Coronavirus : les plages peu à peu interdites en Outre-mer aussi

© afp.com - Cédrick-Isham Calvados

En Martinique, en Guadeloupe ou à La Réunion, où les plages font partie du quotidien, beaucoup ont fait fi des consignes de confinement pour lutter contre le coronavirus, obligeant les autorités à prendre jeudi et vendredi des arrêtés d’interdiction.

Alors que les Outre-mer, comme la métropole, sont astreints au confinement depuis mardi, la plage du bourg de Sainte-Anne, une commune très touristique de Guadeloupe, était encore active jeudi, malgré l'absence des bars, restaurants et autres boutiques, a constaté une correspondante de l'AFP.

La Guadeloupe est le territoire ultramarin le plus touché par le coronavirus, avec 45 cas avérés jeudi soir. Mais de nombreuses personnes se baignaient, marchaient en petit groupe le long de la promenade qui borde le lagon.

Les plages sont un lieu de socialisation en Outre-mer: on s'y retrouve pour les repas familiaux, ou pour des rassemblements entre voisins ou amis, autour de grands barbecues qui durent toute la journée ou toute la soirée. Sans compter les touristes, omniprésents toute l'année.

"On est allé faire quelques courses, de l'eau, des bières aussi, pour l'apéro de ce soir, parce qu'en confinement il faut tenir, n'est ce pas", expliquent Charlotte et Marie-Alice, en Guadeloupe pour fêter leur 30 ans. "On nous a dit que c'était l'une des plus jolies du coin, alors on est venu voir, pour ne pas passer à côté avant notre départ, lundi. On ne se baignera pas et on ne reste pas : on n'a pris ni serviettes, ni maillot".

Quelques heures plus tard, jeudi soir, le préfet de Guadeloupe Philippe Gustin a interdit "les baignades en eau douce et en eau de mer" partout en Guadeloupe, dans la partie française de Saint-Martin et à Saint-Barthélémy.

A Saint-Barth' (qui recense 5 cas, dont trois guéris), la collectivité avait invité dès mercredi à "ne pas excéder une demi-heure (un peu de marche, un bain) de plage".

-"Accras et planteur"-

En Martinique, des vacanciers ont essayé de profiter de leurs derniers jours sur la plage de Sainte Anne, ville touristique du sud. "Nous avions préparé ce voyage et c’était notre premier grand séjour après 40 ans de mariage", justifie Flore, une Nantaise installée sur un banc sur la plage des Salines, en vacances avec son époux, sa sœur et le mari de celle-ci. "En attendant notre départ demain, nous profitons des accras et du planteur".

Pas de prise de conscience non plus en Guyane. A Awala-Yalimapo, commune de l'ouest guyanais de 1.400 habitants, "les quelques pirogues de pêcheurs vont toujours à la pêche, et ceux qui ont l'habitude d'aller à la plage au réveil continuent d'y aller. Tout comme ceux qui vont voir les traces des tortues dans le sable", raconte à l'AFP Franck Appolinaire, un habitant. La commune est un site réputé de pontes des tortues marines.

A Mayotte (6 cas de coronavirus), dans l'océan indien, un arrêté préfectoral interdit depuis vendredi "tout accès aux plages du littoral et plans d’eau intérieurs" jusqu’au 15 avril.

A La Réunion (38 cas de coronavirus), pas encore d'interdiction préfectorale, mais plusieurs communes ont déjà pris des arrêtés d'interdiction locaux.

asa-cre-jm-mb-mah-caz/cs/shu

mots clés de l'article : santé , épidémie , Outremer , virus