au Letton Mariss Jansons, qui a conduit l'ensemble bavarois depuis 2003 et jusqu'à son décès fin 2019.

"C'est un honneur de succéder à Mariss Jansons, et je me réjouis de diriger ces merveilleux musiciens dans les années à venir", a déclaré Sir Simon Rattle dans le communiqué de la Radiodiffusion bavaroise.

"Avec sa passion, sa polyvalence artistique et son charisme engageant, il sera un successeur extrêmement digne de Mariss Janons", a affirmé de son côté le directeur de la Radiodiffusion bavaroise Ulrich Wilhelm.

- "Prison culturelle" -

Simon Rattle a expliqué lundi avoir fait le choix de l'Allemagne pour des "raisons uniquement personnelles", alors que sa femme, la mezzo-soprano tchèque Magdalena Kozena, et leurs trois enfants vivent depuis plusieurs années à Berlin.

Le musicien a souligné son attachement au LSO, affirmant y "avoir des plans pour des projets majeurs dans les années à venir".

Très attaché à la dimension européenne de la culture, le chef d'orchestre avait été parmi les signataires d'une lettre anti-Brexit adressée en 2018 par des représentants de l'industrie de la musique à l'ex-Premier ministre Theresa May.

Dans une interview à l'AFP en 2020, il avait qualifié le divorce avec l'Union européenne de "terrible erreur" risquant de faire de son pays une "prison culturelle".

Anobli en 1995 par la reine, Simon Rattle s'était fait un nom à 25 ans lorsqu'il a propulsé l'Orchestre symphonique de Birmingham à un niveau international.

Pendant 16 ans, jusqu'en 2018, il a été directeur musical du prestigieux Orchestre philharmonique de Berlin où il avait comme prédécesseurs les légendaires Claudio Abbado et Herbert von Karajan.

- "Coup dur" -

M. Rattle avait marqué les esprits en dirigeant le LSO sur la bande originale du film "Les Chariots de feu" à la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques d'été de Londres en 2012 avec l'aide d'un certain Mr. Bean.

"Peu de chefs d'orchestre refuseraient une offre du magnifique Orchestre symphonique de la radio bavaroise. De plus, sa vie familiale est basée en Allemagne, il n'est donc pas surprenant qu'il accepte ce poste", a expliqué à l'AFP la critique musicale Jessica Duchen, spécialiste de musique classique.

Ce départ "n'est pas un signe de confiance dans le Royaume-Uni", ajoute-elle.

C'est "un coup dur pour la scène musicale classique britannique", a déploré la BBC.

La fin de la libre circulation entre le continent et le Royaume-Uni depuis le 1er janvier impose à présent à tous les musiciens d'obtenir des visas individuels avant de se déplacer dans tout pays de l'UE, entraînant aussi des coûts supplémentaires.

Les artistes britanniques, qui espéraient une exemption, s'inquiètent pour l'avenir de la scène musicale.

Des médias britanniques ont également mentionné les griefs de Simon Rattle sur le manque d'une salle de concert classique de qualité à Londres.

Il avait déjà déploré les lenteurs du gouvernement britannique à construire une Philharmonie promise depuis longtemps dans la capitale.

Ce projet a été approuvé par les autorités mais fait grincer des dents en raison de son coût (277 millions d'euros) et des interrogations quant à l'utilité d'une telle infrastructure à Londres qui compte déjà le Barbican Centre.

Cadeau de bienvenue à Munich : une nouvelle salle philharmonique accueillant les concerts du BRSO doit voir le jour d'ici son arrivée.

mots clés de l'article : musique , diplomatie , opéra , orchestre , Brexit , GB , Allemagne

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