Les réactions à La Réunion

POOL/AFP - Martin BUREAU

Voici les réactions des personnalités de La Réunion après l’élection d’Emmanuel Macron à la présidence de la République

 

• Nassimah Dindar, présidente UDI du conseil départemental

Je tiens à adresser mes sincères félicitations à Emmanuel Macron pour son élection en qualité de Président de la République.

Le choix fait par les Français est celui de la rupture, Emmanuel Macron ayant su transgresser les codes établis.

Le Président de la République aura la responsabilité de rassembler les Français qui, par leur vote, ont exprimé une profonde colère et défiance à l’égard de toute la classe politique. Une défiance également à l’égard des politiques publiques que le citoyen considère déconnectées des réalités humaines.

Notre pays doit aujourd’hui retrouver la voie de l’espérance. Il faut redonner aux Français des raisons de croire aux possibles, croire en la cohésion familiale, croire en l’avenir de notre jeunesse, croire en la compétitivité de nos entreprises et de notre industrie, croire en la solidarité envers les plus vulnérables, croire en notre capacité à bâtir un territoire durable.

Ici, à La Réunion, pour la première fois, comme en Métropole depuis 1965, les deux grands partis de gouvernement ne sont pas présents au second tour.

Le Front National a enregistré dans le cadre de ce scrutin un score historique et inquiétant qui doit pousser les élus Réunionnais à s’interroger sur le sens profond de l’engagement pour le développement de La Réunion. La situation sociale, la cherté de la vie, le taux de chômage record sur notre territoire montrent que les réponses apportées jusque-là ne répondent pas à la réalité du quotidien de la population. La Réunion doute. Les Réunionnais doutent. Ce vote est la traduction de ce doute.

Il faudra en tirer les enseignements pour l’avenir.

Il importe désormais, quelque soit la manière dont chacune et chacun d’entre nous a voté, de se rassembler autour du nécessaire effort de redressement, de création d’emploi, dans un esprit de paix civile et de concorde, de prises en compte des réalités et exigences sociales et environnementales dont notre île et notre pays ont besoin. Le peuple, la population réunionnaise l’exigent. Ne les décevons pas, entrons rapidement dans l’action, collectivement, au bénéfice du bien commun.
 

• Olivier Hoarau, maire PLR du Port

Les Français se sont exprimés. Emmanuel Macron est notre nouveau Président de la République. Nous ne pouvons que nous satisfaire que le résultat de ce second tour conforte notre pays dans sa tradition démocratique. Dans un sursaut républicain, nous avons su faire barrage au parti de la haine, de la division et du repli sur soi.

Je me réjouis que les électeurs Portois aient entendu mon appel à voter contre le Front National et à préserver ainsi le pacte républicain. Il faut souligner d’ailleurs qu’ils le font dans la même proportion qu’au plan national. Toutefois, il est indispensable, dès demain, d’être particulièrement vigilent à l’exercice de notre expression démocratique dans l’intérêt de la population et plus particulièrement des travailleurs.

Les prochaines élections législatives nous donneront la possibilité de porter à l’ Assemblée Nationale cette expression populaire pour conduire un nouvel élan politique réunionnais.

• Parti communiste réunionnais

En France, le second tour de l’élection présidentielle a été marqué par un fort taux d’abstention, ainsi que par l’importance du nombre des bulletins blancs et nuls. C’est dans ce contexte que le nouveau président de la République est Emmanuel Macron. L’extrême droite a été battue, le mot d’ordre de faire barrage a été entendu.

À La Réunion, l’abstention, les bulletins blancs et nuls représentent près de la moitié du corps électoral à La Réunion. C’est presque deux fois plus qu’en France. Cela veut dire que près de la moitié des citoyens ne croient plus que cette élection importante peut résoudre leur problème. Cela doit interpeller tout le monde.

Le vote important pour l’extrême droite est une autre manifestation de cette défiance, compte-tenu des politiques menées depuis des décennies à La Réunion. Ne pas répondre d’urgence aux immenses attentes de la majorité des Réunionnais, c’est aller vers n’importe quelle dérive. Cela confirme l’analyse du PCR qui prône une nouvelle politique dans un nouveau cadre.

Il appartient donc aux Réunionnais de s’unir pour ce nouveau cadre en faveur de la responsabilité. L’occasion est donnée lors des prochaines élections législatives de concrétiser ce rassemblement. Pour porter ce projet réunionnais, le PCR lance un appel à élire des députés qu’il présente ou soutient.

