Attentats de janvier 2015 : cinq ans après, des hommages pour "ne pas oublier"

© afp.com - FRANCOIS GUILLOT

Cinq ans après, de sobres hommages ont été rendus mardi pour "ne pas oublier" les victimes des attaques de janvier 2015 à Charlie Hebdo, Montrouge et l’Hyper Cacher, point de départ d’une vague d’attentats jihadistes en France, où la menace terroriste élevée.

Une centaine de personnes s'est rassemblée devant les anciens locaux de Charlie Hebdo où les frères Saïd et Chérif Kouachi ont tué 11 personnes avant de prendre la fuite en criant "On a vengé le prophète Mohamed", qui avait été caricaturé dans le journal satirique.

Ce 7 janvier 2015, des figures emblématiques du journal, comme son directeur et dessinateur Charb, les caricaturistes Cabu, Wolinksi, Honoré, Tignous et l'économiste Bernard Maris, ont été froidement abattues.

Leurs noms ainsi que ceux de la chroniqueuse et médecin psychiatre Elsa Cayat, du garde du corps de Charb, Franck Brinsolaro, du correcteur du journal Mustapha Ourrad et d'un visiteur de passage, Michel Renaud, ont été lus, devant familles et proches.

Aux premiers rangs, les ministres de l'Intérieur Christophe Castaner, de la Justice, Nicole Belloubet, et de la Culture Franck Riester, accompagnés du secrétaire d'Etat Laurent Nuñez, de la maire de Paris Anne Hidalgo et de l'ancien président de la République François Hollande.

- "Morts feutre à la main" -

Pour son numéro anniversaire sorti mardi, Charlie Hebdo dénonce les "nouveaux gourous de la pensée formatée", en titrant en Une: "Nouvelles censures... Nouvelles dictatures".

"On a dit qu'ils étaient morts le feutre à la main, et pour l'image romantique Tignous avait vraiment son feutre à la main, il ne l'a pas lâché", a rappelé sur France Inter son épouse Chloé Verlhac.

Dépôts de gerbe, minutes de silence, Marseillaise: le même rituel s'est répété Boulevard Richard Lenoir, où le lieutenant de police Ahmed Merabet a été abattu par les frères Kouachi, puis porte de Vincennes devant le magasin Hyper Cacher, où Amédy Coulibaly a tué quatre hommes juifs, Philippe Braham, Yohan Cohen, Yoav Hattab et François-Michel Saada, lors d'une prise d'otages deux jours plus tard.

Absent des cérémonies, Emmanuel Macron a exprimé sur Twitter son émotion et sa solidarité avec les familles et les proches des victimes évoquant "l'horreur terroriste et le crime antisémite" qui ont frappé la République, concluant par "Nous n'oublierons jamais".

Ces cérémonies "sont importantes pour ne pas oublier", a déclaré Joël Mergui, président du Consistoire central israélite de France, devant la supérette. Elles permettent aussi "de rester en état de vigilance face à ces maux qui attaquent la société française et les juifs de France. L'antisémitisme et le terrorisme islamistes sont encore omniprésents".

- "Menace terroriste élevée" -

Les attentats de janvier 2015 restent dans les mémoires comme le point de bascule vers une ère d'attaques jihadistes sans précédent en France. Encouragée par les appels du groupe Etat islamique, elle a fait plus de 250 morts. La dernière victime de ce bilan est décédée vendredi après une attaque au couteau à Villejuif.

"Je n'ai jamais caché que la menace terroriste en France était élevée. L'oublier, ce serait une folie", a déclaré mardi Edouard Philippe sur RTL.

"Sérieusement, quelles décisions nouvelles ont été prises depuis cinq ans en matière de lutte contre le terrorisme islamiste ? Quelles actions majeures depuis le massacre de Charlie Hebdo et de l'Hyper Cacher ? AUCUNE.", a tweeté la présidente du Rassemblement national Marine Le Pen.

Députés et gouvernement ont rendu hommage mardi aux victimes des attentats de janvier 2015 à Charlie Hebdo, Montrouge et l'Hyper Cacher, le président de l'Assemblée appelant à la "vigilance" quant à la "protection de la liberté d'expression".

Un hommage à la policière municipale Clarissa Jean-Philippe, tuée à Montrouge (Hauts-de-Seine) le 8 janvier 2015 par Amédy Coulibaly, est également prévu mercredi ainsi qu'une autre cérémonie d'hommage aux victimes de l'Hyper Cacher, organisée jeudi par le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif).

Les quatorze suspects soupçonnés d'avoir fourni un soutien logistique aux frères Kouachi et à Amédy Coulibaly seront jugés à Paris du 4 mai au 10 juillet devant une cour d'assises spéciale.

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