Métropole par Lyon (AFP) , mercredi 6 octobre 2021 à 15:07

Pédocriminalité dans l’Eglise : les catholiques lyonnais sidérés face à la "vérité"

image description
image description

"Je tombe de haut" : à Lyon, où la libération de la parole sur les abus sexuels dans l’Eglise a créé un choc dès 2016, les catholiques accusent encore le coup face aux conclusions accablantes de la Commission Sauvé.

"C'est bien que la vérité vienne au grand jour, la religion catholique, c'est la paix et l'amour entre les Hommes mais quand on voit tous ces crimes, je tombe de haut", s'indigne Yolande Ormancey, 63 ans.

"J'attends de ce rapport que les criminels soient punis et qu'un soutien soit apporté aux victimes dont la vie a été abîmée", ajoute cette pratiquante venue prier à la Basilique de Fourvière.

Dans ce haut lieu du catholicisme de la capitale des Gaules, l'office s'est tenu mardi "dans des circonstances particulières", comme l'a dit le père Jean-Eudes Chavannat en appelant les fidèles à prier "dans un esprit de repentance".

Rendues publiques mardi matin, les conclusions du rapport de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église (Ciase) depuis 1950, présidée par Jean-Marc Sauvé, font état d'un phénomène "au caractère systématique" qui a fait 216.000 mineurs victimes.

"Personnellement, ce rapport me bouleverse, m'écoeure et me scandalise", a commenté l'archevêque de Lyon, Mgr Olivier de Germay, au cours d'un point de presse en estimant que "l'Eglise n'a pas su ou pas voulu voir ce qui se passait".

Pour Katagena, une enseignante polonaise de 26 ans, à la sortie de la messe matinale d'une autre église lyonnaise du VIIIe arrondissement, "il est extrêmement important de dire la vérité". "Pour les victimes touchées par cet événement, cette catastrophe, c'est sûr que ça laisse des traces", déplore-t-elle, évoquant la nécessité de "dire pardon" et assurant "garder confiance en Dieu".

"Le ménage qui doit être fait commence par l'Eglise, c'est très bien", lance d'une voix énergétique une autre catholique, Martine Buhrig, qui attend que "les autres institutions médicales, éducatives" fassent de même.

- "Maladie" -

Les retentissantes affaires Preynat et Barbarin ont déjà fortement déstabilisé la vie de la communauté catholique lyonnaise ces dernières années.

En 2016, l'association La Parole libérée - dissoute depuis - dénonçait publiquement les agressions du père Bernard Preynat sur environ 70 jeunes scouts entre 1986 et 1991. Et reprochait au cardinal Philippe Barbarin, à l'époque archevêque de Lyon, de ne pas en avoir informé la justice alors qu'il avait eu connaissance de ces actes.

"On a pu parfois se sentir agressés par de telles associations, mais il faut bien reconnaître qu'elles ont permis de faire avancer les choses. C'est en partie grâce à La Parole libérée que l'Eglise a mandaté une commission indépendante" ayant abouti au rapport Sauvé, a souligné devant la presse Mgr de Germay, le successeur du cardinal Barbarin.

Bernard Preynat, défroqué, a été condamné en 2020 à cinq ans d'emprisonnement ferme. Quant au cardinal Barbarin, condamné en première instance en 2019 à six mois de prison avec sursis pour non-dénonciation d'agressions sexuelles sur mineurs, il a été relaxé en appel un an plus tard avant de quitter Lyon.

Le recteur de Fourvière Yves Guerpillon, sollicité par des journalistes à la sortie de la messe, évoque la "résonance particulière" de ce "jour de deuil, de tristesse" à Lyon "parce qu'on y est sensibilisé depuis longtemps" avec l'affaire Preynat.

Pour Soeur Monique, 75 ans, de la communauté Jésus-Marie, tout près de Fourvière, "il faut prier à la fois pour les victimes et pour les prêtres".

Les premières "pour qu'elles ne restent pas enfermées avec leur souffrance", et les seconds "pour qu'ils cherchent une aide pour contrôler cette pulsion car c'est une maladie".

Virginie Racineau, catholique pratiquante de 46 ans, établit "une vraie connexion (entre cette histoire) et le fait que les prêtres ne peuvent pas se marier".

"Comment l'Eglise catholique n'a-t-elle pu évoluer avec son temps ? Il n'y a pas ces problèmes chez les orthodoxes ou les protestants", souffle-t-elle avant l'office matinal de Fourvière.

"J'espère que (le rapport) mettra un terme à ces pratiques barbares, ça a le mérite d'être rendu public. Aux familles aussi d'être plus vigilantes".

mots clés de l'article : enfants , religion , Agression , CATHOLIQUE

Publicité
Publicité
Publicité

Ces articles pourraient aussi vous intéresser

Publicité

Liens commerciaux

Pourquoi acheter en ligne
image description Promos exclusives
image description Paiement 100% sécurisé
image description Livraison gratuite sous 72h
image description À vos cotés 24h/24
image description 14 jours pour changer d’avis