Grève des transports : les abonnements Navigo et TER de décembre seront remboursés

© afp.com - STEPHANE DE SAKUTIN

Les usagers des transports publics, fortement perturbés depuis plus d’un mois par les grèves contre la réforme des retraites, vont pouvoir se faire rembourser leurs abonnements "Navigo" en Ile-de-France et TER en régions pour le mois de décembre, ont annoncé mercredi les différentes parties.

"J'ai obtenu de la RATP et de la SNCF le remboursement d'un mois d'abonnement mensuel, du passe Navigo, pour la grève de décembre", a indiqué la présidente d'Ile-de-France Mobilités (IDFM) Valérie Pécresse, après avoir rencontré Catherine Guillouard et Jean-Pierre Farandou, les PDG des deux groupes publics.

"Je les ai convaincus qu'il fallait faire un geste commercial au-delà du contrat qui les lie à Ile-de-France Mobilités", s'est félicitée Mme Pécresse, qui est aussi la présidente de la région Ile-de-France.

Une plate-forme dédiée va être mise en ligne par l'autorité régionale "d'ici la fin janvier" et "il faudra juste s'inscrire avec la preuve d'achat de son Navigo ou le numéro de son Navigo de décembre", a-t-elle précisé.

Si un éventuel dédommagement des voyageurs n'est pas obligatoire, la SNCF est contractuellement engagée avec Ile-de-France Mobilités à faire circuler au moins un train de banlieue sur trois. La RATP, elle, a une obligation contractuelle de 50% aux heures de pointe (sur les RER A et B, le métro et le réseau de surface).

Le directeur général des TER à la SNCF, Frank Lacroix, a indiqué pour sa part à l'AFP avoir "proposé aujourd'hui (mercredi) aux régions que la SNCF procède au remboursement total des abonnements TER pour le mois de décembre". Même si l'offre s'est améliorée ces derniers temps, "on reconnaît que notre trafic a été très perturbé depuis (le début de la grève) le 5 décembre".

Les modalités de remboursement pour les abonnements hebdomadaires et mensuels seront disponibles sur les sites TER régionaux d'ici le 15 janvier. "Et pour les abonnements annuels, on va annuler le prélèvement de février", a précisé M. Lacroix.

- "L'enfer" en Ile-de-France -

La grève contre la réforme des retraites a tout particulièrement affecté les transports publics dans la région parisienne. Et Valérie Pécresse avait auparavant indiqué vouloir faire payer à la RATP et la SNCF -deux tiers pour l'une, un tiers pour l'autre- les 200 millions d'euros nécessaires pour rembourser les 2,5 millions de passes Navigo de décembre.

"Les Franciliens depuis un mois ont vécu l'enfer (...) et la souffrance continue depuis la rentrée", avait-elle lancé. "Enormément de Franciliens ont dû marcher des heures pour aller au travail et beaucoup ont été en retard, beaucoup ont eu des surcoûts de garde d'enfants, des surcoûts de taxis...", avait-elle déploré, notant que certaines lignes n'ont pas fonctionné du tout tandis que d'autres étaient "hypersaturées".

"Je ne veux pas rentrer dans des comptes d'apothicaires sur tel pourcentage, telle ligne... parce que ce n'est pas ce que les Franciliens ont vécu", avait-elle lancé.

La RATP et la SNCF voulaient, elles, partager la facture avec Ile-de-France Mobilités en utilisant les pénalités qu'elles devraient verser à l'autorité régionale des transports.

Le patron de la SNCF Jean-Pierre Farandou avait notamment noté qu'Ile-de-France Mobilités allait "faire des économies parce que [la compagnie n'allait] pas lui facturer les trains qui n'ont pas roulé".

"Ile-de-France Mobilités n'a pas fait grève", avait répondu Mme Pécresse.

Finalement, il semble que l'autorité régionale des transports doive quand même mettre la main au pot: "Si jamais les demandes de remboursements sont trop importantes, Ile-de-France Mobilités pourra verser une partie des pénalités que les opérateurs doivent nous verser du fait de la grève", a reconnu Mme Pécresse, se refusant à toute précision.

Pour compliquer les choses, le Medef Paris a demandé de son côté mercredi à Ile-de-France Mobilités le remboursement de la contribution des entreprises parisiennes au mois de décembre, la grève des transports publics ayant "causé des pertes majeures de chiffre d'affaires pour les entreprises et empêché leurs salariés de venir travailler".

Appelée "versement transport", cette contribution destinée au financement des transports en commun concerne les entreprises d'au moins onze salariés. Supérieure aux recettes commerciales, elle se monte à 4 milliards d'euros par an en Ile-de-France, auxquels il faut ajouter la prise en charge par les entreprises de 50% des abonnements de leurs salariés via le passe Navigo (près d'un milliard par an) selon le Medef.

"Cette demande est totalement indécente", a sèchement répondu Valérie Pécresse.

Le Medef d'Ile-de-France a ensuite demandé "la gratuité totale du passe Navigo sur les prochains mois en fonction de la poursuite de la grève, ce qui permettra aux entreprises de se voir elles aussi dédommagées de leur contribution de 50% du financement du forfait transports de leurs salariés".

mots clés de l'article : social , transport , rail , Collectivité , PATRONAT , Retraite , Grèves