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Danyèl Waro (maloya)

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Sixième album « solo » pour Danyèl Waro, toujours aussi bien entouré, par sa garde rapprochée (Dalo, Philéas, Abmon, Mandrin, Pageaux-Waro), ou par ses collaborateurs du temps d’un album, qu’il s’agisse du rappeur sud-africain Tumi ou des chanteurs polyphoniques corses d’A Filetta.

4 ans après « Grin n syèl », celui qui a fait sauter la mer au maloya vient de sortir « Aou Amwin », prouvant l’incroyable maturité de ses chansons de jeunesse, comme « Degaz Anou Vitman » ou « Larzan Karné », écrites à la fin des années 70 et présentes sur ce dernier opus. On y retrouve également « Mandela », apparue sur l’album Bwarouz, mais considérablement retouchée ici, qu’il s’agisse du « slam » de Tumi, ou des chœurs qui atteignent des sommets d’harmonie.

La rage vocale des débuts laisse pourtant place à un timbre lourd d’émotion et peut-être aussi de sagesse. Difficile de rester insensible aux incantations de Danyèl Waro, dont on sent la gorge comme nouée par les larmes coulées (Salim, Alin) ou à venir. Car c’est bien là la particularité du maloyer le plus respecté : sa voix.

Photo : philippe Conrath

Le maloya touche en général l’auditeur par le bouquet sonore que forme l’ensemble des percussions, chacune tenant une place précise et participant à ce sentiment de soulèvement, de roulement ininterrompu, d’emportement des corps et des esprits. Sans dénigrer le talent des percussionnistes du clan Waro, ce qui impressionne durablement dans « Aou Amwin », ce sont les voix, les chœurs, et la charge émotionnelle qu’ils apportent à ce disque. Certainement influencés par les harmonies corses à l’honneur sur les titres Sin Bénwa, A Merula et L’invitu, les choristes de Danyèl atteignent une subtilité rarement entendue sur un disque de maloya, rappelant parfois les harmonies de la musique médiévale (Kenya, Salim).

Evidemment l’ensemble des instruments traditionnels sont convoqués, avec même l’utilisation d’une sanza (Degaz Anou Vitman), instrument africain qui se rapproche (dans les sonorités) de la valiha malgache, utilisée anciennement dans le maloya sous l’appellation « nœud de bambou ». Morceau surprenant, Alin, dédié au grand Alain Peters, utilise une rythmique en partie électronique, et son instrument fétiche, la takamba.

On aura beau disserter sur la musique de Danyèl Waro, rien ne vaut l’expérience de la scène, c’est pourquoi nous vous conseillons vivement d’aller vous faire vous-même une opinion en ce mois de septembre, qui verra 4 concerts de la troupe, dont un gratuit à Manapany pour la clôture du festival Paroles du Sud, consacré au conte et à la poésie parlée.




Liens proposés par l’auteur :

Danyèl Waro : album "Aou Amwin" (2010)

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