Dégradations au siège de Blackrock par des militants écologistes, 17 interpellations

© afp.com - ERIC PIERMONT

Une centaine de militants écologistes ont occupé lundi matin le siège parisien du gestionnaire d’actifs BlackRock, dégradant ses locaux, pour dénoncer l’inaction des PDG et des Etats face à "l’urgence climatique", selon des sources concordantes.

Les manifestants, qui répondaient à l'appel de l'organisation "Youth for Climate Paris", ont pénétré dans le bâtiment "Le Centorial" abritant notamment les bureaux de BlackRock, dans le centre de Paris, autour de 10H00. Ils en sont sortis peu avant 13H00 alors que les forces de l'ordre étaient prêtes à intervenir, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Dix-sept personnes, dont quatre mineurs, ont été interpellées pour participation à une manifestation non déclarée, dégradation et violences volontaires commises à l'encontre de la responsable de la sécurité du site, selon une source policière.

Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux ont montré des militants taguant les murs de slogans tels que "Ecologie libérale, mensonge du capital", puis les locaux du gestionnaire d'actifs dégradés par des écritures au sol et sur le mobilier.

Une banderole "Respect existence or expect resistance" (Respectez l'existence ou attendez-vous à de la résistance", en français) a été déployée au centre du bâtiment dont certaines issues avaient été barricadées par du mobilier par les manifestants.

A leur sortie, ils ont été encerclés par les forces de l'ordre sur le trottoir, scandant des slogans tels que "BlackRock assassin", "Macron assassin", "Anticapitalistes ha-ha" ou encore "Libérez nos camarades".

"Nous condamnons avec la plus grande fermeté l'intrusion violente et les actes de vandalisme dans nos locaux ce matin. Ces actes, tout comme les tentatives d'intimidation à l'encontre de nos collaborateurs depuis plusieurs semaines, sont inacceptables et intolérables", a réagi BlackRock.

"Cela fait quarante ans que les PDG et les Etats sont conscients de l'urgence climatique. Pourtant, chaque seconde, ils continuent de rendre notre planète de plus en plus inhabitable à cause de leurs crimes", explique un tract de "Youth for climate Paris" distribué aux passants.

"Nous avons défendu, désormais nous attaquons. Notre planète brûle, notre avenir est en feu et ce sont déjà les plus démuni.es qui en souffrent", ajoute le document.

Selon ce dernier, d'autres organisations telles que "Désobéissance Ecolo Paris", "Cerveaux non disponibles" ou encore "Gilets Jaunes Place des Fêtes" ont apporté leur soutien à cette action "de désobéissance civile de grande ampleur".

Début janvier, le siège de BlackRock avait déjà été pris pour cible par des salariés en grève de la SNCF et de la RATP qui y avaient manifesté afin de décerner au gestionnaire d'actifs "une médaille du déshonneur" et réclamer le retrait du projet gouvernemental de réforme des retraites.

Mi-janvier, le patron du gestionnaire d'actifs, Larry Fink, a annoncé dans une lettre à ses clients que le groupe voulait renforcer ses investissements durables en cessant notamment d'investir dans des entreprises tirant plus de 25% de leurs revenus de la production de charbon thermique.

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