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Le CLASH ciné de la semaine

Restless Vs. Hollywoo

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Un dandy morbide, une romance pop et une tumeur au cerveau contre Florence Foresti, Jamel Debbouze et du comique de situation, c’est le gros match dans les salles cette semaine.

Restless

De Gus Van Sant, avec Henry Hopper et Mia Wasikowska

Le Pitch : Un jeune dépressif en costume cintré passe ses week-end au funérarium pour taper l’incruste à des enterrements. Il y rencontre une jeune originale en robe de créateur atteinte d’une tumeur au cerveau. Ensemble, ils vivent un amour gai comme un suaire et léger comme une ritournelle folk.

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Les points forts / Les points faibles : La mort, la mort, la mort, et des éphèbes froids comme des spectres, et des scènes aux longueurs infinies de veillée funèbre : quand on y pense, c’est à peine croyable qu’on ne crève pas d’ennui en regardant les films de Gus Van Sant. Il fait partie des maîtres rares capables de produire des histoires qui donnent l’impression de ne jamais toucher terre, fantômes flottant au dessus du monde sans autre poids que celui de leur apparence, mais qu’on veut pourtant voir jusqu’à la fin parce qu’ils nous parlent.

Restless n’est pas son film le plus énigmatique, ni le plus beau, mais il a pour lui la force d’un hédonisme de l’urgence : il faut vivre vite en attendant de mourir, sûrement trop jeunes. Malheureusement, Van Sant n’a pas trouvé d’autre façon de faire sourire son beau cadavre d’œuvre qu’en lui cousant les commissures avec de grosses ficelles de comédie romantique niaiseuse.

Mais l’effort métaphysique du film et sa beauté formelle exercent une fascination terrible teintée d’attendrissement, ce qui fait de Restless un objet paradoxal : à la fois cucul et lugubre, superficiel et profond, il rappelle un peu le romantisme désespéré des poètes adolescents, la vénération de l’amour et des beautés fragiles de ceux qui portent toujours sur eux, au fond du portefeuille, la photo de Rimbaud.

Hollywoo

De Frédéric Berthe, avec Florence Foresti et Jamel Debbouze

Le Pitch : Après deux grosses tôles consécutives au cinéma (dont l’une des croutes les plus inutiles de l’histoire de la pellicule), Florence Foresti a choisi de co-écrire elle-même le scénario de son nouveau film : les tribulations d’une doubleuse parisienne, partie à Hollywood pour convaincre la star américaine dont elle est la voix française de mettre un terme à sa retraite prématurée et de reprendre le travail au plus vite.

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Les points forts / Les points faibles : Le banal embryon qui sert de scénario à cette comédie n’a d’autre utilité que de permettre à Florence Foresti d’empiler les sketches comme à la TV. On reconnaît immédiatement son style : le ridicule des vanités ordinaires, la gentille dérision d’une girl attitude nigaude, et cette relation passionnée qu’entretient l’humour français au mauvais anglais (de Gad Elmaleh à Eric et Ramzy en passant par Jamel et Le Gendarme à New York) – les Français sont sûrement les seuls à tirer pareille fierté de leur inaptitude à parler une autre langue, et à considérer les polyglottes comme une aristocratie vaniteuse qu’il convient de moquer. Il faut bien l’avouer pourtant, même à contre cœur, on rit parfois. Et puis, ça fait toujours plaisir de voir Jamel. Surtout quand on sait que le rôle avait au départ été écrit pour Manu Payet.

Passées la poignée de chouettes vannes et la sympathie des visages que plusieurs années de matraquage télévisé nous ont conditionnés à aimer, on s’ennuie. La patte du réalisateur n’est pas étrangère à ce sentiment de lourdeur, Frédéric Berthe plongeant sans imagination ses grands pieds dans le plat des clichetons et des gags à répétition. On n’en attendait pas plus d’un artiste dont l’œuvre majeure, à ce jour, est une tarte à la crème (RTT).

Vous lirez sans doute ailleurs à propos d’Hollywoo qu’il s’agit d’un film « sans autre ambition que celle de nous faire rire », formule consacrée pour plumitifs en mal d’inspiration que Desproges avait fort justement démontée. Nous avons trop de respect pour l’art délicat de la comédie pour prêter à Berthe et Foresti d’autre ambition que celle de gagner de l’argent.

Le Verdict

Gus Van Sant réalise l’exploit de faire un film à la fois niais, morbide et beau sur les angoisses métaphysiques et le grand besoin de vivre. C’est du vrai cinéma, trempé d’obsessions et de style, qu’une partie des spectateurs trouvera sûrement chiant comme un long livre, mais qui pèse bien plus lourd qu’Hollywoo, énième déclinaison marketing d’un produit comique télévisé, qui meublera sans doute dans quelques années les parties molles de la grille de TF1.

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