Pelote basque, lutte, muay thaï... Ces sports dont on ne parle pas beaucoup

photo imaz press

Le footballeur Dimitri Payet n’est plus à présenter. Daniel Narcisse, ou plus récemment, le jeune Benoît Kounkoud, sont des handballeurs reconnus pour leur talent, eux qui ont frappé leurs premières balles à La Réunion. Lucie Ignace, multiple championne d’Europe de karaté, ou Jérémy Florès, surfeur de renom, sont eux-aussi des sportifs connus du grand public. Mais s’ils sont souvent les guest-stars des matchs des plus hautes compétitions, nombre de Réunionnais excellent dans des disciplines bien moins médiatisées que le football ou le handball. Dans l’ombre, ils sont eux aussi la fierté du monde sportif de La Réunion.

Le paysage sportif réunionnais compte son lot de ténors dans plusieurs sports tels que le trail, le handball ou le football, généralement médiatisés, au niveau local comme national. Mais il y a des disciplines dont les colonnes des médias parlent peu mais où les Réunionnais excèlent.

Ces sports dont on ne parle qu’au moment des Jeux olympiques

La lutte, la gym, le tir à l’arc sont des sports qui ne cotoîent le grand public qu’au moment des compétitions internationales, notamment dans le cadre des Jeux olympiques. En dehors de ces échéances, ces disciplines comptent des athlètes locaux au haut niveau, à l’instar de la jeune Loan His, multiple championne de gymnastique qui a longtemps évolué à La Réunion, en dehors de sa participation aux Jeux de Rio.

 


#Gym - Loan His est à La Réunion ! Et elle conseille les athlètes de demain pic.twitter.com/2D8ApR6jfR
— Imaz Press Réunion (@Ipreunion) 4 avril 2017


Son entraîneur Eric Boucharin, déplorait, lors de sa visite sur l’île en avril dernier, le manque de visiblité de la gym dans les journaux "qui pourtant consacrent plusieurs page au football par exemple"

Même chose pour le tir à l’arc, qui ne compte pas moins de trois athlètes réunionnais de haut niveau, qui s’illutrent régulièrement aux championnats de France.

La lutte fait partie des premières disciplines à figurer parmi celles disputées lors des JO. Aujourd’hui, La Réunion n’est pas reste de champions issus du Pôle espoir de Saint-Joseph. Charles-André Afa, à l’aube de la majorité fait déjà partie de l’équipe de France junior et ne s’arrêtera pas sur sa lancée. Lui et Valentin Damour sont champions de France, s’illustrant également au niveau européen.



La lutte, qui bénéficie "d’une culture particulière" sur l’île, n’est pas loin de décrocher l’or durant les prochaines échéances européennes et mondiales, comme l’explique Johny Damour, trésorier du club de Saint-Joseph et lui-même père de lutteur.



Selon lui, c’est lorsqu’"il y aura des médailles", que le sport prendra une ampleur différente. A noter que les championnats d’Europe, pour lesquels trois réunionnais luttent actuellement en Allemagne, s’achève ce dimanche 2 juillet.

Le 5 juillet prochain, le collège et le lycée de Saint-Joseph, champions de France UNSS, représenteront la France en Inde, lors des championnats UNSS au niveau mondial, les "combat games". Une chance de l’illustrer au milieu des grandes nations de la lutte.

La pelote basque figurera elle-aussi dans la liste des sports olympiques, même si seule l’Espagne peut se vanter d’avoir eu l’or dans toute l’histoire de la discipline, en 1900 à Paris. Depuis, reléguée aux compétitions nationales, les champions de France de pelote basque sont... Réunionnais ! Frédéric Fontano et Jeannot Welmant, dont les noms ont été donnés au terrain de pelote du Chaudron sont également vice-champions d’Europe.



 

Et les autres

Populaire en culture urbaine, le street workout, appelé aussi le parkour, fait briller les Réunionnais aux championnats du monde qui se dérouleront en Guadeloupe, en décembre prochain. Les athlètes de la team "Bek la Barre" défendront les couleurs de notre île pour l’une des premières compétitions de ce sport sorti des rues.

Si l’on parle de la natation grâce à ses têtes d’affiche, les nageurs locaux bénéficient moins de ce rayonnement, malgré leur performances notables. L’actuelle championne de France du 400 mètres nage libre est la Réunionnaise Alizée Morel, tandis que le jeune Corentin Triniez, 15 ans, fait partie des nageurs très prometteurs de l’île.

La natation synchronisée se fait elle aussi plutôt rare dans les pages sportives. Pourtant, ce sont de jeunes Réunionnaises qui sont actuellement championnes de France, dans l’équipe des Aquanautes, issue de Saint-Gilles.

Sur la terre ferme, ou plutôt sur le ring, les Réunionnais représentent leur île au delà des océans, comme pour le muay thaï. Le combattant péi Mathias Gallo est champion de France pro. Johny Tancray, Réunionnais de naissance, cumule un palmarès impressionnant : multiple champion du monde et tenant du titre à ce jour, l’athlète cumule des titres nationaux, européens et mondiaux, à 35 ans.

A La Réunion, Florent Kaouachi, compagnon de la double championne d’Europe de karaté, Lucie Ignace, évolue dans la catégorie des moins de 90 kilos... Il est lui aussi, champion du monde. Manu Payet est lui aussi champion du monde dans sa catégorie.

La canne de combat, sport datant du XVIIIe siècle, compte également ses adeptes et ses illustres athlètes à La Réunion. Ce sport, géré par la fédération multisports Ufolep, compte des Réunionnais au niveau national, à l’instar de Wilfried Richechou, qui en remporte l’open de France.

L’escrime, la pétanque ou encore le ski nautique font aussi les beaux jours du sport réunionnais dans leurs différentes compétitions.

"Il faudrait médiatiser un peu plus ces disciplines-là, car il y a des rencontres, des compétitions ou des stages au moins deux fois par mois (...) il y a de l’activité autour de ces sports (...) le football est très médiatisé, tous les jours dans les médias, mais pas les autres disciplines" estime David Jenaha, délégué départemental de l’Ufolep.

Il est vrai que les caméras s’arrêtent rarement sur bon nombre de disciplipes dans lesquelles s’illustrent largement les sportifs Réunionnais. Peut-être parce que "ces disciplines utilisent la voie pédagogique : l’entrée dans les écoles, dans les collèges et les lycées via l’UNSS - Union nationale du sport scolaire - ou l’USEP - Union sportive de l’enseignement 1er degré. Ce sont aussi beaucoup de projets dans les quartiers" car, "il y a plus de facilité à avoir des financements dans ce cadre qu’en restant essentiellement sur la pratique sportive pure et la compétition" ajoute David Jenaha.

Des disciplines dont, qui vivent plus à travers leur pratique qu’à travers les médias, mais qui ne manquent pas, au détour de tournois, d’offrir le spectacles aux amateurs et passionnés de La Réunion et d’ailleurs.

jm/

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