Manifestation des "gilets jaunes" : heurts à Nantes, 26 interpellations

© afp.com - Sebastien SALOM-GOMIS

Environ 2.200 "gilets jaunes" ont défilé samedi à Nantes, une manifestation marquée par des heurts avec les forces de l’ordre qui ont conduit à 26 interpellations, a-t-on appris de sources concordantes.

Selon une source policière, quelque 2.200 personnes, dont Maxime Nicolle, dit "Fly Rider", ont d'abord commencé à défiler dans le calme.

"La première violence est la violence financière et psychologique qu’il y a tous les jours chez les gens qui crèvent la dalle chez eux", a dit M. Nicolle. "Il n’y a jamais eu autant de gens dans les rues pendant autant de temps. Nous on a du temps, les gens sont motivés", a-t-il ajouté.

Vers 15H00, une équipe de la Brigade anti-criminalité (BAC) a traversé une rue et a été victime de jets de projectiles par des manifestants, conduisant à une intervention des forces de l'ordre et des tirs de LBD.

Un journaliste reporter d'images (JRI) de la chaîne d'information CNews a dit avoir été touché par un tir de LBD et a été pris en charge par des "street medics" (secouristes de rue). "J'ai reçu un tir de LBD au niveau du bas ventre, je vais bien car ma ceinture abdominale a permis d'atténuer le choc", a dit Stéphane Perrier à l'AFP.

A la fin de la manifestation, à la suite de l'usage de gaz lacrymogènes le cortège s'est éparpillé le long de la Loire, avec à nouveau des heurts et des dégradations de mobilier urbain et de magasins.

L'après-midi a également été marqué par un épisode de vive tension sur le quai de la Fosse. "Un automobiliste a tenté de forcer un barrage" ce qui a conduit des gendarmes à "sortir leur arme". Puis "l'automobiliste a fait demi-tour", a indiqué la préfecture de Loire-Atlantique.

Les forces de l'ordre "n'ont pas fait usage de leur arme, ça s'est arrêté là. Aucun coup de feu n'a été tiré, on ne peut pas parler d'un manque de sang froid", a ajouté la préfecture, précisant qu'une enquête de police avait été ouverte.

"On a limité les dégâts par rapport à ce qui était prévu par certains, c'est aussi dû au dispositif préventif", a noté la préfecture.

Le préfet de Loire-Atlantique Claude d'Harcourt avait en effet dit dans la semaine redouter "le rassemblement de 500 membres de l'ultragauche" lors de la manifestation. Il avait indiqué la présence "d'un niveau de forces de l'ordre inédit", sans en préciser les effectifs, dans une des villes françaises où la fronde des "gilets jaunes" a été l'une des plus importantes.

mots clés de l'article : social , manifestation , gouvernement , fiscalité , police , télévision

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