Ce lundi soir, 6 août 2012, la préfecture a annoncé de nouvelles mesures pour lutter contre le risque requin à La Réunion. Parmi elles, le prélèvement de vingt requins (dix bouledogues et dix tigres), à visée scientifique. Cette mesure suscite un tollé chez ceux qui sont contre la chasse aux requins. Quant à ceux qui sont pour la pêche aux squales, une partie d’entre eux est déçue et juge les mesures prises par la préfecture insuffisantes. Un collectif des usagers de la mer a d’ailleurs prévu de protester devant la réserve marine ce mardi 7 août 2012.
Pour l’UCCPEMR (union citoyenne pour la conservation et la protection des écosystèmes marins réunionnais), « La Réunion condamne les requins ». « Nous sommes atterrés par les décisions politiques scandaleuses suite aux derniers accidents impliquant requins et surfeurs », indique l’association dans un communiqué, avant de poursuivre : « Il est clair que ces prélèvements n’ont d’autres buts que d’apaiser quelques esprits en colère et avides d’actions radicales ».L’UCCPEMR déplore par ailleurs que ces décisions ont été prises par la préfecture « sans aucune consultation citoyenne », « sans aucun égard pour le travail de restauration des écosystèmes marins de La Réunion », « et sans tenir compte du bon déroulement du programme CHARC ». Pour l’association, « la préfecture s’apprête à lancer une chasse aux sorcières irrationnelle, inutile et dangereuse » car elle apportera un « faux sentiment de sécurité », tandis que « les réels problèmes sont complètement éludés ». Parmi ces « vrais problèmes », l’union citoyenne cite la pollution des rivages, la sensibilisation des usagers de la mer et la préservation de la biodiversité marine réunionnaise.
L’association rappelle aussi que « les requins jouent un rôle essentiel de préservation de l’équilibre écosystémique marin ». « En tuer dix, selon la seule loi du hasard est une aberration loin de faire l’unanimité », estime l’UCCPMER qui souligne que les deux espèces visées, le bouledogue et le tigre, sont classées « quasiment menacées sur la liste rouge de l’IUCN (Union internationale pour la conservation de la nature - ndlr) ». « La question des prélèvements doit faire l’objet d’un sondage d’opinion publique, et une réglementation claire et efficace doit enfin être mise en place en prévention du risque », estime l’UCCPEMR.
De son côté, l’association Sea Shepherd compare la chasse au requin à La Réunion à la chasse à la baleine menée au Japon. « Pour gérer le "risque requin" à La Réunion, la France a choisi d’utiliser la technique employée par la flotte baleinière japonaise », estime l’association. « En effet, les baleiniers japonais chassent des baleines dont le commerce est interdit. La France s’apprête à chasser des requins bouledogues et des requins tigres interdits à la vente », souligne Sea Shepherd, en ajoutant que « les baleiniers japonais chassent dans un sanctuaire baleinier (Antarctique) », quand « la France s’apprête à tuer les requins dans la réserve marine réunionnaise ».
Enfin, « les baleiniers japonais invoquent la "recherche scientifique" pour justifier leur chasse. La France lance une battue de requins et offre en pâture à ceux qui réclament leur tête, 5 requins bouledogues et 5 requins tigres sous prétexte d’analyser leur foie en vue d’étudier une possible commercialisation », dit encore Sea Shepherd. « Il y a fort à parier que ces "prélèvements scientifiques" ne soient qu’une battue qui ne dit pas son nom », déplore l’association. « La France a choisi de céder à la facilité et à l’émotion : elle sacrifie ses requins », condamne l’association, qui regrette aussi le silence du ministère de l’écologie à ce sujet.
De son côté, le Parti Pirate de La Réunion a adressé une lettre ouverte au Premier ministre dans laquelle il sollicite « une intervention urgente et exceptionnelle pour résoudre la catastrophe humaine, écologique, économique et sociale qui frappe les Réunionnais, La Réunion, ses entreprises et leurs avenirs ». Le Parti Pirate estime que « les élus préfèrent masquer les véritables sources » du problème, à savoir « les problèmes d’assainissement des eaux usées, l’urbanisation inconsidérée, la pollution des ravines, la saturation du système actuel du traitement des déchets... ».
« La sortie de cette crise implique la remise à niveau du système d’assainissement des eaux usées, principal facteur de la dégradation du milieu marin côtier et consécutivement de la prolifération des espèces de requins affectant ce type d’environnement dont les requins bouledogues », ajoute le Parti Pirate. Avant de poursuivre : « La gestion de cette crise implique donc un déploiement exceptionnel de moyens pérennes d’informations, de prévention, de protection, de coordination et de secours de tous les usagers du milieu marin face aux attaques de requins accompagnés par des réponses réelles aux multiples facteurs de ces attaques et qui sont pour la plus part déjà connus ».
S’il était à prévoir que ceux qui sont contre la pêche au requin montent au créneau, on aurait pu penser que ceux qui militaient en faveur des prélèvements soient satisfaits. Ce n’est finalement pas le cas de tous. A la sortie de la réunion qui s’est déroulée ce lundi en préfecture, Philippe Cressen, avocat du député-maire de Saint-Leu Thierry Robert, n’a pas caché sa colère, jugeant « une réunion inutile » et des « mesures qui ne servent à rien » pour protéger les surfeurs. « Nous allons réagir à notre façon comme nous l’avons toujours fait » a-t-il déclaré, n’excluant pas d’avoir recours à des pêcheurs professionnels pour mener une large campagne de pêche.
Les mesures préfectorales sont aussi insuffisantes pour un collectif d’usagers de la mer, qui a prévu de protester ce mardi 7 août 2012 devant la réserve marine.
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Les réactions des surfeurs me semblent justifiées : 12 fois plus d'attaques pendant cette dernière année que pendant les 30 précédentes, dont 3 morts . Cela pose des problèmes auxquels il est normal de chercher des causes et des solutions . Pollution, multiplication d'une espèce qui n'est pas pêchée car non consommable, les dicussions sont en cours et c'est bien.
J'ai par contre été très choqué par les réactions des lecteurs qui manifestent une hostilité incroyable envers les surfeurs :" 100 gratteur de ki" "lançons la chasse aux cons..." " pour un fait divers on organise un massacre" ( un peu sanglant les faits divers : 3 morts amputation d'un pied et d'une main...) et le massacre c'est 20 prélèvements de requins. " le surfeur se fout du tourisme, ils manifestent pour leur plaisir, leur égo, leur suffisance" " ils sont la honte de la côte ouest" quelques citations des dernieres réactions. Avis aux surfeurs : on enterre ses morts et on panse ses blessures sans pleurer , discrètement , pour ne pas nuire au tourisme .Et ces propos à longueur de "contributions ", dans ce forum MODERE me consternent . Une bonne nouvelle pour tous ces détracteurs : si le littoral reste aussi dangereux, l'espèce surfeur finira par disparaitre. Pour son casse-croute, par qui le requin remplacera-t-il le surfeur ?
Ma contribution va-t-elle être assez modérée pour être validée ?