Métropole par Paris (AFP) , lundi 7 juin 2021 à 18:57

Attentat manqué près de Notre-Dame en 2016 : Inès Madani plus lourdement condamnée en appel

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Elle a reconnu avoir voulu il y a cinq ans faire "un carnage" : malgré sa promesse d’avoir "changé", Inès Madani a été condamnée lundi en appel à trente ans de réclusion criminelle dont deux tiers de sûreté pour un attentat manqué aux bonbonnes de gaz près de Notre-Dame.

La cour d'assises spéciale de Paris a confirmé la peine infligée en première instance à la jeune femme de 24 ans, mais en l'assortissant, cette fois, d'une période de sûreté, conformément aux réquisitions de l'avocat général.

"Il est assez rare qu'une cour d'assises d'appel aggrave une peine. Et j'espère que ce n'est pas un signal qui est donné comme l'annonce d'une jurisprudence, qui constituerait à dire aux accusés Ne faites pas appel", a relevé l'un des avocats d'Inès Madani, Me Tewfik Bouzenoune.

Inès Madani "a évolué depuis les faits et elle continuera d'évoluer. (...) Ce n'est pas une décision d'espoir", a déploré son défenseur à l'issue du verdict.

La motivation de la décision, rendue après cinq heures de délibéré, n'était pas connue dans l'immédiat.

Dans la nuit du 3 au 4 septembre 2016, Inès Madani, alors âgée de 19 ans, et une autre jihadiste, Ornella Gilligmann, avaient garé une voiture contenant six bonbonnes de gaz devant la terrasse bondée d'un restaurant près de Notre-Dame de Paris, et avaient essayé de l'incendier avec du gasoil.

Seul ce mauvais choix de ce carburant, difficilement inflammable, a permis d'éviter une explosion meurtrière.

- "Détermination sans faille" -

Inès Madani avait été condamnée en octobre 2019 à trente ans de prison. Jugeant cette peine excessive, elle avait fait appel. Pas Ornella Gilligmann, condamnée définitivement à 25 ans de réclusion criminelle.

Pendant toute la procédure, et de nouveau lors des débats devant la cour d'assises spéciale statuant en appel, les deux femmes s'étaient renvoyé la responsabilité et les préparatifs de cette attaque, inspirée par le propagandiste français de l'Etat islamique (EI) Rachid Kassim.

"Peu importe" qui a fait quoi, avait estimé l'avocat général Guillaume Portenseigne, lors de ses réquisitions vendredi.

Cette nuit-là, avait-il souligné, "l'objectif était évidemment de faucher le plus de vies possible, de faire un carnage", comme l'a reconnu Inès Madani.

Cette dernière avait par ailleurs montré une "détermination sans faille" à poursuivre son projet criminel, avait pointé le représentant de l'accusation.

Après l'attentat raté, elle avait, guidée par Rachid Kassim, rejoint deux autres femmes jihadistes à Boussy-Saint-Antoine pour préparer une attaque aux cocktails Molotov. Se sachant traquée par la police, Inès Madani avait été interpellée dans cette commune de l'Essonne le 8 septembre 2016 alors qu'elle se dirigeait, un couteau de cuisine à la main, vers un policier de la DGSI.

La cour d'assises l'a également reconnue coupable de tentative d'assassinat sur ce policier.

Son avocat, Me Laurent-Franck Liénard, a salué dans la décision des sept magistrats professionnels statuant en appel "un message fort". "C'est une main judiciaire qui ne tremble pas face au terrorisme".

Dans ses derniers mots avant que la cour ne se retire pour délibérer, Inès Madani a dit "(regretter) sincèrement" les faits et "leur gravité".

"Aujourd'hui, je ne suis plus la même personne qu'il y a cinq ans", a assuré la jeune femme, veste noire sur chemise blanche et cheveux bruns retenus en chignon, se présentant comme une "repentie" du groupe terroriste Etat islamique.

Radicalisée dès l'âge de 16 ans, Inès Madani avait été condamnée dans un autre dossier, en avril 2019, à huit ans d'emprisonnement pour son rôle de recruteuse de jeunes radicalisés, dont beaucoup de femmes. Sur les réseaux sociaux, elle se faisait passer pour un combattant jihadiste, n'hésitant pas à travestir sa voix.

C'est par ce biais qu'elle avait rencontré Ornella Gilligmann, tombée follement amoureuse de ce double masculin.

La cour d'assises spéciale a également aggravé la peine prononcée en première instance à l'encontre de Mohamed Lamine Aberouz, de trois à cinq ans d'emprisonnement, pour le délit de non-dénonciation de crime terroriste. Son avocat Vincent Brengarth, qui avait plaidé l'acquittement, a d'ores et déjà annoncé un pourvoi en cassation.

mots clés de l'article : Procès , jihadistes , attentats

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