Le PCR réunit ce lundi son Comité central et examinera les modalités d’action pour atteindre cet objectif.

• Michel Fontaine, sénateur-maire LR de Saint-Pierre

En avant-propos, je me félicite de la participation des Réunionnais et plus particulièrement des Saint-Pierrois qui lors de ce scrutin se sont rendus en nombre dans les bureaux de vote pour accomplir leur devoir citoyen.

Permettez-moi d’avoir une pensée particulière pour les Saint-Pierrois qui m’ont aidé sur le territoire de notre commune à faire barrage au Front National. Notre mot d’ordre a été suivi. Les Français ont désigné le nouveau Président. Je salue son élection acquise sur les valeurs de la République mais aussi et surtout dans un contexte où le combat des idées n’a pas eu lieu.

En effet, l’élection de ce dernier s’est faite dans des conditions particulières dans lesquelles notre candidat n’a pas pu exprimer clairement le projet politique permettant d’offrir une vraie alternative aux Français. Les élections législatives de juin prochain seront donc l’occasion pour notre famille politique de proposer ce vrai projet d’altemance dont la France a besoin.

• Joseph Sinimalé, maire de Saint-Paul

Je voudrais tout d’abord adresser toutes mes félicitations à notre nouveau Président de la République, Emmanuel Macron.

Je lui souhaite bonne réussite pour son mandat présidentiel.

Néanmoins et en dépit d’un score qui le place largement en tête, les électeurs réunionnais ne lui ont pas signé un chèque en blanc.

Il fallait barrer la route au Front National et pour cela mettre en place un front républicain, nous nous sommes mobilisés dans ce sens. Sans calcul.

Mais nous serons à présent très vigilants devant les choix qui impacteront notre société.

Sur le territoire de Saint-Paul, je me félicite par ailleurs de la non progression du Front National et du risque que cela représentait. Depuis le premier tour, nous avons su contenir la montée de l’extrême droite dans notre commune. Il faut s’en réjouir.

• Partrick Lebreton, député-maire PS de Saint-Joseph

Pour les Saint-Joséphois, majoritairement mobilisés au 1er tour derrière Benoit Hamon et Jean-Luc Mélenchon, la Gauche était orpheline dans ce second tour de la présidentielle. Cela explique le nombre important de votes blancs et nuls comptabilisés dans notre commune lors de ce suffrage ( 1 200 blancs, 1 525 nuls, soit près de 13 % de votes non exprimés !)

Malgré cela, la candidate du Front National n’est pas parvenue à finir en tête à Saint-Joseph. Le barrage au Front National, difficile car sans adhésion au candidat Macron, a tout de même fait progresser ce dernier de 9, 47 % au premier tour à 52, 81 % au second. Avec 47, 19 %, Marine Le Pen est donc tenue en échec.

L’essentiel a été fait. Fidèle à mon combat, je poursuivrai désormais mon opposition à la politique par ordonnance, aux attaques contre les salariés et les acquis sociaux. Opposant un 97-4 au 49-3, j’avais, je le rappelle, quitté le groupe socialiste de l’Assemblée Nationale pour protester contre le passage en force de la loi Travail. Je prendrai également ma part dans la nécessaire reconstruction de la Gauche, autour des valeurs de liberté, de fraternité et de progrès social.

• Vanessa Miranville, maire de la Possession

Je félicite Emmanuel Macron pour son élection. Nous observons que le Front National est contenu, même si nous sommes inquiets de sa progression importante et régulière. Nous avons pu constater, et cela est encore plus vrai aujourd’hui avec 25% d’abstention, en qualité de mouvement citoyen, les limites de ces élections présidentielles et du système politique en place. Rappelons que seul 25% des électeurs du premier tour ont choisi le programme de M. Macron, programme qui va cependant s’imposer à 100% des français.

Emmanuel Macron se dit hors système voire "révolutionnaire", nous attendons de voir si dans les faits le citoyen sera mieux informé, plus souvent consulté et entendu, qu’il ne l’a été jusque maintenant.

Concernant le programme outre mer, de nombreuses questions restent posées sur ce programme, qui ne semble pas suffisamment traiter les grands enjeux structurels de La Réunion.

Lorsque nous l’étudions, nous nous interrogeons sur ses ambitions en matière d’économie, d’insertion dans l’espace Océan Indien, sur les questions de santé, d’éducation, de transports. Nous constatons également que ni à la Réunion, ni globalement, les enjeux environnementaux, pourtant critiques, n’ont été pris en compte.

