Jeune femme violée et séquestrée deux mois à Calais : 3 personnes mises en examen

© AFP - Bernard BARRON

Pendant près de deux mois, une jeune fille de 18 ans a été séquestrée et violée dans une maison de Calais : deux frères et l’épouse du cadet ont été mis en examen vendredi notamment pour viols avec tortures et actes de barbarie.

Début octobre, une jeune fille de 18 ans, issue d'un milieu modeste, se dispute avec son père qui l'héberge à Dunkerque. Elle prend la route de Calais, à une trentaine de kilomètres à l'ouest, et est accueillie par des connaissances, deux frères âgés de 19 et 22 ans et l'épouse du cadet, 37 ans, dans un quartier populaire de la ville.

Rapidement, la femme, "par jalousie", craint que "cette jeune fille, qui a quasiment le même âge que son conjoint, ne le séduise", a expliqué à l'AFP le procureur de la République à Boulogne-sur-Mer, Pascal Marconville, confirmant une information de "La Voix du Nord".

Les premières humiliations débutent, puis des viols "auxquels la femme a aussi participé", d'après la même source.

Sous l'emprise totale du trio - qui a reconnu les faits - et ne connaissant personne à Calais, la jeune fille, en dépit de la maltraitance subie, "revenait invariablement au domicile des intéressés" dans cette maison mitoyenne d'un étage, typique du Nord.

Parmi les sévices endurés, elle devait manger les excréments du chat, boire de l'urine ou ingurgiter des mégots de cigarettes trouvés dans la rue.

Certains voisins ont bien vu cette adolescente dans la rue mais elle n'a pas répondu aux tentatives de secours, d'après le parquet.

En outre, le trio a demandé une rançon au père de la victime, qui a déposé plainte au commissariat. De manière quasi concomitante, la jeune fille est finalement parvenue à se sauver par une fenêtre et à gagner une pharmacie. C'est le pharmacien qui a ensuite appelé les secours.

"On a très vite identifié l'intéressée et son père même si elle avait du mal à s'exprimer car elle était dans un état catastrophique", a dit M. Marconville.

- traumatismes psychologiques -

Les trois mis en cause ont été placés en garde à vue mercredi en début d'après-midi. D'un niveau intellectuel très faible, ils vivent dans des conditions très modestes et sont sans emploi. S'ils ont quelques antécédents au fichier de la police, ils n'ont commis aucun délit ou crime grave, d'après le parquet.

Dans le quartier, certains voisins ont dit vendredi avoir vu cette jeune femme errer "comme une marginale ou une vagabonde", portant des traces de coups et de blessures.

Selon Tanguy Delloye, propriétaire d'un magasin de primeurs à environ 200 m de la maison, la jeune fille "avait l'habitude de ramasser des mégots sur les trottoirs". "Elle était en survêtement et en basket recroquevillée sur elle-même et triste. L'autre matin je l'ai vue avec le crâne rasé pleine de bleus et de brûlures. C'est pas normal pour une gamine de 18 ans d'être comme ça", a-t-il dit.

La victime, qui a été hospitalisée, présente des traces de brûlures sur tout le corps, des hématomes ainsi que des traumatismes psychologiques très importants, d'après le parquet.

"Elle est toujours entre les mains des médecins, qui la prennent en charge", a dit M. Marconville. Les faits se seraient échelonnés entre le 1er octobre et le 28 novembre, a-t-il précisé.

Les trois mis en cause ont été mis en examen en fin de journée pour "viols avec torture et actes de barbarie", "enlèvement, séquestration, détention arbitraire avec actes de torture et de barbarie" et "tentative d'extorsion de fonds", pour la demande de rançon. Conformément aux réquisitions du parquet, les deux hommes ont été placés en détention provisoire tandis que la décision du juge concernant le placement de la femme sous écrou n'était pas encore connue, d'après le parquet.

Ces faits sont passibles de la réclusion criminelle à perpétuité.

mots clés de l'article : femmes , Enquête , violences , enlèvement

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