Métropole par Chambéry (AFP) , mardi 4 mai 2021 à 19:39

Nordahl Lelandais, homme ordinaire ? Une image mise à mal par ses ex-partenaires

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A la barre de son procès pour le meurtre du caporal Arthur Noyer, Nordahl Lelandais se présente en homme ordinaire, malgré son instabilité et la dépression, mais d’anciennes compagnes entendues mardi ont dépeint un personnage jaloux et impulsif.

Enfant tranquille, adolescent sans histoire, militaire ni brillant, ni défaillant, amoureux vagabond, partenaire sexuel actif, travailleur intermittent, fêtard: les témoins qui ont défilé au premier jour du procès devant les assises, à Chambéry, ont dépeint un parcours ne ressemblant guère à celui d'un meurtrier.

Sa mère Christiane Lelandais assure n'avoir "rien eu à redire sur cet enfant". A l'évocation des meurtres du caporal de 23 ans en avril 2017 et de la petite Maëlys, huit ans, quelques mois plus tard, elle dit: "je l'ai pas vu venir."

Lorsque Alain Jakubowicz rencontre pour la première fois son client en septembre 2017, il lui apparaît "comme une sorte de paumé, fruit de notre époque et de notre société", écrit-il deux ans plus tard dans un livre.

"En dehors de sa passion pour les chiens et les motos, rien ne semblait l'intéresser", racontait alors l'avocat de 68 ans.

- "J'envoie tout valdinguer" -

Né le 18 février 1983 à Boulogne-Billancourt, près de Paris, Nordahl Lelandais arrive à 7 ans à Domessin, en Savoie, avant d'y redéposer ses valises à 22 ans, après quatre ans d'armée comme maître-chien, une expérience raccourcie pour infirmité et conflit avec ses supérieurs.

Jusqu'à cette meurtrière année 2017, "Nono" vit autour de Chambéry (souvent chez ses parents) pendant 12 ans comme vendeur, manutentionnaire, ambulancier, lance sans succès en 2010 une entreprise de dressage canin, reprend des missions comme cariste en intérim.

"A 34 ans, il avait à peu près tout échoué", résume son avocat.

"En dehors de quelques compagnons de sortie qui avaient fait leur vie et ne se soucieraient plus beaucoup de lui, ses relations sociales se limitaient à la recherche de partenaires sexuelles sur les réseaux sociaux", écrit Me Jakubowicz.

L'enquête a établi qu'il utilisait deux lignes téléphoniques: l'une pour ses proches et sa famille, l'autre pour ses relations parfois sans lendemain et, plus rarement, avec des hommes.

Fin 2016, début 2017, d'une relation amoureuse à l'autre, quelque chose se brise: "je vagabonde" puis "j'envoie tout valdinguer", a-t-il déclaré lundi. Dans les semaines précédant cette nuit d'avril 2017 où il frappe à mort Arthur Noyer, il augmente sa consommation de cocaïne.

Une expertise psychiatrique mentionne "une tendance à la mythomanie" et une "très faible tolérance à la frustration".

Mardi, plusieurs anciennes compagnes ont affirmé avoir connu "la peur" à ses côtés avant 2017, surtout au moment où les relations se délitaient, alors que d'autres précisaient n'avoir jamais subi de violence à ses côtés.

L'une de ses dernières compagnes, incapable de mentionner des faits concrets et très changeante dans ses déclarations, affirme que Nordahl Lelandais a "voulu (la) tuer", décrivant un homme "mythomane" et dangereux qui la "terrorisait".

Une autre, qui l'a connu à l'été 2014, raconte une "rupture dure et violente" assortie de menaces. "Je vais te faire bouffer le carrelage!", lui aurait-il lancé.

Un homme avec lequel il a eu des relations sexuelles n'a en revanche décrit mardi aucune violence ni agression verbale, comme deux autres partenaires occasionnels cités, ajoutant que l'accusé n'a jamais outrepassé leur consentement.

mots clés de l'article : Agression , homicide , Procès , assises73

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