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métropole Source : BORDEAUX (AFP) - Publié le 03/07/2012 à 01h00, mis à jour à 01:31
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Affaire Bettencourt : Prévost-Desprez entendue pour violation du secret professionnel

La juge de Nanterre Isabelle Prévost-Desprez a été entendue lundi à Bordeaux par le juge Philippe Darphin, qui instruit un dossier de violation du secret professionnel visant la magistrate, a-t-on appris de source proche du dossier, confirmant une information de France 2.

La juge était accompagnée de son avocat, Me Lev Forster, a ajouté cette source. Il n’était toutefois pas possible lundi soir de savoir si la magistrate a été simplement entendue par le juge, ou si elle l’a été comme témoin assisté, voire si elle a été mise en examen.

Interrogé, le parquet de Bordeaux a simplement fait savoir que le procureur de la République ne voulait pas confirmer ou infirmer une éventuelle mise en examen.

Mme Prévost-Desprez, contactée par l’AFP, n’a pas souhaité donner d’informations et a renvoyé la communication auprès de son avocat qui n’était pas joignable peu avant 21H30.

Le domicile de Mme Prévost-Desprez a été perquisitionné en début d’année, et des policiers avaient été envoyés dans son bureau de Nanterre au printemps dernier pour mener des investigations sur son ordinateur. La juge elle-même a porté plainte pour violation du secret professionnel à la suite de la révélation de la perquisition à son domicile.

Le dossier la visant fait suite à une plainte de la milliardaire Liliane Bettencourt, aujourd’hui placée sous tutelle, qui avait été irritée qu’une perquisition menée le 1er septembre 2010 à son domicile à la demande de Mme Prévost-Desprez ait été relatée en détail dans le numéro du Monde publié en début d’après-midi le même jour.

Devant juger le photographe François-Marie Banier pour abus de faiblesse, la juge s’était auto-chargée de mener un supplément d’information. La plainte stipulait que l’article décrivait la perquisition "comme si ses auteurs y avaient assisté" et rapportait que l’un des deux journalistes avait précédemment co-écrit un livre avec Mme Prévost-Desprez.

Au début de l’affaire, quand l’ensemble du dossier Bettencourt se trouvait encore à Nanterre — avant d’être transféré à Bordeaux le 17 novembre 2010 — le procureur de Nanterre Philippe Courroye avait tenté de confondre la source des journalistes en demandant à l’Inspection générale des Services (IGS) de la préfecture de police d’obtenir les relevés de communication téléphoniques des auteurs de l’article.

Mais dans un arrêt du 5 mai 2011, confirmé le 6 décembre par la Cour de cassation, la chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Bordeaux avait annulé cette enquête qui violait les lois sur la protection des sources des journalistes.

M. Courroye avait été mis en examen pour ces faits, ainsi que son adjointe à Nanterre, mais, à l’heure actuelle, ces mises en examen sont annulées, en vertu d’un arrêt du 22 mars 2012 de la Cour d’appel de Paris.

Isabelle Prévost-Desprez pourrait aussi encourir les foudres du Conseil supérieur de la magistrature (CSM) pour avoir affirmé, dans le livre "Sarko m’a tuer" (Stock), connaître deux témoins de remises d’espèces à Nicolas Sarkozy en personne par l’entourage de Mme Bettencourt, dans le cadre de sa campagne présidentielle. Un de ces témoins a réfuté avoir tenu de tels propos, l’autre reste inconnu.

La juge a été entendue sur ces déclarations, comme témoin, le 20 septembre dernier par le juge Jean-Michel Gentil en charge avec deux collègues féminines de l’ensemble des autres dossiers Bettencourt, notamment l’abus de faiblesse ou le financement illicite de partis politiques.

Rien n’a filtré de l’audition.

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