Métropole par Fort-de-France (AFP) , mercredi 24 novembre 2021 à 22:59

Antilles : nouvelles violences durant la nuit, les barrages continuent

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Des violences ont de nouveau eu lieu en Martinique et en Guadeloupe dans la nuit de mardi à mercredi, faisant des blessés parmi les forces de l’ordre, tandis que les barrages continuaient de paralyser l’activité sur ces deux îles en proie à une crise sociale d’ampleur.

La Guadeloupe et, depuis lundi, la Martinique sont secouées par une contestation du vaccin anti-Covid obligatoire pour les soignants et les pompiers, mêlée de revendications sociales, notamment liées au coût de la vie et à la hausse du prix des carburants.

La préfecture de Guadeloupe, qui a prolongé le couvre-feu jusqu'à samedi, assure que "le dispositif de sécurité renforcé mis en place cette nuit (de mardi à mercredi) a permis de déjouer des tentatives de cambriolages et d'assurer un retour au calme et à la sérénité". Deux gendarmes ont cependant "été légèrement blessés" et six interpellations réalisées, selon la même source.

Le ministre des Outre-mer Sébastien Lecornu a assuré qu'en Guadeloupe, "la réponse pénale est en cours: pratiquement une centaine d'interpellations au moment où je vous parle".

Si certaines routes guadeloupéennes étaient vierges de tout blocage, d'autres étaient parsemées de différents barrages, certains filtrants, d'autres où les véhicules passaient sans encombre et d'autres totalement impossibles à franchir. Des gendarmes organisaient des opérations de déblaiement sur certains axes, comme à Rivière des Pères, à Basse-Terre, selon la gendarmerie.

- Levée des barrages en Martinique -

En Martinique, la préfecture a indiqué que "des évènements très violents sont survenus dans l'agglomération de Fort-de-France dans la nuit (...) dans plusieurs points de la ville, des individus ont pris pour cibles les forces de sécurité. Divers établissements ont été pillés et vandalisés".

"Sept policiers et cinq gendarmes ont été légèrement blessés mais ils n'ont pas été hospitalisés", selon la préfecture.

"Cinq personnes ont été interpellées et se trouvent toujours en garde-à-vue pour tentatives d'homicide et violences aggravées sur personnes dépositaires de l'autorité publique, dégradations par incendie, port et détention d'armes, participation à des attroupements armés. Ils ont tous été déjà condamnés", a-t-elle ajouté.

Ces violences sont advenues malgré l'annonce mardi d'une levée des barrages par l'intersyndicale.

Mercredi matin, des barrages bloquaient cependant de nouveau des points stratégiques de l'île comme le port de commerce.

Depuis Paris, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a dénoncé une "minorité récalcitrante" et "violente" qui prend "toute une île en otage".

"La santé publique ne peut pas être instrumentalisée à des fins politiques", a-t-il insisté à l'issue du Conseil des ministres lors duquel le président Emmanuel Macron a "rappelé que notre objectif, notre cap, c'est de protéger les Guadeloupéens".

Pour calmer la situation, le Premier ministre Jean Castex avait notamment annoncé lundi la création d'une "instance de dialogue" afin de "convaincre et d'accompagner individuellement, humainement", les professionnels concernés par l'obligation vaccinale.

Le ministre de la Santé Olivier Véran a également "décidé de mettre en place une structure qui va permettre de trouver une solution à chacune des 1.400 personnes suspendues parce qu'elle ne sont pas en conformité avec cette obligation vaccinale", a expliqué Sébastien Lecornu.

Le ministre des outre-mers réunira jeudi en visio-conférence "l'ensemble des élus de la Guadeloupe" pour aborder les mesures sanitaires mais aussi de la question de la jeunesse "qui se retrouve sur les barrages".

- "Contre la vie chère" -

Des solutions qui n'ont pas convaincu en Guadeloupe. "Il y en a ras le bol. L'Etat laisse pourrir la situation. Au lieu de répondre, ils nous envoient le GIGN. Tant qu'il n'y pas de négociation, on est là, on attend", a déclaré à l'AFP, Colette, qui refuse de donner son nom, participant à un rassemblement au niveau d'un barrage, sur la commune Les Abymes.

Cette technicienne administrative dans un centre de dialyse dépendant du CHU, est contre l'obligation vaccinale qu'elle assimile à "un viol". Opposée au vaccin principalement par "manque de recul", elle a "reçu sa mise en demeure préalable à sa suspension".

Colette manifeste aussi pour "l'emploi de la jeunesse, contre la vie chère". Quand on lui demande si le mouvement s'essouffle, elle répond "pas à mon niveau, mais il faut faire attention, car les gens en ont marre".

Marine Le Pen a condamné "avec la plus grande fermeté toutes ces exactions" et ceux qui n'ont "aucune autre revendication que de violenter les forces de l'ordre". Elle a cependant assuré sur BFMTV que le problème avec la Guadeloupe c'est "qu'il n'y a plus de confiance dans le gouvernement parce que personne ne s'intéresse à eux depuis des mois", et notamment, "parce-qu'on a nié le problème du chlordécone".

mots clés de l'article : social , épidémie , manifestation , police , économie , entreprises

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