Métropole par Paris (AFP) , lundi 15 novembre 2021 à 21:50

Un plan pour contrer la prostitution des mineurs, "en pleine expansion"

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Formation des professionnels en contact avec les enfants, pression sur les plateformes de location d’appartements, cyber-enquêteurs : le gouvernement a présenté lundi le premier plan national de lutte contre la prostitution des mineurs, appelant à "ouvrir les yeux" sur un phénomène "en pleine expansion", selon le secrétaire d’Etat à l’Enfance, Adrien Taquet.

"La première vertu de ce premier plan national de lutte contre la prostitution des mineurs est que nous prenions tous collectivement conscience de ce phénomène, qui concerne entre 7.000 et 10.000 enfants, mais est en progression constante", a déclaré M. Taquet lors d'une conférence de presse.

Doté de 14 millions d'euros, ce plan interministériel (Enfance, Intérieur, Justice, Education nationale, Numérique, Ville, Tourisme et Egalité femmes-hommes) sera déployé sur neuf mois en 2021 et 2022.

Le premier volet consistera à mieux connaître un phénomène encore largement méconnu, grâce au financement de projets de recherche.

"Le secteur associatif évalue le nombre de mineurs prostitués dans une fourchette entre 7.000 et 10.000, mais cela reste approximatif et peut-être en-deçà de la réalité", indiquait le rapport Champrenault, remis au gouvernement en juillet et qui a inspiré les mesures du plan.

Pour accompagner les familles démunies face à leur enfant, le gouvernement va mettre en place "une plateforme d'écoute unique" et entend "mailler le territoire d'associations spécialisées".

Il s'agira ensuite de "sensibiliser les enfants eux-mêmes à l'école et former l'ensemble des professionnels en contact avec eux, communauté éducative, travailleurs sociaux, forces de police et gendarmerie", a expliqué M. Taquet.

Alors qu'internet est de plus en plus le lieu de recrutement pour la prostitution et le moyen d'organiser les rendez-vous, les travailleurs sociaux auront des moyens renforcés pour effectuer des "maraudes numériques": aller "sur les réseaux sociaux pour repérer les victimes qui publient des annonces afin de nouer un premier contact".

Le gouvernement veut aussi mettre la pression sur les plateformes de location d'appartements, où se déroulent de plus en plus les rencontres.

"Pendant la présidence française de l'Union européenne, au premier semestre 2022, je porterai devant le Conseil européen des mesures pour imposer aux plateformes d'hébergement locatives une obligation de répondre dans les enquêtes concernant la traite ou le proxénétisme de mineurs", a déclaré le garde des Sceaux, Eric Dupond-Moretti, lors de la conférence de presse.

Un "magistrat référent" sera désigné dans chaque tribunal. Du côté des forces de l'ordre, le gouvernement entend "renforcer les capacités d'enquêteurs sous pseudonymes" et développer les "enquêtes sur le cyberproxénétisme".

"Une partie de la délinquance migre vers le cyber, ce sera de plus en plus le cas. Nous devons nous donner les moyens technologiques et la formation de suivre cette criminalité cyber", a déclaré le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin.

mots clés de l'article : tourisme , enfants , internet , femmes , gouvernement , police , hôtellerie , adolescents , Prostitution

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