Monde jeudi 21 mai 2020

Guerre Netanyahu vs. Khamenei sur Twitter, sites israéliens piratés

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Combat des mots sur Twitter entre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le guide suprême iranien Ali Khamenei, sites israéliens piratés et allégations d’attaques informatiques contre des installations stratégiques : la rivalité Israël-Iran s’intensifie sur le terrain de la cyberguerre.

Ce nouveau chapitre dans les relations entre les deux ennemis coïncide avec le 20e anniversaire du retrait par l'armée israélienne du Liban-Sud, territoire sous influence du Hezbollah libanais proche de Téhéran, et "Yom Yeroushalayim" en hébreu ou "Rouz Jihani Quds" en persan.

Ce "jour de Jérusalem" a deux significations totalement différentes selon les camps, Israël célébrant son contrôle de la partie orientale de la Ville sainte en 1967 et l'Iran son soutien aux Palestiniens qui s'opposent à l'annexion de Jérusalem-Est et au projet sioniste en général.

"Nous allons soutenir et prêter assistance à toute nation ou tout groupe qui s'oppose et combat le régime sioniste", a ainsi écrit mercredi le guide suprême iranien sur son compte Twitter.

Il a aussi affirmé que la "nature du régime sioniste était incompatible avec la paix car les sionistes cherchent à accroître leur territoire", et accusé Israël de "terrorisme d'Etat".

"Eliminer le régime sioniste ne veut pas dire éliminer les Juifs (...) Mais éliminer Israël", a ajouté le leader iranien, en appelant à chasser des "voyous comme Netanyahu".

- "Solution finale" ? -

Sur sa page web, l'ayatollah Khamenei appelle à une "Palestine libre" avec en sous-titre "la solution finale: la résistance jusqu'au référendum".

"Les menaces de Khamenei de réaliser la solution finale contre Israël rappellent le plan nazi de solution finale pour la destruction du peuple juif", a répliqué dans la nuit le Premier ministre israélien. "Il devrait savoir que tout régime qui menace Israël d'extermination fera face au même danger", a-t-il ajouté.

Le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif a riposté jeudi à M. Netanyahu jugeant "dégoûtant que ceux dont la civilisation a trouvé une solution finale dans les chambres à gaz attaquent ceux qui cherchent une vraie solution par les urnes, par le biais d'un référendum", a-t-il tweeté.

Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo, qui s'est rendu la semaine dernière à Jérusalem pour discuter de l'Iran, a fustigé les commentaires "haineux et antisémites" du guide suprême iranien, et le chef de la diplomatie européenne Josp Borrell a dénoncé des "menaces contre la paix et la sécurité internationale".

De son côté, l'Allemagne a condamné "fermement (...) les appels à la destruction d'Israël", selon une source au ministère des Affaires étrangères, parlant de propos "absolument inacceptables".

Mais après les tweets, Israël s'est réveillé avec une série d'attaques informatiques ciblant des sites internet d'entreprises locales, de municipalités et d'ONG avec pour message: "le compte à rebours pour la destruction d'Israël a commencé il y a déjà bien longtemps".

Un lien mène à une vidéo de Tel-Aviv bombardée, à feu et à sang, avec écrit "soyez prêts pour une grosse surprise" et signé "hackers of the Saviors".

L'attaque n'a causé "aucun dommage aux infrastructures nationales", a assuré à l'AFP le Directorat israélien de la cybersécurité qui n'a pas directement incriminé l'Iran mais avait mis en garde récemment contre des actes de piratages informatiques pour le "jour de Jérusalem iranien".

- "Pieuvre iranienne" -

Plus tôt cette semaine, le Washington Post avait fait état d'une cyberattaque israélienne contre le port iranien de Shahid Rajaei, situé sur le détroit d'Ormuz, voie de passage stratégique pour le trafic pétrolier international. Or elle a été effectuée en représailles à une autre cyberattaque contre des installations hydrauliques civiles en Israël, selon le quotidien américain.

En Israël, les autorités n'ont confirmé aucune des deux attaques, tout en laissant planer le doute par un langage parfois métaphorique.

"La pieuvre iranienne déploie ses tentacules pour nous attraper en différents lieux (...) Nous devons accroître la pression diplomatique, économique, militaire et technologique, et agir dans d'autres secteurs", a déclaré lundi Naftali Bennett, lors de son discours de départ à la tête du ministère de la Défense.

Avant les dernières attaques informatiques, Israël avait bombardé des cibles pro-iraniennes dans la Syrie voisine.

Depuis le début en 2011 du conflit en Syrie, l'Etat hébreu y a mené des centaines de frappes contre les forces de Damas mais aussi contre celles de l'Iran, du Hezbollah et autres groupes pro-Téhéran, qui participent à la guerre aux côtés du régime.

Sous pression en raison de ces bombardements et la crise du coronavirus, l'Iran, pays le plus affecté au Moyen-Orient par la pandémie, est désormais en "position de retrait" en Syrie, a affirmé jeudi l'armée israélienne. "Les Iraniens tentent définitivement de nouvelles manières de combattre Israël".

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