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Nino Ferrer né(e) le 15 août

C’est à Gênes en Italie que Nino Agostino Arturo Maria Ferrari, dit Nino Ferrer voit le jour. Ses parents viennent d’un milieu très aisé et il passe sa prime jeunesse en Nouvelle-Calédonie. C’est en 1947, après la guerre, que la famille Ferrari s’installe définitivement en France. Après une brillante scolarité dans des écoles très sélectives, Nino suit des études d’ethnologie, d’histoire des religions à la Sorbonne et en sort diplômé. C’est en tant qu’archéologue que Nino Ferrer commence à travailler, suivant plusieurs travaux de fouilles.
Néanmoins, plus artiste bouillonnant que rigoureux historien, il décide de se concentrer sur une carrière plus artistique.

Il a le sens du rythme, Nino est fou de jazz et de piano et se décide à braquer la barre à droite et de devenir un musicien sérieux. Pour parfaire son identité artistique, il fait partie du groupe théâtral universitaire de la Sorbonne, mais le tournant se fait lorsqu’il devient accompagnateur sur les tournées de Bill Colman à la fin des années 1950. Nancy Holloway lui donne une chance de s’affirmer et lui propose de devenir son guitariste, ce que l’on peut considérer comme le vrai début de Nino Ferrer.

Déjà âgé pour l’industrie musicale, c’est à 29 ans que Nino Ferrer enregistre son premier disque après des dizaines de refus de la part des maisons de production. C’est Barclay qui mord à l’hameçon. Sort alors "Pour oublier qu’on s’est aimé" en 1963, mais sûrement encore en recherche de style, le disque ne fonctionne guère. Cependant un titre fera le tour du monde, Un an d’amour, reprit en Italie et en Espagne. Même si en France, on boude ce Ferrer, il peut se targuer d’avoir tout de suite conquis l’international.

Deux ans plus tard, le cataclysme Nino fait enfin trembler la France. Plus indépendant et moins surveillé, le chanteur laisse libre court à son imagination et offre au public Mirza, titre incontournable du répertoire de Ferrer, et Mirza, le chien perdu le plus célèbre de l’Hexagone ! Tout le monde adore ce chanteur que l’on compare à un autre séduisant talent, Jacques Dutronc, pour les textes chics et chocs, souvent moqueurs et que l’on trouve souvent - à tort - légers. Nino Ferrer continue sur sa lancée et ses tubes, Les Cornichons, Oh ! Hé ! Hein ! Bon ! font pétiller les transistors de la France de De Gaulle.

Le revers de la médaille est cependant plus terne qu’il ne l’espérait. Le chanteur franco-italien déteste le marketing, les interviews, les émissions... Celui qui voulait être reconnu pour ses textes devient un phénomène de foire très vendeur et il travaille sans cesse pour honorer ses divers contrats. En 1966, débarque sur les ondes son probable plus grand hit : Le téléfon (Gaston y a l’téléfon qui son
/ Et y a jamais person qui y répond). Cette amusette pour petits et grands confirme Nino Ferrer en chanteur souvent rigolo, peu sérieux pour la plupart, ce qui plonge l’auteur-compositeur dans une certaine frustration.

Le chanteur ne supporte plus le show business et s’exile en Italie pour réfléchir et s’adonner à ses diverses passions comme la peinture ou la gravure. Il travaille encore ses textes et ses chansons continuent de fonctionner, ce qui lui assure des revenus : Mao et Moa, Le Roi d’Angleterre, des chansons qui gagnent en épaisseur, entre humour cocasse et réflexion sur la société.

Il revient s’installer en France, dans le sud-ouest, dans le Quercy plus précisément où il élève des chevaux, toujours dans l’optique de vivre en retrait, ne souhaitant pas renouer avec les paillettes du Paris des années 1970. Il rencontre Mickey Finn et laisse le jazz de côté pour travailler le rock.

1972 marque l’année de la sortie de l’album "Métronomie", un succès en demi-teinte qui ramène tout de même Nino à ses devoirs de chanteur à succès, galas et concerts sont au programme. Deux ans plus tard, c’est le disque "Nino and Radiah" qui voit le jour. Cet opus reste notamment dans les mémoires grâce à un véritable chef d’oeuvre, en marge des chansons rigolotes du début : le titre Le Sud (où "le temps dure longtemps") se vend à plus d’un million d’exemplaires et demeure encore comme la pierre angulaire du répertoire de Nino Ferrer et l’un des plus beaux textes de la chanson française.

La fin des années 1970 et 1980 marque un milieu de vie en dents de scie. Nino est heureux en ménage, époux de Jacqueline Monestier qu’il appelle "Kinou" et est père de deux fils. Ses chevaux, sa peinture, ses gravures et la musique bien sûr, rythment toujours sa vie tenue loin des projecteurs. Il croise par ailleurs le chemin de Jacques Higelin qui lui redonne l’envie de monter sur scène. Il continue d’écrire et d’enregistrer quelques albums moyennement reçus par le public et la critique comme "Blanat" (1979), "La Carmencita" (1981), "Ex-Libris" ou "Rock’n’roll Cowboy".

Malgré l’exception provoquée par Le Sud, Nino Ferrer demeure cet amuseur dont on aime fredonner les textes sous la douche, mais pas l’auteur reconnu que le principal intéressé aspirait à devenir. Dans les années 1990, un regain d’intérêt se fait pour Nino Ferrer qui a quasiment déserté les plateaux télévisés et les studios d’enregistrement. "L’indispensable", la compilation du chanteur paraît et fait un carton auprès des jeunes notamment qui découvre sur le tard ce Nino que leurs parents écoutaient. En 1993, "La Désabusion" est un nouvel album qui fait préambule à une fin de vie de plus en plus terne.

Côté vie privée, sa mère, Mounette, s’installe dans le Quercy avec lui et sa femme, mais celle-ci qui tombe malade et décède en 1998, ce qui plonge son fils dans un énième désarroi. Nino Ferrer va de plus en plus mal, rechigne à travailler et à écrire.

C’est le 13 août de la même année que l’on retrouve le chanteur mort d’une balle dans le coeur dans un champ de blé, à Montcuq. Un village au nom certes drolatique pour une fin tragique, à l’image de la vie de cet homme entier, fougueux, doux et amer, véritable amoureux de son sud.

Discographie :

1993 : La vie chez les automobiles
1993 : La désabusion
1986 : 13e album
1983 : Rock n’roll cow-boy
1982 : Ex-Libris
1981 : La Carmencita
1979 : Blanat
1977 : Véritables variétés verdâtres
1975 : Suite en oeuf
1974 : Nino and Radiah
1972 : Nino Ferrer and Leggs

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  • mardi 24 octobre 2017

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