Toutes les otages du bar-PMU de Blagnac libérées

© afp.com - Pascal PAVANI

Les quatre femmes retenues en otages depuis mardi après-midi par un jeune homme de 17 ans dans un bar-PMU de Blagnac, près de Toulouse, ont été libérées "saines et sauves" en début de soirée.

Peu avant 21h30, le preneur d'otage, armé, qui avait déclenché son action à 16H20, était toutefois "toujours retranché dans le bar-tabac", a indiqué le préfet de Haute-Garonne et d'Occitanie Etienne Guyot, lors d'un point de presse sur les lieux.

Une première femme a été libérée vers 20h00, avant que les trois autres ne soient aussi relâchées, selon la même source. Il s'agissait de la patronne de l'établissement et d'employées.

"Les femmes ont été libérées, saines et sauves, en bonne santé, après de longues heures de négociation", a ajouté le préfet.

Le preneur d'otages, un jeune homme de "presque 18 ans, était défavorablement connu pour des affaires de violences, sur les forces de l'ordre notamment, de vol, mais aussi pour sa participation en décembre à une manifestation de gilets jaunes, où il avait été interpellé", selon le procureur de Toulouse, Dominique Alzeari.

- "assez dépressif" -

"Ce n'était pas non plus quelqu'un de classé comme dangereux", a précisé M. Alzeari.

Il a laissé à son domicile "un courrier, où il semble assez dépressif, ou en tout cas préoccupé par son état de santé, et il fait une allusion au mouvement des gilets jaunes mais en assurant que l'acte qu'il voulait commettre n'irait pas au-delà de cette démarche finalement un peu spectaculaire", selon le procureur.

La piste terroriste avait rapidement été écartée par les enquêteurs

Le suspect avait tiré deux fois en l'air au début de la prise d'otages, selon une source proche du dossier. Il "aurait déclaré que, si la police intervenait, il tirerait sur les forces de l'ordre", a-t-elle ajouté.

Le preneur d'otage est "droit dans ses baskets avec une famille carrée", a affirmé aux médias un livreur venu sur les lieux après, dit-il, avoir été alerté par le père du preneur d'otage, qu'il fréquentait.

Selon lui le jeune homme, prénommé "Yanis", est originaire du quartier populaire Bélisaire de Blagnac. Un livreur a affirmé avoir vu la mère du preneur d'otage escortée à deux reprises vers le PMU par la police.

- "Très calme" -

Peu avant l'annonce de la libération, un homme affirmant avoir pu parler au téléphone avec la patronne de l'établissement s'était voulu rassurant devant les médias.

La patronne "m'a expliqué qu'ils allaient bien et qu'il a libéré quelqu'un apparemment, il est en train de négocier, il est très calme, il n'y a aucun souci", a affirmé cet homme, Jamel El-Béchir.

Des policiers en faction autour du périmètre de sécurité ont confirmé qu'il s'était présenté à eux comme le compagnon d'une des otages, une femme de 31 ans.

En début de soirée, l'unité centrale du Raid et celles de Toulouse et Bordeaux restaient déployées sur les lieux, autour desquels un périmètre de sécurité a été mis en place.

"Sur les coups de 16H30, 16H45, j'étais dehors quand un policier, arme au poing, m'a dit de rentrer car il y avait une prise d'otage", a raconté à l'AFP un employé d'une agence de voyage située en face du bar-PMU, Jean-Baptiste Boutié.

Les policiers ont ensuite fait évacuer la quarantaine de salariés de cette agence.

Très fréquenté, avec "beaucoup de passage en fin d'après-midi" selon M. Boutié, ce bar-PMU est tenu depuis une quarantaine d'années par la même propriétaire, a précisé la mairie.

Plusieurs habitants ont été retenus au barrage policier, ont-ils témoigné à l'AFP.

"J'étais en train de cuisiner et suis sorti pour quelques courses et je ne peux pas rentrer", a expliqué Nicolas, 37 ans, un voisin.

mots clés de l'article : Enquête , police , otages , crime

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