Sur le renouvellement politique, à nouveau aucune révolution, aucune évolution du système : nous voyons bien que le paysage politique réunionnais est fracturé, mais on voit revenir les mêmes, avec des étiquettes différentes. Il y a pourtant urgence à évoluer vers de nouvelles pratiques et de nouvelles formes de démocratie.

Sur les législatives, élections majeures à venir, nous nous prononcerons dans quelques semaines ".

• Jean-Jacques Morel, conseiller départemental de Saint-Denis

Les Français ont tranché. Je félicite ce soir le nouveau président de la République Française Emmanuel Macron. Je lui souhaite bonne chance pour la France.

Je m’adresse dès à présent à tous ceux qui ne se reconnaissent plus dans les socialistes dionysiens et qui souhaitent envoyer à l’Assemblée Nationale un homme qui incarne un réel changement.

Ne recyclons pas les mêmes hommes et femmes jusque là socialistes, qui tentent d’échapper à la colère du peuple en changeant de visage et d’étiquette. Nous ne sommes pas dupes de cette vaste opération "cosmétique". Ne l’oublions pas, ce sont bien les mêmes qui ont entraîné vos familles dans la difficulté, notre jeunesse Réunionnaise dans le désespoir, et les entreprises de l’île vers la ruine suite au fiscalisme voulu par le PS c’est à dire à La Réunion par Monsieur Annette et Madame Bareigts.

Chers amis Dionysiens, ne nous y trompons pas : le véritable changement se fera au moment des élections législatives. Je vous y donne rendez-vous pour une nouvelle ambition pour La Réunion !

• Ibrahim Patel, président de la chambvre de commerce et d’industrie de La Réunion

Je tiens à exprimer toutes mes félicitations à Monsieur Emmanuel Macron pour son élection à la présidence de la République française. Par ce vote, nos concitoyens ont affirmé leur attachement aux valeurs démocratiques et républicaines.

Les défis économiques et sociaux auxquels nous sommes confrontés sont encore très nombreux. Des mesures fortes devront donc être mises en oeuvre pour encourager le développement économique de notre île et favoriser l’emploi. Lors de notre rencontre, j’ai pu attirer l’attention de Monsieur Macron sur les fortes attentes de nos entreprises en matière d’abaissement des charges sociales et fiscales pour améliorer leur compétitivité. Je souhaite donc à notre nouveau Président le plus grand succès pour son action future à la tête de notre pays.

• Patrick Karam, président d’honneur du Conseil Représentatif des Français d’Outre-Mer (CREFOM)

Au deuxième tour des présidentielles, malgré une participation en baisse par rapport à 2012 et des votes blancs en progression, l’Outre-Mer a fait un choix de raison en votant sans appel Emmanuel Macron qui était pourtant bon dernier des 4 grands candidats au premier tour. Le futur président de la République obtient 63,3 contre 36,7 à Saint Pierre et Miquelon, 58,4 contre 41,6 à Saint Barthélémy, 67,6 contre 32,4 à Saint Martin, 75,1 contre 24,9 en Guadeloupe, 77,5 contre 22,5 en Martinique, 65 / 35 en Guyane, 52,57 contre 47,43 en Nouvelle-Calédonie, 58,4 contre 41,6 en Polynésie, 79,14 contre 20,86 à Wallis et Futuna (les chiffres de La Réunion et Mayotte ne sont pas encore connus)

Mais Marine Le Pen qui avait déjà réalisé au premier tour le meilleur score de l’ensemble des candidats dans tous les Outre-Mer bénéficie clairement du report d’une partie de l’électorat Fillon et réussit une percée inédite avec un pic en Nouvelle Calédonie en raison des inquiétudes liées au futur référendum sur l’indépendance et des scores les moins élevés à Wallis-et-Futuna, en Guadeloupe et en Martinique.

Désormais, l’Outre-Mer n’est plus le dernier bastion de résistance au Front National. Marine Le Pen a fait exploser les derniers verrous ultramarins qui donnaient à son parti, élection après élection, les scores les plus faibles de tous les territoires français.

Cette percée est inquiétante en raison de l’incompatibilité de son idéologie avec les valeurs portées par nos territoires éloignés et les inquiétudes liées à sa position sur l’Europe qui risque de priver les territoires ultramarins d’importantes ressources des différents fonds européens et qui ne seront pas compensées par le budget national.

