Les candidats à la présidentielle interpellés : "mourir dans la dignité est un droit , vous en pensez quoi ?"

Personne âgée hospitalisée

L’association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD) part à la rencontre des Français jusqu’au 26 mars 2017. Dans plusieurs régions, dont La Réunion le 25 mars, conférences et débats s’organisent autour de la question de la fin de vie, sujet de société qui divise parfois malades, familles et corps médical. En vue de l’élection présidentielle, l’ADMD interpelle les candidats et leur demande de s’exprimer sur le droit de choisir sa fin de vie. Car pour la structure, la loi promulguée le 6 février 2016 autorisant la pratique de la sédation profonde (injection de médicaments pour abaisser le niveau de conscience d’un malade en phase terminale) pour certaines maladies incurables, ne suffit pas (Photo d’illustration)

"Nous militons pour la liberté de chacun en fin de vie. Chacun a le droit de choisir sa fin de vie" lance Jocelyne Lauret, déléguée régionale de l’association pour le droit de mourir dans la dignité.

Les convictions religieuses comptent dans le débat

Le 25 mars prochain, à Saint-Denis le secrétaire général de l’association, Christophe Michel animera une conférence sur le droit de mourir conjointement avec le docteur en pharmacie Bernard Robert. Un membre du dialogue interreligieux devrait également être présent lors du débat, car "à La Réunion, nous avons des spécificités notables" explique Jocelyne Lauret.

"Nous avons une diversité culturelle et religieuse aussi. Quelque part cela pèse sur les convictions des gens. Au niveau des religions, la vie est sacrée, mais la vie est sacrée pour tout le monde, même en dehors de la religion. Nous nous intéressons à comment est-ce que les gens vivent justement ces fins de vie ? D’un côté il y a les convictions et de l’autre, il y a le vécu. On se pose vraiment la question de la vie lorsque les gens sont en fin de vie. Finalement, qu’est-ce que la vie ? Est-ce simplement respirer ou est-ce que la vie comporte beaucoup d’autres choses ? Se nourrir, se déplacer, avoir une vie sociale .. ?" questionne la déléguée régionale, qui part souvient à la rencontre des familles pour les accompagner dans "ces instants difficiles".

Ce que dit la loi

Selon l’ADMD, la loi est encore en deçà de la demande constatée sur le terrain, auprès des familles. Le 2 février 2016, après des débats houleux nourris par le cas de Vincent Lambert - tétraplégique en état végétatif, dont l’arrêt des soins avait été contesté par une partie de sa famille -, une loi sur la fin de vie est promulguée et précise qu’"à la demande du patient afin d’éviter la souffrance et une prolongation inutile de sa vie, une sédation profonde et continue provoquant une altération de la conscience pourra être administrée jusqu’au décès, associée à une analgésie et à l’arrêt des traitements. Pour rappel, La sédation continue consiste à injecter au malade incurable et en phase terminale un cocktail médicamenteux pour abaisser son niveau de conscience jusqu’à son décès.

Cette pratique est limitée aux patients atteints d’une affection grave et incurable et dont le pronostic vital est engagé à court terme présentant une souffrance réfractaire aux traitements, si l’arrêt d’un traitement est susceptible d’entraîner une souffrance insupportable".

Les candidats à la présidentielle invités à s’exprimer sur le sujet

Pour l’association, si ces avancées sont notables, "la sédation n’est pas l’euthanasie. Dans tous les cas c’est le médecin qui décidera. Avec la sédation, une personne malade qui est robuste peut rester comme ça pendant plusieurs jours voire plusieurs semaines" insiste Jocelyne. "Quel est l’intérêt ? Imaginez-vous la souffrance des proches ? Pourquoi ne pas l’arrêter tout de suite ?" questionne la déléguée régionale.

C’est dans ce cadre que l’ADMD souhaite interpeller les candidats à l’élection présidentielle pour qu’ils s’expriment sur "le droit de choisir sa fin de vie". Pour l’heure, Benoît Hamon estime que " la dignité est un droit primordial qui doit être garanti tout au long de la vie" et propose donc "le droit à une aide médicale pour mourir pour toutes les personnes atteintes d’une maladie incurable qui le demandent, au moment où elles le demandent". De son côté Jean-Luc Mélenchon, exprimant dans plusieurs médias que "la sédation profonde est une véritable torture" tend vers la légalisation de l’euthanasie, mais aussi du suicide assisté, point également défendu par l’ADMD.

jm/

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