Non, la préfecture ne recherche pas des tueurs de chiens

photo imaz press

Une louveterie sera bien créée à La Réunion : la préfecture a lancé ce vendredi 6 avril 2018 un appel à candidatures dans le but de recruter des lieutenants de louveterie bénévoles à La Réunion. Les réactions n’ont pas tardé. Plusieurs associations de protection se sont insurgées contre cette recherche, assimilée à celle de "tueurs de chiens errants". Or, les missions de cette louveterie sont plutôt affectées à la lutte contre le braconnage.

Ce vendredi 6 avril, la préfecture a lancé un appel à candidature pour recruter des lieutenants de louveterie bénévoles à La Réunion. La nouvelle s’est alors répandue comme une traînée de poudre sur les réseaux : l’État recherche des tueurs de chiens ! "La réponse de l’État Français pour lutter contre l’errance animale... tuer les chiens errants au fusil à lunettes" déplore ainsi l’association de protection "Assez-Allon siouplé sauv’ ensemb’ zanimos". Du côté de la page de la Diagonale des Sans-Voix, un post indique qu’un "journaliste de la presse nationale va relayer l’information".

Pourtant, ce n’est pas la mission proposée par la préfecture. Les lieutenants de louveterie bénévole auront comme vocation "la police de la chasse", soit la lutte contre le braconnage, ainsi que l’ogranisation des battues administratives.

Ces dernière seront destinées aux "espèces animales exotiques envahissantes" et non aux espèces domestiques que sont les chiens ou chat. "Le braconnage est une cause de désordre importante à La Réunion car il met en péril le patrimoine naturel de l’île. Les espèces exotiques envahissantes animales, qui doivent être régulées, sont à l’origine d’impacts plus importants encore sur la faune, la flore et les habitats naturels indigènes dont la qualité et l’originalité ont permis l’attribution du label de patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO" indique la préfecture. La lutte contre l’errance animale relève quant à elle de la responsabilité des structures intercommunales.

Mais cette confusion dans les esprits est compréhensible à plus d’un titre. Le projet de louveterie est sorti du placard du côté Sud de l’île, suite à une série d’attaques commises par des chiens errants sur des élevages. Le maire du Tampon et président de la Casud, André Thien Ah-Koon, avait alors émis l’idée d’une louveterie pour "empêcher la multiplication des chiens errants". Le projet du président de la Casud avait forcément déclenché l’indignation et la colère des associations. Une pétition a notamment été lancée par "L’arche de Freyja-Crapa". Intitulée "Scandale : un permis de tuer les chiens dans l’île de La Réunion", elle recueille déjà plus de 35 000 signatures.

- À l’origine de l’errance, l’abandon -

L’errance animale sur le département n’en finit donc plus de faire couler l’encre et d’alimenter les tensions. "À l’origine de l’errance, on trouve des facteurs classiques et partagés de nombreuses sociétés, l’abandon étant le premier d’entre eux : entre comportements de consommation vis-à- vis de l’animal, engouement puis désintérêt à son égard ou autre lassitude, La Réunion n’échappe pas au phénomène connu aussi en Métropole et ailleurs.

De même, la non stérilisation de l’animal de compagnie reste une cause de la démultiplication des chiens et chats errants, la perméabilité entre les populations étant plus qu’évidente. S’ajoutent à cela les nombreux trafics qui sévissent sur les réseaux sociaux" indique le Crapa, qui regrette que la stérilisation soit une solution souvent ignorée. Par ailleurs, l’association affirme - en se basant sur des dires de l’Organisation Mondiale de la Santé - que l’abattage des animaux se résume à traiter les symptômes plutôt que la clause du problème. En gros, cela reviendrait à poser un emplâtre sur une jambe de bois. L’association indique également qu’elle compte déposer plainte à ce propos dans les semaines à venir.

Ce débat autour des chiens errants remet ainsi sur le devant de la scène la relation des Réunionnais avec leurs animaux. On se souvient des deux pétitions qui ont fait le buzz en décembre 2017 : l’une réclamait l’arrêt des sacrifices d’animaux lors des cérémonies tamoules tandis que l’autre s’insurgeait contre la "tradition locale" que serait l’utilisation de chiens-appâts pour la pêche aux requins. Cette dernière est d’ailleurs toujours en ligne.

Il est tout de même toujours bon de rappeler que non, tous les Réunionnais ne sont pas des barbares tortionnaires d’animaux.

Il y a aussi des propriétaires attentionnés et prêts à tout pour les chérir, les protéger et les soigner.

Il y a aussi des collectifs, prêts à se battre bec et ongle pour sauver nos amis à quatre pattes.

Il y a aussi les Royal Bourbon, régulièrement sauvés des dangers de la rue par Madame et Monsieur Toulemonde.

Et non, la préfecture de La Réunion ne recherche pas des tueurs de chiens.

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