Ouverture du procès d’un père incestueux pour le meurtre de sa fille, mère de son fils

© AFP - CHARLY TRIBALLEAU

Le procès d’un père incestueux accusé du meurtre en 2014 de sa fille et ex-compagne, et de celui d’un garagiste qui hébergeait la jeune femme, s’est ouvert lundi devant les assises de l’Eure.

La cour a rejeté les demandes de huis clos formulées notamment par l'avocate du fils que l'accusé a eu avec sa fille, âgé aujourd'hui de 16 ans. Le jeune homme est partie civile mais n'était, selon son conseil, pas présent dans la salle d'audience lundi.

Les deux frères et les deux soeurs de la jeune femme, qui était l'aînée d'une fratrie de cinq, étaient présents à l'ouverture du procès en tant que parties civiles.

Denis Mannechez, 56 ans, est poursuivi pour "homicide volontaire avec préméditation" sur sa fille, Virginie, qui était âgée de 33 ans, et pour le meurtre de l'employeur de la jeune femme, le gérant d’un garage automobile de 31 ans, à Gisors (Eure). La compagne du garagiste, également partie civile, assistait aussi à l'audience lundi.

L'accusé, qui a perdu l'usage de la parole à la suite d'une tentative de suicide le jour des faits le 7 octobre 2014, comparaît en chaise roulante. Vêtu d'un jogging et d'une veste noire, il est accompagné par une aide soignante.

Il répond aux questions soit par un signe de la main soit avec une tablette tactile, les réponses s’affichant sur trois écrans installés dans la salle d’audience.

Denis Mannechez a déjà été condamné en 2011 puis en appel en 2012 à cinq ans de prison, dont trois avec sursis pour des viols commis sur deux de ses filles dont Virginie. Leur mère avait été condamnée pour complicité.

Après sa sortie de prison fin 2013, Denis Mannechez a vécu en couple avec sa fille Virginie et leur enfant jusqu'à ce que, quelques semaines avant les faits, la jeune femme quitte le domicile et coupe toute relation avec son père.

La cour d’assises de l'Eure a commencé lundi à examiner la personnalité de l'accusé qui a eu selon son entourage "une enfance difficile à la suite du divorce de ses parents et d'une mésentente avec sa belle-mère", a expliqué le président de la cour Jean-Christophe Chazalette, précisant que Denis Mannechez était présenté comme "donnant entière satisfaction sur le plan professionnel mais pouvant aussi se montrer impulsif et (...) ne supportant pas la contradiction".

Jusqu'alors l’accusé a reconnu avoir tiré à plusieurs reprises sur les deux victimes, mais sans l’intention de les tuer, selon son avocat.

Les témoins doivent être entendus à partir de jeudi et jusqu'au 11 décembre et le réquisitoire de l'avocat général est pour l'instant prévu le lundi 17 décembre, pour un verdict le mardi 18. Les audiences n'ont lieu que de 13H30 à 18H00, en raison de l'état de santé de l'accusé qui encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

mots clés de l'article : Agression , homicide , Procès , assises , viol , inceste , 27

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