Monde par Los Angeles (AFP) , vendredi 9 octobre 2020 à 09:46

Karabakh : mobilisation générale dans la communauté arménienne de Los Angeles

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"A la seconde où ça a commencé, on s’est demandé ce qu’on pouvait faire et on s’est mis au travail" : à l’instar de Sosse Krikorian, qui s’affaire à empaqueter de l’aide humanitaire, la communauté arménienne de Los Angeles, l’une des plus importantes au monde, se mobilise pour la "mère-patrie" depuis la reprise des combats au Nagorny Karabakh.

"On estime qu'il y a entre 1,5 et 2 millions d'Arméniens aux Etats-Unis, et probablement un million rien qu'en Californie", explique à l'AFP Nora Hovsepian, présidente du Comité national arménien (ANCA) pour l'ouest des Etats-Unis.

"La population totale de l'Arménie est d'environ trois millions d'habitants, et la diaspora compte entre neuf et dix millions de personnes. Mais nous sommes tous très liés à notre patrie. L'Arménie est sacrée pour nous", poursuit Mme Hovsepian, qui souligne que ses ancêtres "ont fui le génocide" voici plus d'un siècle et qui est elle-même née aux Etats-Unis.

Des combats ont éclaté fin septembre entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan au Nagorny Karabakh, territoire peuplé en quasi-totalité d'Arméniens ethniques, et qui avait fait sécession de l'Azerbaïdjan à la chute de l'URSS. Les deux camps se rejettent mutuellement la responsabilité de la reprise des hostilités, qui ont déjà fait plusieurs centaines de morts selon des bilans officiels très partiels.

Drapeaux aux couleurs de l'Arménie, collecte de fonds dans les petits commerces et entreprises du quartier de "Little Armenia", la communauté de Los Angeles est sur le pont depuis deux semaines. "Tous les Arméniens à qui vous parlez en ce moment veulent faire quelque chose, qu'il s'agisse de donner de l'argent ou des biens, alerter les médias ou leurs élus au Congrès", résume Mme Hovsepian.

De leur côté, des stars d'origine arménienne, comme la chanteuse Cher ou Kim Kardashian, utilisent leur notoriété et les réseaux sociaux pour sensibiliser l'opinion.

- "Mon sang, mes racines" -

Sosse Krikorian, 21 ans, qui a fréquenté des écoles arméniennes depuis la maternelle et veut s'installer en Arménie après l'université, contribue en aidant ses parents et de nombreux autres bénévoles à collecter, trier et emballer de l'équipement médical et des kits de premiers secours. Ils doivent être acheminés jusque sur la ligne de front pour venir en aide aux blessés et nombreux déplacés d'"Artsakh", le nom donné au Nagorny Karabakh par les Arméniens.

"Nous avons déjà expédié plus de 1.000 cartons d'aide médicale et nous avons un autre avion prévu bientôt", se réjouit le père de Sosse, Joe Krikorian.

Patron d'une société de formation aux premiers secours, Joe a fondé voici plusieurs années l'association Code 3 Angels, avec laquelle il effectue régulièrement des missions de formation médicale en Arménie et au Nagorny Karabakh, où il a de nombreux contacts et amis.

"Ils manquent de plein de choses. On reçoit des appels tous les jours On est à court de sutures, on a besoin de garrots; et on essaye d'envoyer ça là-bas aussi vite que possible", explique cet Américain né au Liban voici 48 ans mais qui jure que "l'Arménie, c'est mon sang, mes racines."

Parmi les dizaines de bénévoles qui se relaient dans les locaux de son entreprise, qu'il a momentanément mise en suspens pour se consacrer pleinement à l'aide humanitaire, on compte sa famille mais aussi des employés, des amis libanais et des voisins non Arméniens, détaille-t-il.

Code 3 Angels centralise l'aide médicale mais "il y a une autre ONG qui récupère les vêtements, une autre qui s'occupe de la nourriture, pour que ça ne soit pas n'importe quoi. On est devenus très organisés", lance fièrement Joe.

"Nous avons des centaines et des centaines de pallettes prêtes à partir, ce n'est pas la collecte le problème" mais l'acheminement de cette aide sur place, relève Raffi Sarkissian, l'un des responsables de l'ANCA.

"Le problème, c'est la logistique. On doit survoler certains territoires" et avec les bombardements, rejoindre la capitale du Nagorny Karabakh, Stepanakert, "est très, très risqué", assure ce sexagénaire de Los Angeles, qui s'apprête à partir pour la région avec une petite équipe.

"On veut mettre en place un circuit d'approvisionnement, pour faire venir l'aide depuis les Etats-Unis ou l'Europe, ou de n'importe où ailleurs, jusqu'en Arménie et sur la ligne de front, explique-t-il.

"Pour l'instant, il faut qu'on aille là-bas sur le terrain pour voir avec les autorités locales ce dont elles ont vraiment besoin", insiste M. Sarkissian.

mots clés de l'article : aide , réfugiés , conflit , USA , Azerbaïdjan , Arménie

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