Affrontements entre bandes pour le trafic de drogue à Marseille : les logisticiens devant le tribunal

© AFP/Archives - JACQUES DEMARTHON

Deux hommes avaient été tués au terme d’une course poursuite dans le tunnel du Vieux-Port de Marseille : le tribunal correctionnel se penche à partir de lundi sur l’un des épisodes les plus sanglants d’une rivalité entre deux bandes des quartiers Nord pour le trafic de drogue.

Considérés comme les logisticiens du crime, cinq prévenus, dont l'un en fuite est sous le coup d'un mandat d'arrêt, sont jugés pour association de malfaiteurs en vue de préparer des homicides en bande organisée. Les principaux protagonistes du double assassinat sont eux toujours recherchés.

Les faits remontent à la nuit du 9 au 10 novembre 2015 lorsque dans les tunnels qui quadrillent Marseille, les occupants d'une BMW blanche prennent en chasse une voiture grise de même marque. Sous le feu des Kalachnikov, deux des occupants de la voiture poursuivie tentent de fuir à pied, mais atteints par les tirs, Mohamed Mhoumadi, alias Babouin, meurt après des coups de crosse sur le crâne, tandis qu'Anthony Costa se fait rouler dessus et décède à son tour quelques heures plus tard.

La scène d'une extrême violence avait été filmée par les caméras de surveillance du tunnel.

Rapidement, la police judiciaire avait identifié cinq hommes soupçonnés d'avoir pris part au repérage des victimes, notamment en posant une balise de géolocalisation sous le véhicule de Mohamed Mhoumadi qui avait découvert l'appareil la veille de la course poursuite.

Lorsqu'il a découvert la balise plutôt que de fuir ou de demander l'aide des forces de l'ordre, Mohamed Mhoumadi et ses trois complices ont cherché à retrouver ceux qui avaient piégé son véhicule, allant jusqu'à tenter un guet-apens en plaçant une voiture avec la balise "comme appât" sur un parking désert durant deux heures, relève l'enquête.

"Ces faits s'inscrivent clairement dans l'affrontement féroce et sanglant, opposant depuis plusieurs années le clan dit des Blacks, dirigé par la famille Ahamada, à celui dit des Gitans, agrégé autour des frères Bengler et de feu Mohamed Mhoumadi, sur fond de guerre de territoires pour la gestion du trafic de stupéfiants", pointe l'accusation.

Deux hommes qui se trouvaient à bord de la voiture des victimes et n'avaient été que légèrement blessés, seront également jugés pour transport d'armes et association de malfaiteurs.

Le procès doit se tenir jusqu’au lundi 10 décembre.

mots clés de l'article : Procès , drogues , règlements de comptes

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