Sale temps pour le lagon !

photo imaz press reunion

Sable, océan, filaos : le décor de carte postale plaît à de nombreux fêtards prêts à passer le cap de la nouvelle année dans l’eau. Une forte affluence qui n’est pas très positive pour le bord de mer. Piétinement et abondance de la foule favorisent l’érosion des plages tandis que les déchets habituels - pétards, bouteilles, sacs plastiques - naviguent vers les parties sensibles du récif corallien. Si célébrer la Saint-Sylvestre près de la mer n’est certainement pas proscrit, des gestes simples tels que ramasser ses mégots ou prévoir des sacs poubelles sont recommandés.

Ah, la belle tentation de commencer 2017 les pieds dans le lagon ! Pas sûr que ce dernier soit cependant ravi d’accueillir des milliers de fêtards. Surtout, qu’en ce moment il n’est pas au meilleur de sa forme. Après des mois d’affluence suite à l’interdiction de la baignade à Boucan, il doit maintenant s’armer face au déchaînement traditionnel du réveillon du Nouvel An. Mégots, pétards, bouteilles, mais surtout une masse de personnes réunies en un endroit restreint.

Pour Roland Troadec, géologue et universitaire spécialisé dans la dynamique des littoraux, "ce genre d’affluence, ce n’est pas bon du tout". En précisant que le lagon n’est cependant qu’une partie du récif corallien, et pas la plus sensible au regard de la zone de déferlement et des pentes externes, qui le sont "extrêmement".

Mais, ce qui va entrer dans la lagon va forcément être entraîné vers le récif corallien. Des petits massifs pourront aussi être directement touchés. Autre conséquence néfaste des déchets déversés dans l’eau : des tortues risquent de "happer" des plastiques. Le corail, "s’il est bloqué dans un plastique", peut aussi voir sa colonie entière se dégrader. Le spécialiste se souvient qu’en plongeant peu après cette période sur la passe de l’Emitage, il avait été dans l’obligation de "s’écarter" le plus possible, tant "l’eau était épaisse" et chargée de détritus.

Même constat chez la présidente de l’association "Vie Océane", Florence Trentin. "C’est une période critique pour le lagon" concède t-elle en rappelant qu’en soi, "l’augmentation de la température de l’eau" entraînée par la saison chaude est déjà "compliquée" pour les êtres vivants du lagon. Et lorsque la houle n’est pas au rendez-vous, ce n’est pas non plus très bon. L’eau, "chargée en éléments nutritifs", stagne dans le lagon et favorise la croissance des algues, "les compétiteurs" des coraux.

La présidente tranche : "Moins on piétinera, moins on cassera, mieux ça sera". Mais, ce n’est pas pour autant qu’il faut, selon elle, cesser de faire la fête les pieds dans le sable. Même si elle précise, tout comme Roland Troadec, que l’impact négatif de cette forte affluence est particulièrement critique pour le lagon. Car, en "entraînant le sable vers le bas", le piétinement et l’abondance de la foule accentuent l’érosion des plages. L’universitaire se désole de l’additionnement de ces impacts : "On perd des volumes de sable, des épaisseurs, des rivages".

www.ipreunion.com

 

mots clés de l'article : récif , fêtes , corail , lagon , fin d’année , Actus Reunion

à voir également en vidéo

newsletter actu Réunion

le meilleur de l’actualité péi, sélectionnée pour vous : actu, buzz vidéo, sorties ciné…

suivez-nous