Pyrénées : lancement de la saison de ski grâce à la neige précoce

© afp.com - RAYMOND ROIG

"Les saisons se suivent et ne se ressemblent pas" : un tiers des stations de ski des Pyrénées vont ouvrir leurs domaines ce week-end surfant sur une arrivée précoce de la neige et du froid, après une saison en demi-teinte l’hiver dernier.

"Cela faisait quelques hivers que nous n'avions pas eu un démarrage aussi précoce, avec de fortes précipitations et des plages de froid qui ont permis de produire beaucoup de neige de culture", se félicite Blandine Vernardet, directrice adjointe du Grand Tourmalet (Hautes-Pyrénées), l'une des plus importantes stations des Pyrénées françaises, qui ouvre ses portes dès samedi.

"Ca ne peut pas mieux débuter" fait écho Eric Charre, directeur de Porté-Puymorens (Pyrénées-Orientales), qui a ouvert une partie de son domaine dès le 16 novembre. "Les conditions sont parfaites" et "la moitié du domaine ouvert l'est sur de la neige naturelle".

Au vu des charges d'exploitation importantes, "on prend quand même un risque en ouvrant plus tôt", relève Hakim Boufaid, directeur adjoint à Saint-Lary-Soulan (Hautes-Pyrénées), dont la station annonce 1 mètre 40 de neige en haut des pistes.

Il se dit toutefois "très optimiste" avec "des vacances de Noël qui s'annoncent prometteuses car il faudrait vraiment quelque chose d'exceptionnel pour que cela fonde d'ici-là".

- "Variabilité" -

L'an dernier, les stations pyrénéennes avaient connu un hiver en demi-teinte en raison d'un important déficit d'enneigement et de froid en début de saison, contraignant la majorité d'entre elles à repousser leurs dates d'ouverture.

Malgré un rebond en février le bilan s'était soldé par des chutes de fréquentation pouvant aller jusqu'à 25%, le cas de Superbagnères (Haute-Garonne).

Claude Weiss, responsable commercial des stations de Gourette et de La Pierre Saint Martin (Pyrénées-Atlantiques) se garde de trop tabler sur l'embellie de ce début de saison: "Avec la variabilité de notre activité, c'est impossible de compter sur une saison future pour amortir une saison moyenne ou mauvaise".

Même prudence pour Georges Vigneau, directeur de quatre stations ariégeoises, dont seul le plateau de Beille, le plus haut perché, ouvrira le week-end.

"Les saisons se suivent et ne se ressemblent pas, C'est sûr que ça part sous de meilleures augures. Mais on peut avoir un temps fabuleux à Noël, et des vacances de février moyennes, ce qui mangerait toute la saison, février représentant 60% de notre chiffre d'affaire".

- Danse des températures -

Le changement climatique entre aussi dans l'équation économique: "On peut très bien avoir dix degrés en janvier, avec le vent qui change trois fois de direction en une journée. Ce sont des phénomènes que l'on voit augmenter ces dernières années. On a besoin d'une réactivité sans faille parce que tout peu changer en très peu de temps", note Eric Charre.

"On ne peut pas nier qu'il y a un souci météorologique, surtout avec ces grandes variations de températures que l’on connaît aujourd’hui. On va passer en 24H de -5 à +15 et ça, il y a 25 ans, ça n'existait pas", abonde Georges Vigneau.

"Les stations de basse altitude auront de plus en plus de soucis" s'inquiète-t-il. "Mais on a quand même réussi à améliorer les durées et la fiabilité d'ouverture. On sait mieux travailler désormais, et avec des équipements plus performants".

"On se rend compte sur les dernières années que le cœur de saison, de janvier à avril, se déroule tout à fait bien, quelque soit les aléas climatiques. Par contre, ne pas faire les vacances de Noël, c'est 20% de chiffre d'affaire en moins et ça impacte lourdement la saison", note pour sa part Blandine Vernardet.

Les stations pyrénéennes devraient connaître un nouvel épisode neigeux ce week-end, suivi d'un fort rafraîchissement en début de semaine prochaine, selon Stéphane Lemoigne, prévisionniste chez Météo-France à Tarbes.

Le massif pyrénéen représente environ 10% du marché du ski français, un des plus importants au monde.

L'épaisseur de neige pourrait y diminuer de moitié et les températures maximales moyennes augmenter de 1,4 à 3,3 degrés d'ici à 2050, selon l'Observatoire Pyrénéen du Changement Climatique (OPCC).

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