On prend (presque) les mêmes, et on recommence

photo RB imaz press reunion

Les urnes ont livré leur verdict pour le premier tour des élections législatives, ce dimanche 11 juin 2017. La Réunion verra 7 duels le 18 juin prochain. En effet, compte tenu d’une abstention record (65,31%), aucun candidat n’a réussi à être élu dès le 1er tour même. En ce qui concerne les duels du second tour, si de nouveaux visages feront leur entrée au Palais Bourbon, ce scrutin n’augure pas, au fond, un renouvellement majeur du paysage politique réunionnais, contrairement à ce qui se dessine au niveau national.

C’est l’abstention record qui est le principal enseignement de ce premier tour. Seulement 34,69% des Réunionnais inscrits sur les listes électorales ont effectué leur devoir civique, une première pour un premier tour d’élection législative. A l’image de l’élection présidentielle, les Réunionnais ont manifestement boudé les urnes. 

Plusieurs motifs semblent expliquer une telle abstention. Tout d’abord, le nombre de candidats en lice, 89 sur 7 circonscriptions, un chiffre important qui démontre un intérêt certain pour ce scrutin pour les candidats, mais vraisemblablement pas pour les électeurs, certainement perdus par cette multiplicité de candidatures et d’étiquettes.

- Confusion -

En parlant d’étiquette, nombreux sont les candidats qui se sont réclamés de la majorité présidentielle d’Emmanuel Macron. A côté des candidats officiellement investis (Carine Garca, Anaïs Patel, Monique Orphe, Léopoldine Settama-Vidon), il y avait ceux qui se disaient être soutenus par La République En Marche (Thierry Robert, Stéphane Randrianarivelo, ou encore Karine Nabenasa) et ceux qui se disaient "Macron comptables" tels que la députée sortante et ancienne ministre des Outre-mer, Ericka Bareigts. Cette configuration a certainement prêté à confusion dans l’esprit de nombreux électeurs, expliquant également cette démobilisation massive lors de ce scrutin.

En ce qui concerne les résultats de ce premier tour, La France Insoumise de Jean-Luc Melenchon et le Front National de Marine Le Pen ont enregistré des scores plutôt faibles, les candidats se revendiquant de ces mouvements n’ayant pas réussi à capitaliser sur la dynamique de la présidentielle. Les scores des candidats du Front National oscillent entre 4,1% et 7,02%. A noter le score de Perceval Gaillard de la France Insoumise (11,88%), dans la 7ème circonscription, un score encourageant mais qui ne lui permet pas de se hisser au second tour.

Le PCR poursuit quant à lui sa lente déconfiture puisqu’aucun de ses représentants (Julie Pontalba, Max Banon, Gilles Leperlier) ne sera au second tour, malgré un bon score de Gilles Leperlier à Sainte-Suzanne (28,2%), mais éliminé du duel final dans la 6ème circonscription.

- Echec au PS, espoir à droite -

Echec également pour le Parti Socialiste qui avait raflé 5 circonscriptions sur 7 en 2012. En 2017, seule Ericka Bareigts portera le flambeau socialiste au second tour face à Jean-Jacques Morel, candidat de la plateforme de la Droite et du Centre, dans la première circonscription, Philippe Leconstant et Jean-Jacques Vlody, député sortant, ayant été éliminés dès le premier tour.

Pour la plateforme de la Droite et du Centre, le souvenir de 2012 où aucun candidat n’avait remporté de circonscription semble désormais loin. Daniel Gonthier (5ème circonscription) et David Lorion (4ème circonscription) sont en ballotages favorables pour ce second tour, respectivement face à Jean Hugues Ratenon et à Virgnie Gobalou (Progrès) dont le suppléant n’est autre que le député sortant, Patrick Lebreton. Mission plus difficile pour Cyrille Melchior qui sera opposé dans la 2ème circonscription à Huguette Bello qui est en bonne voie (57,1% des voix) pour un cinquième mandat de député. Nathalie Bassire est au coude à coude avec Jacquet Hoarau dans la 3ème circonscription, ce qui augure un second tour très serré.

- Les bons débuts de la République en marche -

Du côté de La République en Marche, Monique Orphé est qualifiée pour le second tour et affrontera Nadia Ramassamy dans la 6ème circonscription. Anaïs Patel, l’ancienne attachée parlementaire de Jean-Jacques Vlody, enregistre un score honorable (13,56%) malgré sa faible renommée. Les scores de Carine Garcia (10,69%) et de Léopoldine Settama Vidon (15,92%) montrent également que la dynamique de l’élection d’Emmanuel Macron a bousculé certains clivages au niveau local.

Parmi ceux qui se revendiquent du parti du président de la République, Thierry Robert est en tête dans la 7ème circonscription (malgré une très forte érosion par rapport à 2012) et trouvera face à lui Fabrice Marouvin de la plateforme de la droite et du centre. Stéphane Randrianarivelo (7,48%) enregistre quant à lui un score plutôt honorable tandis que Karine Nabenasa rate son pari en ne recensant que 3,41% des suffrages exprimés dans la première circonscription.

- Profonde désaffection -

Au final, cette élection confirme, dans la continuité de l’élection présidentielle, une profonde désaffection des électeurs réunionnais vis-à-vis de la classe politique en général qui semble avoir du mal à offrir un véritable renouvellement. En effet, les duels annoncés pour ce second tour démontrent que le renouvellement promis du paysage politique est très loin d’être une réalité. La très grande majorité des candidats qui sont au second tour sont des élus confirmés, ayant déjà un ou plusieurs mandats. Dans 4 circonscriptions, les députés sortants sont même en position favorable. Le changement, finalement, ne semble pas être pour le 18 juin, à moins d’un sursaut des abstentionnistes.

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