Réunion Pêche Australe pêchera son quota de légine

Fabrice Minatchy, gérant de l ?armement Atlantis : " Cela va dans le sens d ?une réappropriation de la ressource légine par la pêche réunionnaise. "

En pêche depuis quelques jours, le Corinthian Bay pourra compléter son quota de 100 tonnes de légine, dans les mers australes. L’attribution de ce petit quota de pêche au nouvel armement Réunion Pêche Australe (RPA), qui affrète le palangrier, était l’objet d’un recours en annulation examiné, le jeudi 5 janvier 2016, par le tribunal administratif (TA). Ce recours en référé et suspension déposé par la Copecma, un armement concurrent qui sollicitait également le bénéfice de ce quota, a été rejeté vendredi par l’instance le TA.

Dans son édition de vendredi le Journal de l’Île note que l’administration des TAAF (Terres australes et antarctiques françaises) répartit, chaque année, les quotas de pêche en fonction d’un total admissible des captures (TAC) établi par le Muséum d’histoire naturelle, suivant des observations scientifiques.

" Le quota attribué à Réunion Pêche Australe représente 1,5 % du total des captures qui s’établit à 6 350 tonnes, commente Fabrice Minatchy interrogé par Imaz Press Réunion. Son armement réunionnais Atlantis est partenaire à 30 % dans RPA. Cela va dans le sens d’une réappropriation de la ressource légine par la pêche réunionnaise. "

Qualifiée d’or blanc, la légine est commercialisée à près de 20 euros du kilo à la débarque, qui doit obligatoirement se faire à La Réunion, expédiée aussitôt sur les marchés internationaux et principalement au Japon. Et vendue 30 euros par kilo une fois mise en filets.

Les armements bénéficiaires de ces quotas étaient jusqu’à présent des groupes d’envergure nationale, tels que l’armement français Le Garrec, la Comata (flotte de pêche du groupement Intermarché), et d’importants acteurs officiellement basés à La Réunion, tels que la Sapmer, Armas Pêche, les Armements Réunionnais, et plus récemment Pêche Avenir. Une entité créée par Laurent Virapoullé qui obtint, en 2002, un quota de pêche de 760 tonnes.
Des équipements structurants pour la pêche locale

L’originalité du nouveau venu, RPA, tient à son indéniable ancrage territorial. Son principal actionnaire étant le groupe réunionnais Réunimer, représenté par sa filiale l’armement Enez.

Depuis 2009, le groupe développe la seule filière intégrée du secteur, à La Réunion. Regroupant les activités de pêche, de première transformation, d’importation et de distribution, le groupe Réunimer emploie 120 collaborateurs et réalisait 23 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2015. Les 12 navires de l’armement Enez débarquent 1 500 tonnes de pélagiques. Le groupe gère 4 000 tonnes de poissons tous flux confondus et commercialise 40 tonnes de produits frais transformés.

La création de Réunion Pêche Australe vise à associer l’ensemble de la pêche réunionnaise pour la conquête d’une valeur ajoutée structurante pour la filière locale. " Les armements historiques ont développé la pêcherie dans les mers australes, mais nous ne voyons pas en quoi nous devrions démériter par rapport à eux. 38 artisans pêcheurs réunionnais détiennent 20 % du capital de RPA et des bénéfices à venir. Nous nous sommes engagés à financer des équipements structurants pour la pêche locale, qui doivent encourager de nouvelles vocations, rappelle Fabrice Minatchy, gérant de la société Atlantis. "

L’armement exploite 4 palangriers et traite près de 500 tonnes de pélagiques, employant plus de 50 collaborateurs. Il s’agit notamment de machines à glace et de facilités de débarquement qui font défaut dans de nombreuses communes du littoral. Ce volet socio-économique du projet Réunion Pêche Australe a logiquement retenu l’adhésion des autorités administratives.

mots clés de l'article : pêche , légine , Actus Reunion , Or blanc , Mers australes

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