Monde par Rangoun (AFP) , lundi 15 novembre 2021 à 15:16

Birmanie : le journaliste américain Danny Fenster libéré et expulsé du pays

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Le journaliste américain Danny Fenster, détenu en Birmanie depuis mai pour terrorisme, a été libéré et sera expulsé du pays sous peu, a déclaré lundi à l’AFP un porte-parole de la junte militaire au pouvoir.

Danny Fenster "est emmené" dans la capitale Naypyidaw depuis Rangoun où il était emprisonné depuis 176 jours et sera expulsé, a ajouté une autre source gouvernementale qui a requis l'anonymat.

Agé de 37 ans, le journaliste, qui travaille pour le magazine Frontier Myanmar, avait été arrêté en mai dernier alors qu'il tentait de quitter le pays et était détenu depuis à la prison d'Insein près de Rangoun.

"Nous pouvons confirmer qu'il a été libéré et qu'il sera expulsé. Des détails seront communiqués ultérieurement", a déclaré le porte-parole de la junte Zaw Min Tun.

Une source officielle à l'aéroport de Naypyidaw, requérant l'anonymat, a confirmé le départ de Fenster mais n'a pas révélé la destination du vol.

La semaine dernière, il avait été condamné à 11 ans de prison pour incitation contre l'armée et association illégale.

Il devait comparaître mardi devant un tribunal pour terrorisme et sédition, et encourait pour cela la prison à vie.

- "Il n'avait rien fait de mal" -

"C'est une merveilleuse nouvelle pour tous ses amis et sa famille", a déclaré à l'AFP son collègue de Frontier Myanmar Andrew Nachemson.

"Mais bien sûr, il n'aurait jamais dû passer six mois en prison... et tous les journalistes locaux qui restent emprisonnés devraient également être libérés immédiatement."

Au début du mois, l'ancien diplomate américain et négociateur d'otages Bill Richardson a rencontré le chef de la junte Min Aung Hlaing dans la capitale Naypyidaw.

M. Richardson avait alors déclaré que le département d'État américain lui avait demandé de ne pas évoquer le cas de M. Fenster lors de sa visite.

Fenster aurait contracté le Covid-19 pendant sa détention, ont déclaré des membres de sa famille lors d'une conférence téléphonique avec des journalistes américains en août.

"C'est une nouvelle fantastique pour Danny et sa famille", a déclaré à l'AFP Richard Horsey, spécialiste de la Birmanie à l'ONG International Crisis Group, selon qui "il n'avait rien fait de mal et n'aurait jamais dû subir cet enfer".

"Il est également important en ce moment de se souvenir des nombreux journalistes birmans qui sont injustement détenus, et qui doivent également être libérés", a-t-il ajouté.

La Birmanie a sombré dans le chaos depuis le putsch militaire du 1er février qui a mis fin à une parenthèse démocratique de 10 ans.

Le régime poursuit une sanglante répression contre ses opposants avec plus de 1.200 civils tués et plus de 7.000 en détention, selon l'Association d'assistance aux prisonniers politiques (AAPP). Cette ONG locale signale des cas de tortures, de viols et d'exécutions extra-judiciaires.

La presse est muselée par la junte qui tente de renforcer son contrôle de l'information, limitant l'accès à l'internet et annulant les licences des médias.

Plus de 100 journalistes ont été arrêtés depuis le putsch, selon Reporting ASEAN, une association de défense des droits, qui souligne que 31 d'entre eux sont toujours en détention.

L'ancienne cheffe du gouvernement civil Aung San Suu Kyi, 76 ans, est actuellement jugée pour différents motifs qui peuvent la conduire en prison pour des décennies.

mots clés de l'article : armée , politique , presse , médias , coup , Birmanie

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