Le Collectif pour l’élimination des violences intrafamiliales dans le rouge

Photo Carole Hoareau

Une bouteille à la mer. Ce samedi 15 avril, plusieurs membres du Collectif pour l’élimination des violences intrafamiliales (Cevif) étaient rue Maréchal Leclerc à Saint-Denis avec banderoles et pétitions. Selon les responsables, sans les financements nécessaires, la structure pourrait fermer ses portes dans moins de trois mois.

C’est l’un des piliers de la lutte contre les violences faites aux femmes à La Réunion. Alors que l’organisation d’Etats généraux en novembre dernier avait suscité beaucoup d’espoir, le Cevif est aujourd’hui au plus mal. Le collectif a reçu une alerte du commissaire aux comptes : sans financements supplémentaires, la structure devra mettre la clé sous la porte en juillet, et licencier les 6 personnes qu’elle emploie actuellement, à temps plein et à temps partiel.

Baisse de subventions

Ses difficultés, le Collectif les explique par une baisse d’une partie de ses subventions : si les aides de la ville de Saint-Denis et de la Région sont restées stables, celle du Département ont dégringolé. Dans le même temps, l’aide de l’Etat n’a pas augmenté, malgré les promesses de la ministre de la famille, Laurence Rossignol, explique Chantal Jouvenot, présidente du Cevif. L’argent promis au moment de la présentation du 5ème plan interministériel de prévention et de lutte contre les violences faites aux femmes, le Cevif n’en a pas encore vu la couleur, assure la présidente du Collectif :

 


Chantal Jouvenot,présidente du Cevif, regrette le manque de moyens pour lutter contre les violences intrafamiliales #associations #Lareunion pic.twitter.com/JViQyD7JLz
— Carole Hoareau (@CaroleHoareau) 16 avril 2017


 

 

Comme l’an dernier, le collectif peut compter sur environ 7 000 euros d’aides de l’Etat, pas assez pour compenser la baisse des subventions allouées par le conseil départemental. Au cours des dernières années, le collectif a vu son nombre d’employés se réduire comme peau de chagrin, selon Marie-Laure Yami, ancienne directrice du Cevif, qui a vu son poste supprimé en décembre 2016, faute de moyens.

 


Le collectif pour l’élimination des violences intrafamiliales pourrait disparaitre faute de subventions. Bénévoles et salariés se mobilisen pic.twitter.com/knmz6uXlhF
— Carole Hoareau (@CaroleHoareau) 16 avril 2017


 

 

Trois femmes sont décédés sous les coups de leur conjoint depuis le début de l’année

Cette situation révolte les bénévoles, qui rappellent que depuis le début de l’année, trois femmes sont mortes sous les coups de leur conjoint. Les noms de Jessie, Julienne et Arlette sont venus s’ajouter à ceux des victimes de violences intrafamiliales à La Réunion, notre département se classant parmi les plus concernées par ce fléau à l’échelle nationale.

"Nous ne voulons pas être uniquement là une fois que le sang a coulé, il faut faire de la prévention, et cela demande de pouvoir rémunérer des personnes formées, qui peuvent intervenir dans les écoles notamment, pour accompagner les changements de mentalités nécessaires, soutient Thérèse Baillif, militante depuis plus de trente et fondatrice du Cevif. On ne peut pas compter que sur les bénévoles qui se mobilisent depuis plusieurs années, nous avons besoin de moyens"


Les membres du Cevif faisaient signer une pétition pour sensibiliser à la problématique des violences intrafamiliales #LaReunion pic.twitter.com/uU1NJTKt3L
— Carole Hoareau (@CaroleHoareau) 16 avril 2017


 

ch/

mots clés de l'article : associations , cevif , Collectif pour l’élimination des violences intrafamiliales , Actus Reunion

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