Métropole par Cannes (AFP) , mercredi 29 juillet 2020 à 11:43

Au large de Cannes, de l’histoire et du kayak, pour des enfants des cités

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"C’est super intéressant, ça nous permet de revoir la culture générale tout en jouant" : Rania, 15 ans, comme des dizaines d’enfants de quartiers défavorisés de Cannes, bénéficie cet été de vacances sur l’île Sainte-Marguerite, face à La Croisette, dans une colonie "apprenante".

Logés dans une partie du Fort royal, enceinte majestueuse où passa le légendaire prisonnier du Masque de Fer, les quinze enfants du groupe de Rania sont en cours le matin et en activité de loisirs l'après-midi.

Après les mois de confinement pour lutter contre l'épidémie de coronavirus et la fermeture des écoles, l'Etat a décidé de cofinancer le séjour d'enfants de familles en difficultés dans ces colonies labellisées "apprenantes". Rania et beaucoup d'autres ont ainsi pu partir pour la première fois en colonie.

Avec son T-shirt signé "Miss Spoileuse", "parce qu'elle anticipe tout", s'amuse l'animateur de la colonie, Rania, qui veut devenir plus tard pilote d’avion, attend tout de même avec impatience, après le cours d'histoire matinal, les activités nautiques prévues sur les eaux turquoises de cette île méditerranéenne.

Une hâte que partage Sevan, 11 ans, qui a moyennement goûté, lui, le rappel des grands personnages de l'Histoire de France, même de façon ludique: "Les cours, non, je n'aime pas. Normalement on est en vacances, non?"

"Mais sinon c'est bien, il y a du paddle, du kayak, il y en a certains que je connaissais déjà, et puis certains se font des amoureuses", poursuit le gamin qui n'avait plus mis les pieds en classe depuis le confinement en mars.

Le séjour est organisé par la MJC Giaume, installée dans le quartier sensible de La Bocca, à Cannes. Pour son directeur Noré Mezouar, l'objectif était d'éviter la "double peine" pour ces jeunes.

"Il y a eu la période du confinement qui était assez difficile pour les enfants mais aussi pour les parents, et l'été, le risque que les gamins ne puissent pas partir en séjour", explique-t-il.

Patiemment, il a fait "un travail de porte-à-porte" ciblé sur des familles des quartiers prioritaires qui n'avaient pas les moyens d'envoyer les enfants en vacances.

- "Fiers" -

A Cannes, pour une semaine sur l'île Sainte-Marguerite en "colo apprenante", les familles n'auront eu à débourser qu'une trentaine d'euros par enfant, et pour certaines, il a même été pris en charge en totalité par les pouvoirs publics.

"On avait prévu deux colos cet été, mais quand on a vu la mise en place de ce dispositif, on a décidé de le doubler, et au lieu de 32 ados, on va pouvoir en accueillir 64, c'est quelque chose dont on peut tous être fiers parce qu'on sort des gamins qui sont en difficulté", souligne Noré Mezouar.

"L'après-confinement a aussi permis de changer nos pratiques professionnelles" d'organisateur de colonie. "Aujourd'hui, on a deux animateurs et un professeur qui se greffe et qui vient tous les matins donner des cours", note-t-il en espérant que ces colos "new look" soient pérennisées.

Au niveau national, le dispositif "colo apprenante", ouvert à tous mais avec une prise en charge réservée aux familles en difficulté, s'est fixé un objectif de 250.000 enfants accueillis. Dans les Alpes-Maritimes, une trentaine de colonies ont été labellisées, "mais nous en labellisons toutes les semaines de nouvelles", souligne Stéphanie Reverre-Guepratte, directrice départementale adjointe à la Cohésion sociale, qui pilote le dispositif dans le département.

Pour ces colonies de vacances, elle dispose d'un budget d'un million d'euros, qui permettra de faire partir quelque 2.000 enfants.

mots clés de l'article : enfants , pauvreté , santé , épidémie , gouvernement , éducation , virus

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