Féminicide à Cagnes-sur-Mer : le suspect déjà visé par une plainte d’une ex-compagne

© afp.com - Valery HACHE

Le jeune homme mis en examen pour le meurtre à Cagnes-sur-Mer de sa compagne avait déjà été visé par une plainte pour violences déposée par une ex-petite amie en 2016 et classée sans suite faute de pouvoir être étayée, a déclaré mercredi la procureure de Grasse.

"Cette ancienne petite amie, mineure au moment des faits, avait déposé plainte au commissariat d’Antibes en indiquant avoir reçu une claque et puis qu’Amin aurait tenté, en lui liant les poignets et les pieds, de la projeter dans une baignoire parce qu’elle aurait été susceptible de l’avoir trompé", a précisé Mme Atzori.

"Insuffisamment caractérisée", cette plainte déposée plusieurs mois après les faits allégués avait été classée sans suite, a indiqué la magistrate, ajoutant que la victime avait refusé une confrontation avec le suspect. Lui-même avait alors nié les faits, assurant au contraire que c’était sa petite amie qui, jalouse, le harcelait.

Mme Atzori a fait état également d’une main courante déposée par la maman de cette jeune fille mineure expliquant Amin aurait "poussé involontairement" sa fille sur une voie ferrée.

Deux autres plaintes ont aussi visé le jeune homme en 2017 et 2018, déposées par la propre mère d’Amin. Cette dernière avait d'abord fait état de menaces de son fils voulant l’obliger à quitter le domicile "afin qu’il puisse avoir des relations avec ses copines", a précisé Mme Atzori --une plainte finalement retirée--, puis de violences sur ascendant, mais sans certificat médical. Cette dernière plainte avait été classée.

Mme Atzori a par ailleurs indiqué que le suspect, mis en examen soir mardi pour meurtre aggravé (par concubin), des faits pour lesquels il encourt la réclusion criminelle à perpétuité, et placé en détention provisoire, a constamment nié au cours de sa garde à vue les faits de violences contre sa compagne Salomé, reconnaissant simplement une dispute entre eux.

Selon le témoignage d’un ancien employeur de Salomé recueilli par l'AFP, le jeune homme ne souhaitait pas que Salomé travaille, la soupçonnant notamment de le tromper avec un autre employé. "J’en ai parlé à Salomé mais elle ne voulait rien entendre, elle me disait qu’elle l’avait dans la peau. Je lui ai dit (...) Si tu continues comme ça tu finiras dans un cercueil", assure le témoin, qui fait état de plusieurs altercations, dans la vieille ville de Grasse, entre Amin et des proches de Salomé.

Une autopsie doit être pratiquée mercredi pour déterminer les causes exactes du décès de cette dernière, la victime portant "de nombreuses traces de violences notamment à la face mais aussi une trace de strangulation", a aussi précisé la procureure de Grasse.

Le parquet de Grasse a par ailleurs décidé de saisir mardi l’IGPN --déjà saisie d’une enquête administrative-- "sur la vérification de l’existence du délit de non-assistance à personne en péril", en raison du délai d’intervention controversé de la police le soir des faits. "Les policiers avaient-ils les éléments suffisants pour rechercher un corps, est-ce que la jeune fille était encore vivante à ce moment-là, est-ce qu’on aurait pu la sauver? Ce sont les questions que nous nous posons", a ajouté Mme Atzori.

Salomé G., 21 ans, est la 100e victime de féminicide recensée en France depuis début 2019, selon un décompte d'associations.

mots clés de l'article : social , société , femmes , gouvernement , homicide , Enquête , politique , famille , discrimination , féminicide

suivez-nous