Coronavirus : à Marseille, l’institut du Pr Raoult dépiste tous les patients fébriles

© afp.com - GERARD JULIEN

L’institut hospitalo-universitaire Méditerranée Infection, dirigé par le professeur Didier Raoult à Marseille, assure le dépistage de toutes les personnes "fébriles" qui s’y présentent, à rebours des consignes nationales, a-t-il annoncé dimanche dans un communiqué.

Le fait qu'il soit possible de se faire tester directement à cet IHU, alors que les autorités en France ont fait le choix de réserver les tests à certaines populations (fragiles, âgées, femmes enceintes, etc.), a été évoqué sur les réseaux sociaux ces derniers jours dans de nombreux messages, dont certains montraient en outre de longues files d'attente devant le bâtiment.

"Nous avons décidé pour les tous les malades fébriles qui viennent nous consulter, de pratiquer les tests pour le diagnostic d'infection à Covid-19", précise l'IHU. Dans un communiqué, l'Agence régionale de santé rappelle pourtant qu'"en phase épidémique, le principe est de ne plus tester systématiquement".

En outre, les médecins signataires du communiqué de l'IHU, dont le Pr Didier Raoult, annoncent que tous les patients atteints du Covid-19, "dont un grand nombre peu symptomatiques ont des lésions pulmonaires au scanner", sont traités par l'association d'hydroxychloroquine --un dérivé de la chloroquine, une molécule utilisée contre le paludisme-- et d'azithromycine. "Dans les cas de pneumonie sévère, un antibiotique à large spectre est également associé", ajoutent les médecins.

"Nous pensons qu’il n’est pas moral que cette association ne soit pas incluse systématiquement dans les essais thérapeutiques concernant le traitement de l’infection à Covid-19 en France", écrivent-ils.

Depuis l'apparition du nouveau coronavirus en Chine, le Pr Raoult défend l'usage de la chloroquine contre la maladie, s'attirant les critiques de nombreux autres spécialistes, qui estiment notamment que les essais qu'il mène à l'IHU auprès de 24 patients ne répondent pas à tous les critères nécessaires. Le gouvernement a de son côté salué des essais "prometteurs", et annoncé mardi qu'ils allaient être étendus.

Jeudi, c'est le président américain Donald Trump lui-même qui a salué ses travaux et la solution qu'il propose --même si l'organisme fédéral qui supervise la commercialisation des médicaments aux Etats-Unis a ensuite tempéré l'enthousiasme présidentiel.

A l'IHU Méditerranée infection, les médecins signataires du communiqué, dont le Professeur Didier Raoult, estiment dimanche que "conformément au serment d’Hippocrate que nous avons prêté, nous obéissons à notre devoir de médecin. Nous faisons bénéficier à nos patients de la meilleure prise en charge pour le diagnostic et le traitement d’une maladie".

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