Monde par Londres (AFP) , vendredi 13 novembre 2020 à 17:45

Décès de l’"éventreur du Yorkshire", l’un des pires criminels britanniques

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L’un des pires criminels de l’histoire du Royaume-Uni, Peter Sutcliffe, surnommé l’éventreur du Yorkshire pour le meurtre de 13 femmes et condamné à la prison à vie, est décédé vendredi, a annoncé un porte-parole du ministère de la Justice.

Sutcliffe, 74 ans, avait été récemment testé positif au nouveau coronavirus, selon les médias britanniques, maladie s'ajoutant à divers problèmes de santé. Le ministère de la Justice a refusé de commenter, indiquant simplement qu'il était décédé à l'hôpital.

"Peter Sutcliffe était un individu dépravé et malfaisant, dont les crimes ont causé des souffrances inimaginables et consterné le pays", a déclaré un porte-parole du Premier ministre Boris Johnson.

"Rien n'effacera jamais le mal qu'il a causé, mais il est juste qu'il soit mort derrière les barreaux pour ses meurtres barbares", a-t-il ajouté, affirmant que "les pensées" du dirigeant allaient aux victimes et à leurs proches.

Peter Sutcliffe avait été condamné en 1981 à la prison à vie pour avoir tué 13 femmes dans le Yorkshire et le nord-ouest de l'Angleterre entre 1975 et 1980, et avoir tenté d'en tuer sept autres.

L'éventreur du Yorkshire mutilait le corps de ses victimes en utilisant un marteau, un tournevis et un couteau, ce qui lui avait valu son sinistre surnom. Il avait prétendu être chargé d'une "mission divine" le poussant à tuer des prostituées, même si toutes ses victimes n'étaient pas des travailleuses du sexe.

Diagnostiqué comme un schizophrène paranoïaque, il avait passé trente ans interné dans un hôpital psychiatrique avant d'être détenu dans une prison à Durham (nord-est).

Sutcliffe avait réussi à échapper aux enquêteurs pendant des années grâce notamment à une série d'erreurs de la police. Il avait finalement reconnu ses crimes en 1981 après avoir été arrêté parce que sa voiture portait une fausse plaque d'immatriculation.

- "Sorte de dénouement" -

L'ex-inspecteur Bob Bridgestock, qui avait travaillé sur l'enquête, a reconnu sur la BBC que les officiers supérieurs "portaient des œillères pendant l'enquête", appelant désormais à "se souvenir des victimes, pas du tueur".

"La nouvelle d'aujourd'hui va leur rappeler de très tristes souvenirs", a-t-il compati, souhaitant que cela leur apporte "une sorte de dénouement".

C'est exactement ce qu'a ressenti "à un certain degré" Richard McCann, le fils de Wilma McCann, première victime reconnue du tueur, assassinée en 1975 lorsque son fils n'avait que 5 ans.

"Chaque fois que nous entendions un reportage sur lui, où des photos de ma mère ont souvent été montrées, c'était juste un autre rappel de ce qu'il avait fait", a confié à la BBC le quinquagénaire. "Le point positif est que nous entendrons moins parler de lui" désormais.

Marcella Claxton, l'une des sept victimes à avoir échappé au tueur, a exposé vendredi sur Sky News les séquelles qu'a engendrées la tentative de meurtre subie en 1976, à Leeds (nord).

"Je dois vivre avec mes blessures, 54 points de sutures dans la tête, ainsi qu'avec la perte de mon bébé, car j'étais enceinte de quatre mois", a confié celle qui a "toujours des maux de tête, des vertiges et des trous de mémoire".

En 2006, un rapport secret commandé en 1981 par le gouvernement sur le déroulement de l'enquête révélait que Peter Sutcliffe aurait en réalité commis bien plus de crimes que les 13 meurtres et sept tentatives de meurtres pour lesquels il a été condamné.

mots clés de l'article : homicide , décès , Criminalité , prison , prisonniers , GB

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