On est loin de l’époque où Jean-Marie Le Pen ne pouvait fouler le sol des Antilles et où les scores réalisés par son parti et par lui-même dans nos territoires éloignés étaient marginaux comme en 2002 avec un score au deuxième tour des présidentielles entre 6 et 10% dans les DOM.

La stratégie déployée par la candidate frontiste en direction des outre-mer a certes joué mais le sentiment de nos compatriotes d’être les grands oubliés de la République, à la fois sur les questions économiques et sociales mais aussi et surtout sur les questions de sécurité et d’immigration dont souffrent de nombreux territoires ultramarins ont joué un rôle important dans le rejet des formations classiques.

Même s’il n’y aura pas de conséquence lors des prochaines législatives en raison du scrutin et de l’absence de candidats crédibles et ancrés sur nos territoires, cet avertissement dans les urnes résonne comme un camouflet pour des partis de gouvernement qui considèrent les outre-­mer comme des réservoirs électoraux et les oublient sitôt l’élection terminée. Il est temps qu’ils comprennent que les territoires ultramarins ne sont pas leur chasse gardée et qu’ils les mettent au centre des priorités nationales.

Il n’est plus supportable que l’outre-mer apparaisse dans l’agenda gouvernemental qu’au moment des crises lorsqu’il faut d’apporter des réponses ponctuelles et urgentes sous la contrainte comme on l’a encore vu en Guyane.
Cette leçon doit servir à futur président Emmanuel Macron qui doit immédiatement mettre en chantier la remise à niveau des infrastructures et de l’économie des territoires ultramarins.

Si ce chantier n’était pas immédiatement ouvert de plein gré avec un processus contrôlé pour donner à tous les territoires ultramarins des signaux positifs, la défiance manifestée dans les urnes et l’exemple guyanais se traduiront par un rapport de forces que dirigeront des mouvements populaires qui seront intransigeants sur le contenu et le timing des réformes, exposant le gouvernement à devoir céder sous la contrainte des manifestations de rue et dans l’urgence des blocages et des affrontements.

• Monique Orphé, député PS de Saint-Denis

L’élection d’Emmanuel Macron est une excellente nouvelle pour la France et pour les Outre-Mer. Son programme correspond pleinement aux attentes et aux besoins du pays, je suis dorénavant sereine et confiante pour notre avenir commun.

Le résultat de cette élection de second tour signifie aussi que les Français n’adhèrent pas au projet de société ni aux valeurs anti-républicaines de Marine Lepen. Et que le contrat social qui nous unit reste solide et sûr de ses fondamentaux.

Cependant, il s’agira tout de même de travailler davantage avec les Réunionnais et pour les Réunionnais. Il s’agira de moraliser la vie politique, de la rendre plus transparente, plus accessible, plus simple, plus honnête. Il faut entendre le message fort envoyé par les électeurs qui ont qualifié le Front National au second tour de cette élection présidentielle. Il faut comprendre les motivations de leur colère ou de leur adhésion et apporter les réponses adéquates.

Enfin, j’appelle maintenant les électeurs à continuer de se mobiliser. En juin prochain ils auront à se prononcer pour les élections législatives. Il faudra alors donner une large majorité de députés à notre nouveau Président de la République, que je soutiens depuis longtemps, pour qu’il puisse agir et faire appliquer pleinement son programme.

• André Thien Ah Koon, maire du Tampon

Nous adressons au Président de la République nos respectueuses félicitations et nous lui transmettons nos vœux les plus sincères de réussite pour le redressement de la France.

En ne donnant pas de consigne de vote à l’occasion de cette élection présidentielle, notre Conseil municipal a rigoureusement voulu que la population se prononce en son âme et conscience.

Notre Conseil a eu raison.

Les résultats de ce soir au Tampon révèlent donc le véritable malaise qui touche l’ensemble de la population réunionnaise. (Difficultés économiques et sociales, chômage, précarité, perte de repères des jeunes).

Nous exhortons notre nouveau Président de la République Emmanuel Macron d’entendre ce cri de désespoir.

Nous lui demandons de prendre d’urgence toutes les mesures nécessaires donnant les moyens de faire face à cette crise sans précédent que vivent les Réunionnais.

Pour ma part, j’apporterai ma contribution dans un esprit constructif pour relever ensemble les défis auxquels nous sommes confrontés.

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