"Johnny, c’est notre vie" : à Marnes-la-Coquette, des fans en deuil de leur idole

© AFP - Eric FEFERBERG

"Johnny, c’est notre vie" : des fans en deuil se recueillaient mercredi devant le domaine de Johnny Hallyday à Marnes-la-Coquette (Hauts-de-Seine), tenus à bonne distance par un important dispositif de sécurité.

"C’est comme si je perdais quelqu’un de ma famille" : Grégory Lebas, ému devant la petite impasse menant au domaine "La Savannah", était sur place dès 06H30, à peine quatre heures après l’annonce de la mort de la star à 74 ans des suites d’un cancer du poumon.

Fan du chanteur depuis ses 10 ans, cet habitant de cette commune cossue proche de Boulogne-Billancourt "ne pouvait pas faire autrement" que de venir. "Je l’ai suivi partout", souligne cet homme de 33 ans.

L’arrivée matinale des premiers fans a coïncidé avec la mise en place d’un important périmètre de sécurité, avec la mobilisation d’une compagnie de CRS et des forces de l’ordre aux abords du domaine de la star.

Au fil des heures, les fans, arborant pour certains des drapeaux, des casquettes ou des t-shirt à l’effigie du rockeur, se frayaient un chemin entre les caméras des nombreux journalistes pour se recueillir derrière les barrières à plusieurs mètres du portail.

Formant un groupe mouvant de quelques dizaines de personnes, certains déposent des fleurs, des photos ou des petits mots, alors que d’autres entonnent, à mi-voix ou à plein poumons, "Que je t’aime", "Allumer le feu", "Laura" ou "L’envie d’avoir envie", dans le froid hivernal.

"C’est un peu comme si j’avais perdu un oncle, quelqu’un de proche, un ami", résume Christophe Divary, chauffeur de bus, venu avec sa mère déposer une rose blanche. "J’aimais l’homme, sa joie de vivre, l’esprit américain. C’était un tout", ajoute-t-il.

Véronique se rappelle avoir découvert le chanteur "toute petite", à la "télé en noir et blanc" : "j’adorais le voir danser, se déhancher, se rouler par terre".

"Ca fait trop de mal" dit, la voix brisée, cette aide à domicile de 53 ans, qui serait venue "en rampant" s’il avait fallu.

Chaque fan a son anecdote sur "Johnny", une rencontre, un moment marquant. Beaucoup l’ont suivi en tournée ou ont campé plusieurs jours devant l’un de ses lieux de concerts.

"C’est notre vie à nous, Johnny", résume Yves Buisson, les bras tatoués du visage et du nom de la star. "C’est mon dieu à moi", ajoute-t-il. "J’ai appris ça à 07H00, j’ai eu du mal", grimace-t-il, tout en espérant qu’un hommage national sera rendu au chanteur sur "les Champs Elysées".

- "le patron" -

"Il m’a appris la joie, le rock’n’roll, la rock’n’roll attitude. Il nous faisait voyager", sourit Geneviève Dimitropoulos, les larmes aux yeux, venue "témoigner sa reconnaissance" à celui qui était un "compagnon de vie".

"Il a donné sa vie à son public", estime cette élégante conseillère en voyages à Levallois-Perret, "en deuil" derrière ses lunettes noires.

T-shirt de Johnny Hallyday sur le dos, drapeau du Brésil autour du cou, José Albine confie aussi son désarroi, la voix brisée.

"Je suis un fan depuis 1972, j’ai vu plus de 780 concerts", assure-t-il. "Il a tellement un grand cœur Johnny, je le mets au niveau de la tour Eiffel", poursuit-il, refusant de parler de son idole au passé.

"On pleure depuis ce matin. Il fallait être là", soupire Martine Boulanger, 62 ans, venue avec une amie. "C’était le seul, c’était le patron. Et il était beau : les yeux bleus, son sourire, sa timidité..." sourit-elle.

Annie Germain a, elle, presque l’âge du chanteur. Elle est venue avec quatre vinyles d’époque et une photo de son "idole" prise lors d’un concert en 1962. "Ca représente ma jeunesse, l’adolescence, la vie d’adulte, toute une vie", dit cette septuagénaire.

"Je suis venu me recueillir auprès de Johnny parce qu’il m’a aidé à m’en sortir", dit aussi Michaël Widemann, lui-même chanteur. "En 50 ans de carrière, il a passé toutes les modes", ajoute ce jeune homme de 27 ans, qui assure connaître "environ 300 chansons" du rockeur par coeur.

"J’ai grandi avec Johnny, mon père écoutait ça, c’était ma berceuse", sourit Marine N’cir. "On l’écoutera encore dans 10, 20 ans. On fredonnera toujours Johnny", assure-t-elle.

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